Souvenirs de 1981

Marxisme et mouvement ouvrier.

Message par stef » 01 Nov 2002, 12:32

Réponse à Ianovka.

a écrit :Parler de défaite (politique ou pas) du capital suite à l'élection de M. en 81 c'est justement courir le risque de faire croire que le PS représente un danger pour les capitalistes.

La question n'est pas le PS en tant que tel. La question est que les travailleurs ont utilisé le PS pour en finir avec Giscard. Ca ouvrait une situation riche en possibilités pour peu que le mouvement des masses se déploie - ce à quoi les directions du PS et du PCF se sont employées, avant tout par un gvt de Front Populaire. Cela impliquait un combat acharné contre les directions du PS et du PCF.


a écrit :Que ça vous n'appeliez pas à voter pour "le cocktail populiste, gauchiste, pro-stalinien" qu'est Lutte Ouvrière...

Pro-stal : je sais que ça te choque. Mais je le pense profondément. Et j'en suis désolé, mais c'est ça que je pense.
Regardes sur ce forum. Je passe mon temps à rajouter à vos posts dénonçant le PS "et le PCF ?" Hasard ?
Un seul exemple. Je dénonce la direction de la LCR pour avoir signé un communiqué sur la loi Sarkozy dont le contenu est pourri. La suite : avalnche de posts la dénonçant... "car c'est remettre en selle le PS". Admettons une seconde. Donc "remettre en selle le PCF" serait acceptable. Pas "remettre en selle le PS" ?
Vous faites une différence essentielle entre le PS et le PCF. Moi je pense que la politique de leurs directions est exactement la même. Moi je passe mon temps à démontrer que les dirigeants PS et PCF ont fondamentalement la même politique. La réponse de LCR sur ce point est 100% juste !

Autre exemple typique de ce que je dis, le communiqué de LO du 23/10 sur la loi Sarkozy :
a écrit :Les dirigeants du PS feignent de s'étonner de la politique de l'équipe Chirac-Sarkosy. Ils s'indignent - mollement il est vrai. Mais n'avaient-ils pas, en laissant filer le chômage, lorsqu'ils étaient au pouvoir, contribué eux aussi à fabriquer cette pauvreté qui alimente l'incivilité et l'insécurité ?

Dans ce communiqué, pas un mot des dirigeants du PC - qui se sont totalement associés à cette politique ! Soit dit en passant, si le PS voulait se battre contre la loi Sarkozy, il faudrait s'en féliciter - malgré toutes ses ignominies passées : car ce serait l'intérêt des travaileurs aujourd'hui (ce qui n'excluerait pas pas dénoncer en même temps leur politique passée et future).

Soit dit en passant aussi. Moi j'ai dit que le PS soutenait dans les faits la loi Sarkozy en se situant sur le terrain de la pseudo-lutte contre l'insécurité. AL, elle, explique qu'ils s'en indignent. Alors, qui couvre le PS - moi ou elle ?

a écrit :qu'en 2002 vous donniez encore des illusions aux travailleurs sur le PS c'est bien plus grave !

Les travailleurs votent PS malgré tout et avec moins d'illusions que jamais. Ca ne ne dépend pas de nous : c'est un fait incontournable. Ils votent PS car il n'y a rien d'autre pour espérer chasser Chirac. Ne pas en tenir compte est une erreur grave. Mais encore une fois - et ça se voit dans tous mes posts : la ligne est celle du combat contre les Fabius et les DSK (et les Hollande et les Dray...)


a écrit :Le PS n'a plus d'ouvrier que son histoire. Straus-Kahn et Fabius sont tout autant des ministres bourgeois que Voynet et Chevenement.

Encore une phrase vague. Oublions les dirigeants bourgeois du PS : sur ce point nous sommes d'accord. Mais juger de la nature d'un parti en ne voyant que ses dirigeants est une méthode bien superficielle. J'ai dit et maintiens que le PS - de plus en plus parti ouvrier électoral (et traître) - n'existe que par sa référence à la tradition "socialiste". Ce qui implique une certaine tactique.
La vraie question est donc : le PS a-t-il changé de nature ? Est-il équivalent à l'UDF ou demeure-t-il un parti ouvrier (en pleine décomposition) ?
Merci de répondre clairement à cette question. A partir de là, on peut déterminer une politique. Mais pas sans cela.
Pelon avait ouvert la discussion là-dessus. Personne ne l'a conclut coté LO.
stef
 
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Message par stef » 01 Nov 2002, 12:35

Oubli d'un aspect important de ma réponse à Ianovka :
a écrit :
Parler de défaite (politique ou pas) du capital suite à l'élection de M. en 81 c'est justement courir le risque de faire croire que le PS représente un danger pour les capitalistes.

Non non et non ! Parler de défaite politique est une conséquence du résultat électoral. Ca voulait dire que les masses voulaient en finir avec le gouvernenement VGE.
Ca veut au contraire dire que les dirigeants du PS et du PCF étaient forcés de se porter en première ligne contre les travailleurs - ce qu'ils ont fait.
Exactement l'inverse de ce que tu écris.
stef
 
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Message par ianovka » 01 Nov 2002, 14:35

(stef @ Friday 01 November 2002, 12:35 a écrit :Oubli d'un aspect important de ma réponse à Ianovka :
a écrit :
Parler de défaite (politique ou pas) du capital suite à l'élection de M. en 81 c'est justement courir le risque de faire croire que le PS représente un danger pour les capitalistes.

Non non et non ! Parler de défaite politique est une conséquence du résultat électoral. Ca voulait dire que les masses voulaient en finir avec le gouvernenement VGE.
Ca veut au contraire dire que les dirigeants du PS et du PCF étaient forcés de se porter en première ligne contre les travailleurs - ce qu'ils ont fait.
Exactement l'inverse de ce que tu écris.

Si si si !
Tu nous dis que c'est une défaite du Capital, et je te répètes que non.
Par contre effectivement c'était une défaite de Giscard et dans ce sens on pouvait en être content. Mais ça ne voulait en aucun cas dire que les travailleurs avaient des illusions à se faire sur Mitterand et son parti
"Le capital est une force internationale. Il faut, pour la vaincre, l'union internationale, la fraternité internationale des ouvriers." Lénine
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Message par pelon » 01 Nov 2002, 15:54

(wolf @ Friday 01 November 2002, 11:01 a écrit :

D'où la bonne discussion: quelle ligne fallait-il mettre en oeuvre à l'époque? Car autant je suis d'accord avec les camarades de LO quand ils disent qu'il fallait mettre en garde les travailleurs, autant se mettre en garde n'a de sens que dans la perspectivedu combat. Faute de quoi on "garde" l'arme au pied.

Mais nous n'avions pas décidé de garder l'arme au pied. Nous avions alors toute le gauche officielle (partis ouvriers ou pas) et les confédérations syndicales qui luttaient...contre toute lutte. La statistique sur le nombre de jours de grève, déjà très basse avant 1981, allait encore tomber dans les années à venir.
Anecdote, après le plan Delors, j'avais écrit un tract pour la CGT intitulé "le coup de barre de Delors" pour montrer la filiation avec les plans d'austérité qu'avait mis en place la droite (et Barre) dans les années précédentes.
La lutte fut âpre dans le syndicat. Les réformistes disaient "il faut leur laisser le temps (au gouvernement)". Et malheureusement, c'est ce que disaient nombre de travailleurs.
Voilà pourquoi nous ne considérions pas la période comme à priori favorable et la suite nous a donné malheureusement raison.
Ceci ne nous empêcha pas de faire notre travail de révolutionnaires, et dans nos syndicats et notre presse politique, la seule qui parait régulièrement dans mon entreprise (comme dans de nombreuses autres). Car nous ne faisons pas de paris sur l'évolution de la lutte de classe et il faut toujours compter sur les possibilités de la classe ouvrière. Tout peut changer très vite. Mais il est utile d'analyser justement la période dans laquelle on se trouve.
pelon
 
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Message par stef » 01 Nov 2002, 16:21

Reréponse à Ianovka.
a écrit :Tu nous dis que c'est une défaite du Capital, et je te répètes que non.

Non, m'sieur. J'ai soigneusement distingué et parlé de défaite "politique" qui ne s'est pas matérialisée sur le terrain de classe...

Sur le fond nous sommes donc d'accord ( :smile: ).

Et parler de défaite politique de la bourgeoisie en 1981 signifie que les appareils du PS et du PCF sont obligés de monter en première ligne. Ton reproche à mon égard : "faire croire que le PS représente un danger pour les capitalistes" est totalement infondée. C'est l'inverse qui est vrai. 1981 ouvrait une période de choc encore plus frontal entre masses et appareils. Il n'a pas eu lieu et ça a fait mal pour la classe ouvrière.
stef
 
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