fil "interventions de La Riposte, tendance du PCF"

Re: fil "interventions de La Riposte, tendance du PCF"

Message par Gayraud de Mazars » 27 Jan 2026, 08:00

Salut camarades,

Des hommages à Paul Boccara et à Hélène Legotien-Rytmann au sommaire du n°424 de La Pensée
Article publié sur le site de La Riposte
Par David Noël
Lundi 26 janvier 2026

https://www.lariposte.org/2026/01/des-h ... la-pensee/

Le numéro 424 de La Pensée, la revue trimestrielle éditée par la Fondation Gabriel Péri, vient de paraître avec au sommaire deux importants dossiers thématiques.

Intitulé « Autour de Paul Boccara », le premier dossier de ce numéro se penche sur la portée de l’œuvre de l’économiste marxiste Paul Boccara (1932-2017). Agrégé d’histoire, docteur en économie, chargé de recherche au CNRS puis maître de conférences à l’Université d’Amiens, Paul Boccara a été l’un des plus éminents économistes du Parti communiste : membre du comité central du PCF et de sa section économique, rédacteur en chef de la revue Économie & Politique éditée par le PCF, il élabore la théorie dite du « capitalisme monopoliste d’État ».

Appliquée en France de manière privilégiée dans l’analyse du gaullisme, elle conduit le PCF à organiser, en mai 1966, à Choisy-le-Roi, une conférence internationale sur le capitalisme monopoliste d’État, puis à publier un peu plus tard, en 1971, aux Éditions sociales, les deux gros volumes du Capitalisme monopoliste d’État. Traité marxiste d’économie politique, qui connaîtront immédiatement un grand retentissement international.

L’économiste Catherine Mills revient dans un article sur la portée de l’œuvre économique et anthroponomique – c’est-à-dire la régénération des êtres humains en société, au-delà de la « re-production » économique – de Boccara, qui s’appuie sur une lecture fine et novatrice du Capital de Marx dans sa totalité, comme le montre Claude Gindin, pour mieux en dégager toute l’actualité ; la sociologue Yvette Lucas, directrice de recherche honoraire au CNRS montre ainsi comment Boccara, par analogie avec la révolution industrielle, énonce au début des années 1980 le concept de révolution informationnelle : le moment où les ordinateurs peuvent prendre en charge des opérations du cerveau, donc informationnelles, cependant que l’information demeure la spécificité commune à tous les êtres humains.

Nasser Mansouri-Guilani, docteur en économie et président de l’association des amis de Paul Boccara montre dans son article sur les services publics et la révolution informationnelle que les services publics jouent un rôle formidable pour réduire les inégalités et renforcer le potentiel productif et que la révolution informationnelle exige le développement du non-marchand pour sortir de la crise de civilisation. L’économiste Denis Durand, co-directeur d’Économie & Politique s’intéresse de son côté au concept de sécurité d’emploi et de formation (SEF) forgé par Paul Boccara pour répondre à la crise du marché du travail capitaliste. La sécurité d’emploi et de formation reste aujourd’hui au cœur du programme économique du Parti communiste.

Le second dossier de ce numéro 424 de La Pensée s’intéresse à « l’affaire Hélène Legotien-Rytmann ».

« D’Hélène Legotien, que sait-on aujourd’hui ? » s’interrogeait Francis Dupuis-Déri dans son ouvrage Althusser assassin. La banalité du mâle, paru à l’automne 2023 : « Presque rien, sinon qu’elle a été assassinée par son illustre conjoint. C’est elle, finalement, qui est morte deux fois, et son assassin est responsable de ses deux morts. Il a provoqué la première de ses propres mains, la seconde en occupant tout l’espace public pour parler de lui, en feignant de parler de sa mort à elle ».

Pour lui rendre hommage, La Pensée a rouvert le dossier de la tentative de réintégration d’Hélène Rytmann, dite Hélène Legotien (son pseudonyme de résistante), au PCF en 1950 et a cherché à comprendre pourquoi la commission centre de contrôle politique (CCCP) du PCF, qui l’a auditionnée et a aussi épluché rapports et témoignages à son sujet, dont celui d’Althusser, rejette finalement la réintégration de l’ancienne résistante au Parti communiste.
Le dossier du refus de réintégration d’Hélène Legotien-Rytmann au PCF en 1950-1952 est présenté par l’historien Guillaume Roubaud-Quashie et Lucie Rondeau du Noyer, agrégée d’histoire et ancienne élève de l’ENS. Les documents d’archives publiés par La Pensée – l’autobiographie d’Hélène Legotien-Rytmann, une lettre de soutien de Louis Althusser et la réponse négative de la commission centrale de contrôle politique du PCF – sont commentés et annotés par Pierre Millet, Attaché temporaire d’enseignement et de recherche à l’Université de Lille.

Malgré la disparition de certaines pièces des archives, l’étude de ces documents et leur mise en contexte permet de comprendre pourquoi la CCCP a refusé la demande de réintégration d’Hélène Legotien-Rytmann. Comme le note Guillaume Roubaud-Quashie, « La période 1950-1953 constitue le cœur de glace de la guerre froide. C’est le temps d’un anticommunisme d’État de tout premier ordre, de l’engagement atlantiste et des guerres coloniales. Du côté communiste, l’heure est à la fermeté obsidionale et à l’ouvriérisme (avec son volet d’anti-intellectualisme), sur fond de procès politiques en Europe centrale. »

Exclue du PCF en 1944, Hélène Legotien-Rytmann affirme tout ignorer d’une prétendue exclusion qui aurait eu lieu en 1938. Elle revendique sa fidélité au communisme durant toute la période de l’occupation, qu’elle passe en zone Sud où elle rencontre plusieurs fois Louis Aragon et Elsa Triolet avant de rompre avec eux. Engagée dans la résistance lyonnaise, proche des milieux étudiants de l’ENS – elle convainc même plusieurs jeunes normaliens de rejoindre le PCF – Hélène Legotien est accusée de manière contradictoire d’avoir pris part à l’épuration sauvage à Lyon et d’avoir protégé d’anciens collaborateurs, mais en filigrane, on lui reproche surtout son travail comme dactylo à l’Organisation européenne de coopération économique (OECE), c’est-à-dire une structure directement née du plan Marshall, son amitié avec une femme considérée comme une espionne au service du pouvoir britannique ou encore sa proximité avec Albert Camus, qui lui avait proposé de rejoindre la rédaction du journal Combat.

Hélène Legotien-Rytmann a refusé la proposition de Camus, mais aux yeux des membres de la CCCP, elle n’en reste pas moins suspecte, ce qui justifie le refus de la réintégrer au Parti communiste.

Après ce refus de la réintégrer au PCF, Hélène Legotien-Rytmann poursuivra une brillante carrière de sociologue, sous la direction d’Alain Touraine puis de Pierre Naville, avant d’être assassinée par Louis Althusser, qu’elle voulait quitter, le 16 novembre 1980, dans leur logement de fonction à l’ENS.

En plus de ces deux importants dossiers, La Pensée traite du programme de l’agrégation de Sciences économiques et sociales avec un mini dossier de trois articles, l’un de Bruno Karsenti sur Auguste Comte, un autre de Lucie Fabry sur la réception de Gaston Bachelard dans La Pensée, de Georges Politzer à Lucien Sève avant de se conclure avec un article de Delphine Pouchain sur l’éthique et l’économie dans l’anthropocène.

La Pensée est disponible sur la plate-forme Cairn. On peut commander le nouveau numéro ou s’abonner à la revue sur le site de la Fondation Gabriel Péri à l’adresse https://gabrielperi.fr/librairie/revues/la-pensee/n424/.


Fraternellement,
GdM
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Message par com_71 » 27 Jan 2026, 10:07

Enfin bref, c'est La Pensée stalinienne...
L’intérêt ne pense pas, il calcule. Les motifs sont ses chiffres. K. Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois » 1842.
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Re: fil "interventions de La Riposte, tendance du PCF"

Message par Zorglub » 27 Jan 2026, 20:31

Dès lors « pensée » est peut-être un peu surfait.
...commission centre de contrôle politique (CCCP) du PCF,

Et pourquoi pas rejoindre l'Union Rouennaise des Scientifiques Sportifs ?
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Message par Gayraud de Mazars » 17 Fév 2026, 11:14

Salut camarades,

Notre camarade Greg Oxley dans le cadre des mardis de l'éducation populaire fera une conférence, à Morlaix, ce mardi 17 février 2026, sur le thème Autoritarisme et Nationalisme.

Greg Oxley à Morlaix.jpg
La Riposte et le PCF à Morlaix
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Re: fil "interventions de La Riposte, tendance du PCF"

Message par Gayraud de Mazars » 17 Fév 2026, 12:58

Salut camarades,

Autoritarisme, corruption, persécutions. Où va l’Amérique ?
Article publié sur le site de La Riposte
Mardi 17 février 2026
Par Greg Oxley

https://www.lariposte.org/2026/02/autor ... lamerique/

Les États-Unis d’aujourd’hui sont un pays dirigé par un pouvoir exécutif autoritaire, brutal et ouvertement raciste, impliqué dans la corruption à grande échelle. Il se sert de son pouvoir pour réduire le niveau de vie et les droits démocratiques du peuple, et pour augmenter le plus possible les profits des capitalistes multimilliardaires, tout en accumulant d’immenses richesses personnelles pour les membres du gouvernement et leurs proches au passage.

En effet, la corruption s’est infiltrée à tous les niveaux de l’administration. Jamais dans l’histoire des États-Unis la corruption n’a été aussi répandue. Le pouvoir politique est devenu un outil pour conclure des affaires, subvertir les institutions, enrichir les complices et faire taire des opposants. Les modifications dans la loi depuis une dizaine d’années ont considérablement restreint la définition légale de la corruption, légalisant de nombreuses formes d’affairisme précédemment interdites, ce qui signifie qu’il n’y a guère besoin de les cacher, désormais. Le système pay to play [pour jouer, il faut payer] est en train d’être normalisé et mis en œuvre en plein jour. Grâce à des participations dans des entreprises privées, l’administration Trump a modifié la relation entre le gouvernement, les grandes entreprises et les « marchés ». Alors que tous les gouvernements capitalistes, républicains ou démocrates, ont toujours cherché à défendre et à étendre le pouvoir de la classe dirigeante, cette administration va bien plus loin et de la manière la plus flagrante, pour accroître la richesse et le pouvoir de la famille Trump. [...]

[la suite de l'article sur le site internet de La Riposte]


Fraternellement,
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Re: fil "interventions de La Riposte, tendance du PCF"

Message par Gayraud de Mazars » 03 Mars 2026, 12:06

Salut camarades,

USA et Israël contre l’Iran. Pourquoi cette guerre ?
par Greg Oxley
Mardi 3 mars 2026
Article publié sur le site de La Riposte

https://www.lariposte.org/2026/03/usa-e ... te-guerre/

Les États-Unis et Israël sont entrés en guerre contre l’Iran, qui a répondu en tirant des missiles sur Israël et les bases américaines dans la région. Le premier jour de cette agression dévastatrice, le « Guide suprême » iranien, Ali Khamenei, ainsi que des dizaines de figures clés de la direction militaire et politique iranienne ont été tués.

Nous devons clarifier notre position dès le départ. Alors que nous n’apportons aucun soutien au régime théocratique des mollahs de Téhéran – un gouvernement qui a récemment assassiné des milliers d’Iraniens ayant osé protester contre leurs conditions de vie – nous sommes totalement opposés à la guerre menée par Israël et les États-Unis contre l’Iran. C’est aux travailleurs et à la jeunesse iraniens de décider quand, où et sous quelles conditions renverser ce régime exécrable.

La « décapitation » de l’État iranien diminuera davantage les capacités militaires d’un régime déjà en position de faiblesse avant le début de la guerre, en partie à cause de la guerre de 12 jours de juin dernier. La puissance de feu iranienne, de toute façon, ne peut sérieusement résister à la force combinée des États-Unis et d’Israël.

L’administration Trump espère que l’assaut sera si dévastateur qu’il ne faudra que quelques jours pour atteindre ses objectifs, bien qu’Israël veuille s’assurer que les capacités militaires iraniennes soient complètement neutralisées, ce qui prendrait plus de temps.

Mais quels sont exactement les objectifs de guerre des États-Unis et d’Israël ? Quelles sont les raisons de cette guerre ? Les médias mondiaux ont largement évoqué l’absence d’objectifs clairement définis de la part de l’administration Trump et sur les prétextes déployés pour justifier la guerre. Par exemple, Trump a constamment soulevé la nécessité d’un « accord » concernant l’industrie nucléaire iranienne et le risque que l’Iran développe des armes nucléaires. La Maison-Blanche répète aujourd’hui le même mantra sur les « armes de destruction massive » qui a été faussement utilisé pour justifier l’invasion de l’Irak en 2003.

Pourtant, depuis des décennies, et jusqu’à la semaine dernière, le régime iranien affirme qu’il n’a aucun intérêt à développer des armes nucléaires, contrairement à Israël. Il est vrai, cependant, que le gouvernement iranien n’a pas hésité à utiliser la possibilité d’une capacité nucléaire comme un levier dans les négociations pour lever les sanctions économiques imposées par les puissances occidentales.

Il y a dix ans, en 2016, des négociations avaient conduit à un accord appelé Plan d’action global conjoint (PAGC), impliquant toutes les grandes puissances mondiales, telles que les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Russie, la Chine et l’Allemagne. Cet accord a été adopté à l’unanimité par le Conseil de sécurité de l’ONU. Il stipulait que l’Agence atomique internationale devait surveiller toutes les activités liées au programme nucléaire iranien, avec l’accord et la coopération de Téhéran, afin de s’assurer que rien ne permettait à l’Iran de se doter d’armes nucléaires. Plusieurs installations nucléaires clés ont été transformées à des fins civiles, telles que la recherche médicale. En échange, un calendrier a été fixé pour lever l’embargo de l’ONU sur les armes et autres matériaux.

Les gouvernements israélien et saoudien n’appréciaient pas cet accord, car il tendait à stabiliser l’Iran en tant que grande puissance régionale, l’intégrant ainsi au « concert des nations ». C’est en réponse à l’insistance israélienne et saoudite que Trump a déchiré l’accord en 2018, le remplaçant par une série de sanctions économiques strictes connues sous le nom de « campagne de pression maximale », sanctions que Trump a rendues encore plus draconiennes après son retour au pouvoir en 2025.

Il est clair que la question centrale de ce conflit n’est pas un accord sur l’industrie nucléaire iranienne. Un accord existait déjà, et c’est Trump, sur demande d’Israël, qui l’a jeté à la poubelle.

Après les frappes aériennes contre les installations iraniennes en juin dernier, Trump a affirmé que « des dégâts monumentaux ont été causés à tous les sites nucléaires en Iran, comme le montrent les images satellites. L’anéantissement [obliteration en anglais] est le terme exact ! ». On nous demande donc maintenant de croire que ces installations nucléaires « anéanties » représentent un danger imminent au point de justifier cette guerre ?

Un autre prétexte est que Trump s’inquiète pour le sort du « brave peuple » d’Iran. Cela vient de la même administration qui a armé et financé le génocide terrifiant à Gaza, tuant plus de 73 000 personnes, dont au moins 20 000 enfants, et en laissant les survivants mourir à petit feu de famine et misère. Peut-on vraiment croire que Trump et Netanyahu se soucient du peuple iranien ?

Pour cerner les véritables motifs de cette attaque, il faut regarder au-delà du brouillard de prétextes officiels et mensonges, car il existe bel et bien des motivations concrètes. L’idée exprimée par de nombreux médias, selon laquelle Trump et son administration ne sont pas clairs sur les raisons d’avoir lancé une guerre contre l’Iran, ne peut être prise au sérieux.

Il est vrai que Trump s’exprime sur ce sujet, comme sur tous les autres, de manière confuse, ignorante et contradictoire. Mais cela ne signifie pas qu’il n’y a aucune raison d’être à cette guerre du point de vue des intérêts israéliens et américains. Au milieu de toutes ses déclarations incongrues, Trump a néanmoins dévoilé les objectifs réels de cette guerre.

Le but principal des États-Unis et d’Israël est de désarticuler et de paralyser l’État iranien, afin de renforcer l’hégémonie régionale d’Israël. L’attaque contre l’Iran et la destruction de sa capacité militaire visent à modifier le rapport de forces dans la région au profit d’Israël et aussi de l’Arabie saoudite et des États du Golfe, qui sont alliés aux États-Unis et abritent à ce titre des bases militaires américaines. Israël veut, et les États-Unis l’acceptent, qu’il n’y ait aucune menace possible à sa domination régionale, et aucun pouvoir capable de faire obstacle à son projet territorial de « Grand Israël ».

Malgré quelques tensions sur des questions secondaires, les gouvernements américains, démocrates comme républicains, ont constamment soutenu l’impérialisme israélien. Certains commentateurs opposés à Trump ont même affirmé que le lobby israélien « possède » Trump, et ils n’ont pas complètement tort.

L’argent israélien alimente la machine de lobbying politique la plus efficace au monde, achetant de nombreux politiciens, ainsi que des chefs d’État. Mais la raison principale pour laquelle les grandes puissances occidentales soutiennent la domination israélienne au Moyen-Orient est qu’elle sert de garant puissant pour les intérêts militaires, stratégiques et économiques de l’impérialisme américain et européen. De plus, c’est un obstacle important au mouvement ouvrier et aux éventuels mouvements révolutionnaires à travers le monde arabe. Aux États-Unis, cela ne changera pas, même si les démocrates remportent les prochaines élections présidentielles.

Si l’Iran a été attaqué aujourd’hui, ce n’est pas à cause de sa force, ni de la menace qu’il pourrait représenter pour Israël et les intérêts occidentaux, mais précisément parce qu’il est actuellement affaibli, militairement et économiquement. Avec les coups portés à son économie par les sanctions, la campagne dévastatrice de bombardements de juin dernier et l’émergence d’une opposition interne massive de la part des travailleurs et des étudiants, la position du régime est plus précaire que jamais. Ses forces auxiliaires comme le Hezbollah au Liban et les Houthis au Yémen sont en état de délabrement, et son allié à Gaza, le Hamas, est détruit.

Trump a indiqué que cette guerre vise à provoquer un changement de régime en Iran. Il semble que cela ait déjà été atteint dans une certaine mesure, puisque Ali Khamenei a été éliminé. Mais il est aussi vrai que les États-Unis ne peuvent pas installer de régime à leurs ordres sans mettre des troupes sur le terrain et sans une guerre de conquête longue, meurtrière et coûteuse.

Aussi dévastateurs soient-ils, les chasseurs-bombardiers américains et israéliens ne peuvent pas installer un régime fantoche. L’objectif américain n’est pas tant de supprimer le régime en Iran, mais de soumettre le régime existant, comme cela a été fait pour l’Égypte, la Jordanie et la Syrie.

Quand Trump appelle les Gardiens de la révolution islamique à se rendre et à « déposer les armes », ce n’était qu’une parole vide, car à qui sont-ils censés se rendre ? Il n’y a aucune force terrestre en face. De même, l’appel de Trump au peuple iranien pour « prendre le contrôle du gouvernement », comme il le dit, « quand nous aurons fini », est un coup de relations publiques, pour faire pression sur le régime, en vue de l’après la guerre.

Probablement la meilleure option que Washington puisse espérer est que le régime actuel survive, sous une forme post-Khamenei, et devienne davantage disposé à se soumettre aux exigences de l’impérialisme américain. Ce serait similaire à ce qui s’est passé au Venezuela, bien que dans ce cas les services de renseignement américains aient été aidés par des figures clés du régime vénézuélien, dont Delcy Rodriguez, en amont de l’intervention. Et comme pour le Venezuela, les réserves pétrolières iraniennes, parmi les plus grandes au monde, constituent un facteur important dans l’équation.

Ali Khamenei est mort, mais pour l’instant, le régime iranien est toujours intact, avec d’autres figures de l’équipe dirigeante. Toutes sortes de revirements de situation sont possibles, y compris celui d’un soulèvement populaire. C’est la dernière chose que Trump et Netanyahu veulent voir. Si jamais le chaos actuel menait à une insurrection révolutionnaire, les États-Unis et Israël feraient tout pour l’étouffer et, si nécessaire, l’écraser.

Trump et le Pentagone parient que cette guerre sera rapidement résolue en leur faveur, mais elle pourrait durer des semaines ou des mois. Les guerres et leurs conséquences sont notoirement imprévisibles. Trump et Israël veulent soumettre l’Iran. Ils veulent un régime intimidé et docile à Téhéran. Ils pourraient y parvenir. Mais pas forcément. La campagne de bombardements actuelle ne suffira pas nécessairement à produire des résultats tangibles. Et dans ce cas, que faire ? Encore des attaques ? Une guerre plus longue ?
Si les États du Golfe continuent d’être ciblés par l’Iran, même de façon épisodique, ou si l’Iran sombre dans le chaos interne, comme ce fut le cas pour la Libye, l’Irak et la Syrie, il faudra plus de ressources et une implication plus large des États-Unis pour tenter de maîtriser la situation. Cela entraînerait de très graves complications pour Trump aux États-Unis. C’est particulièrement vrai s’il y a un nombre significatif de pertes américaines.

N’oublions pas que le programme sur lequel Trump a été élu promettait la fin des aventures militaires à l’étranger, et que les sondages montrent que le peuple américain – y compris les électeurs républicains – n’a aucun appétit pour s’impliquer dans de nouveaux conflits au Moyen-Orient ou ailleurs. Beaucoup d’Américains sont enclins à voir cette guerre comme un moyen de faire oublier d’autres problèmes, comme la baisse du niveau de vie et les dossiers Epstein.

Des millions d’Américains sont plongés dans des difficultés matérielles sous l’impact des guerres tarifaires de Trump, des pertes d’emplois et des attaques contre l’assurance santé, sans parler de la terrible campagne raciste des voyous de l’ICE.

Cette guerre est une nouvelle preuve que le monde est entré dans une période de grande instabilité sociale, économique, diplomatique et militaire croissante, dans laquelle des prédateurs impérialistes rivaux cherchent à refaçonner les frontières et les sphères d’influence à leur avantage, semant au passage la souffrance et la mort à grande échelle.
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