Parti et dictature

Marxisme et mouvement ouvrier.

Message par pelon » 15 Oct 2002, 14:02

Des jeunes (et pas seulement) se posent la question du militantisme en ces termes : si j'adhère à LO (ou une autre organisation se réclamant du Léninisme) est-ce que je ne suis pas en train d'aider à construire un monstre ?

Est-ce que des militants aguerris ne deviendont pas, inexorablement, des bureaucrates dans une nouvelle dictature de type stalinien ?
Est-ce ce que cet élitisme (au sens du Que Faire de Lénine) n'est pas ce qui fausse tout au départ en sélectionnant une couche de la population qui aura la compétence...pour tromper les gens, se mettant au service du nouveau Staline et en en tirant profit et privilèges ?

D'un autre côté, la bourgeoisie a son Etat (hauts fonctionnaires, armée, police, justice...). Elle a ses intellectuels (un camarade me dit souvent que l'intellectuel de la bourgeoisie, c'est le commissaire) et l'argent pour les payer; les médias principaux. Ne nous lui faisons t-elle pas un cadeau en se passant de l'outil que représente un parti ?
Est-ce que, seule, la bourgoisie (en plus de l'Etat) a droit à un parti pour représenter et défendre ses intérêts ?

Est-ce que ceux qui se réclament de la révolution et pas du parti révolutionnaire ont démontré quelque chose? L'exemple le plus important, c'est la révolution espagnole. N'est-ce pas la faillite de l'anarchisme quand on voit les possibilités de la classe ouvrière (très influencée par l'anarchisme) gâchées par ses dirigeants, ses marottes et ses trahisons ?
Mais était-ce là aussi inexorable ? Le refus du Parti était-il un avantage ou un inconvénient ?

J'ai bien entendu quelques avis sur la question mais je ne tiens pas à fermer le débat avant de l'avoir ouvert. Alors, camarades, a vos plumes. Si possible pas trop de citations mais des exemples tirées de votre expérience et de votre réflexion propre. On ne suppose rien evident. Tout est à démontrer.

Voilà, convainquez-moi de militer à LO. :lenine:
pelon
 
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Message par manu31 » 15 Oct 2002, 19:16

(pelon @ Tuesday 15 October 2002, 15:02 a écrit :
Est-ce que, seule, la bourgoisie (en plus de l'Etat) a droit à un parti pour représenter et défendre ses intérêts ?    


Non, on n'a pas le droit de laisser à la bourgeoisie le monopole de la politique et des médias. Le patronat fait de la politique, de la propagande, et le pire de tout, c'est qu'il ne le fait pas ouvertement.

Quand on nous gave de reportages sur "l'incivilité" des jeunes des cités sans nous expliquer que ceux-ci vivent dans des conditions dégradantes parce que les élus utilisent l'argent public à attirer les entreprises à coup de subventions au lieu de rénover les habitations ("provisoires" depuis les années 60!), c'est de la désinformation.
Quand on nous présente les "charges sociales" comme un fardeau pour "les entreprises" (jamais ils diront "les patrons"), alors que c'est une partie du salaire et qu'on ne devrait pas y toucher, c'est de la propagande.
Quand Raffarin nous explique, avec des trémolos dans la voix, que la guerre est une solution qu'on choisit à contre-coeur, alors qu'il dirige une puissance impérialiste qui a soutenu et sui soutiendra les armes à la main toutes les dictatures à sa botte, il fait de la propagande.

Alors, il faut bien s'opposer à ça, et proposer une politique propre. Quoi de mieux qu'un parti?
manu31
 
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Message par pelon » 15 Oct 2002, 22:27

(rojo @ Tuesday 15 October 2002, 20:52 a écrit :Le véritable problème devrait s'énoncer : Remplacer le parti par quoi ?
Un autre type d'organisation, mais lequel ?

L'exemple récent du second tour des présidentielles nous à montrer avec un certain éclat, qu'"en face" ils disposent d'une puissance formidable.

Nous savions déjà que l'Etat bourgeois par ses outils, police, armée, justice dispose de moyens forts importants, mais là, nous avons touché du doigt la puissance de propagande formidable grace a laquelle ils nous ont balayé. Pour contrer un truc pareil, et je pense qu'ils n'y ont pas forcément tout mis en oeuvre, je ne vois pas d'autre solution qu'un parti centralisé.

En somme, tu regrette qu'il n'y ait pas un parti révolutionaire communiste.
Qu'aurait-il été capable de faire dans la période politique que nous avons connu ? Que serait-il capable de faire par rapport aux coups que reçoit la population en général (les jeunes face au sécuritaire par exemple) et la classe ouvrière en particulier face aux plans de licenciements. :(
pelon
 
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Message par manu31 » 16 Oct 2002, 12:41

(pelon @ Tuesday 15 October 2002, 23:27 a écrit :En somme, tu regrette qu'il n'y ait pas un parti révolutionaire communiste.
Qu'aurait-il été capable de faire dans la période politique que nous avons connu ? Que serait-il capable de faire par rapport aux coups que reçoit la population en général (les jeunes face au sécuritaire par exemple) et la classe ouvrière en particulier face aux plans de licenciements. :(

Déjà, il pourrait se faire entendre de façon bien plus répandue qu'on le fait aujourd'hui. Il pourrait lutter efficacement contre la propagande dont la bourgeoisie dispose, au moyen de réunions locales, de diffusion de tracts, de campagne d'affichage.
Face au sécuritaire, il pourrait dénoncer l'hypocrisie de ces politiciens ne cherchent qu'une chose: dégager la bourgeoisie de sa responsabilité dans la situation actuelle. Il s'opposerait à la propagande pour le "tout répressif" qui est menée.
Face aux plans de licenciement, il pourrait organiser les travailleurs sur des mots d'ordre moins ambigus (moins faciles à trahir par les réformistes), il pourrait se faire entendre, demander des comptes aux actionnaires qui se sont enrichis pendant des années, et aux élus qui les ont subventionnés. Ce que les médias ne feront jamais, puisqu'ils appartiennent de près ou de loin à ces patrons!

Et puis un parti, ça veut dire une organisation qui a une histoire, un passé, "qui en a vu d'autres" et qui peut éviter les leurres que tendent ses adversaires. Un exemple: les jeunes qui arrivent aujourd'hui n'ont pas connu Mitterrand, ses trahisons, etc. Qui d'autre qu'un parti peut les empêcher de retomber dans le panneau de la gauche bourgeoise (pour reprendre l'expression d'AL)?
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Message par sparche68 » 16 Oct 2002, 13:01

le PC malgré ce qu'il est aujourd'hui et malgré les diverses positions prisent par ça direction, peu nous enseigner* ce que un grand parti ouvier peut faire par ça présence dans les cité(les islamistes recruteraient moins,les dealers iraient jouer aux billes,les expulsions seraient empeché)par sa force de rassemblement(un simple appel du PC est on trouvent 50 000 personnes qui manifeste à Paris[9 juin;16 octobre])des militants dans les entreprises(donc propagande active et permanente) des liens partiquement partout dans la classe ouvriere
pour la petite anecdote,je connais un coin perdu dans la montagne ou les portables ne passent pas, une quarantaine de personnes qui y vivent à l'année est le PC est présent voilà la force d'un grand parti
sparche68
 
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Message par pelon » 16 Oct 2002, 13:07

(sparche68 @ Wednesday 16 October 2002, 14:01 a écrit :pour la petite anecdote,je connais un coin perdu dans la montagne ou les portables ne passent pas, une quarantaine de personnes qui y vivent à l'année est le PC est présent voilà la force d'un grand parti

et ils sont au courant pour la chute de l'ours? :hinhin:
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Message par pelon » 16 Oct 2002, 14:29

(vilenne @ Wednesday 16 October 2002, 14:45 a écrit :Si c'est du centralisme démocratique accompagné de réprésentant élu (comme c'est le cas des partis tels que LCR, LO et même le PCF), cela n'aboutit qu'à une vision miniature de la société.


Si les camarades qui assument des taches de direction ne sont pas élus et controlés par la base, comment compte tu les nommer? Comment compte tu les controler et vérifier que la politique de l'organisation est bien celle que la majorité des militants estime juste?
pelon
 
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Message par pelon » 16 Oct 2002, 15:00

(vilenne @ Wednesday 16 October 2002, 14:45 a écrit :
a écrit :Est-ce que ceux qui se réclament de la révolution et pas du parti révolutionnaire ont démontré quelque chose? L'exemple le plus important, c'est la révolution espagnole. N'est-ce pas la faillite de l'anarchisme quand on voit les possibilités de la classe ouvrière (très influencée par l'anarchisme) gâchées par ses dirigeants, ses marottes et ses trahisons ?

Tu oublies que ce tu dis là est aussi valable pour la révolution russe. Est-ce à dire que cela implique également la faillite du marxisme-léninisme (et du trotskisme) ?

"...besoin d'un grand parti..." Ben oui, encore faut-il se mettre d'accord sur ce que l'on met dans parti. Si c'est du centralisme démocratique accompagné de réprésentant élu (comme c'est le cas des partis tels que LCR, LO et même le PCF), cela n'aboutit qu'à une vision miniature de la société. Accepter les comités centraux actuels, c'est accepter la démocratie représentative. Accepter le centralisme démocratique, c'est accepter une élite et des executants (le CC est finalement le centre de pouvoir).
Donc, grand parti d'accord conscience de classe d'abord.

Ce que je reproche à l'anarchisme, c'est de se priver d'emblée d'un instrument qui aurait pu leur permettre d'empêcher la contre-révolution (juin/jullet 1937). A Barcelone les ouvriers anarchistes étaient les plus forts. Ils ont été abandonnés sans direction. La trahison de la plupart des chefs anarchistes (sauf Durruti), c'est un effectivement un autre problème. La contre-révolution avait déjà triomphé et les masses étaient désarmées.
En gros, les principes anarchistes ont failli en pleine période révolutionnaire alors que la montée de la bureaucratie et la contre-révolution politique en Russie a lieu en période de déclin. Après 3 années de guerre civile. Là se pose alors ta question : n'est ce pas le forme d'organisation bolchévique qui conduit à celà ?
En tout cas, elle peut y conduire (nous en avons la preuve) mais d'un autre côté la révolution russe s'achevait en septembre 17 sans les bolchéviques (Kornilov) et la suite de l'histoire n'était pas écrite. Les révolutionnaires ne pouvaient miser sur l'échec de la révolution allemande.
pelon
 
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