fil "interventions de La Riposte"

Re: fil "interventions de La Riposte"

Message par com_71 » 25 Sep 2021, 20:15

A ce rythme Jadot sera vite dépassé. Sur la gauche ou sur la droite ?
L’intérêt ne pense pas, il calcule. Les motifs sont ses chiffres. K. Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois » 1842.
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Re: fil "interventions de La Riposte"

Message par com_71 » 26 Sep 2021, 10:15

Enfin, quand-même !
...une logique écoresponsable, par la transition des matières premières vers le chanvre, le lin, et le recyclage, par exemple. En termes d’emplois, c’est près de 4 000 000 qui peuvent être créés par la réduction du temps de travail, et plus d’un million d’emplois par le retour à une agriculture biologique, couplée à la hausse du maraîchage, au soutien des projets de microfermes ou de permaculture…

C'est un programme qui peut dresser la classe ouvrière contre le capitalisme ?
...il faut favoriser l’implantation de commerces issus des circuits courts, du bio, de l’écoresponsable, non pas pour « se boboïser », mais pour offrir une alternative aux hypermarchés, réduire la surconsommation et affaiblir le capitalisme alimentaire...

Et voilà le thème de la "surconsommation", comme chacun sait problème central des travailleurs aujourd'hui ! Et le bio, l'écoresponsable - mais attention, pas bobo [petit-bourgeois] du tout ! Et les "commerces issus des circuits courts", sans-doute les circuits de livraison des livreurs "uberisés" !
...urgence d’engagement communiste, notamment autour de l’arrêt de l’urbanisation chaotique, la création d’espaces de verdure dans les lieux publics, dans nos écoles, sur les parkings, etc.

Des massifs de fleurs sur les rond-points et des brins d'herbe clairsemés sur les trottoirs... C'est le programme d'une municipalité ouvrière ?
Bref... Remarquons que dans cet article-programme plaintif, l'objectif de "l’expropriation des capitalistes" n'a pas à être développé, puisqu'il est déjà un "puissant levier pour soulever les masses"
Au même titre que les droits sociaux et l’expropriation des capitalistes, la protection de l’environnement est un nouveau et puissant levier pour soulever les masses !

Et il n'en sera pas plus question. Fermez le ban !
L’intérêt ne pense pas, il calcule. Les motifs sont ses chiffres. K. Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois » 1842.
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Re: fil "interventions de La Riposte"

Message par Gayraud de Mazars » 22 Oct 2021, 16:42

Salut camarades,

Contre l'inflation l'échelle mobile des salaires !

Le sombre tableau du Macronisme… et la révolte qui couve.
22 octobre 2021, article publié sur le site de La Riposte
Par Greg Oxley

https://www.lariposte.org/2021/10/le-so ... -qui-couve

Image

Le discours gouvernemental sur le thème de la « reprise économique » repose essentiellement sur les 6% de croissance annuelle du PIB que devrait enregistrer l’économie française à la fin de 2021. Que l’activité économique progresse est indiscutable, mais vanter un taux de croissance « record » de cette façon, c’est prendre des libertés avec la vérité. Le rebond de 6% suit une chute de plus grande ampleur (8%) en 2020 et ne permettra pas de retrouver le niveau de 2019, qui était, rappelons-le, une année de quasi-stagnation économique. C’est une remontée que l’on pourrait qualifier de mécanique et qui ne signifie nullement que la France ait « retrouvé la croissance ».

La propagande de l’exécutif sur ce point est pour partie un calcul politique à l’approche de l’élection présidentielle. Elle vise aussi à justifier des mesures antisociales draconiennes. La réforme de l’assurance-chômage s’appuie sur le mythe de l’amélioration du marché de l’emploi. Il faut restreindre l’accès aux allocations et les réduire afin de pousser les « chômeurs profiteurs » à reprendre une activité. Or, sur les 5,7 millions de personnes inscrites à Pôle Emploi en juin 2021, seulement 40% perçoivent une allocation. Par ailleurs, le chiffre de 5,7 millions d’inscrits représente une hausse de 4,7% par rapport à mars 2020, au début de la pandémie. Où est donc le grand retournement du marché du travail, qui prouverait que les chômeurs ne veulent pas travailler ? Il n’existe pas. La réforme de l’assurance-chômage portera un coup dévastateur aux moyens de subsistance des sans-travail dans un contexte persistant de chômage de masse.

En 2019, la croissance mondiale, européenne et française ralentissait fortement. La pandémie a précipité et aggravé la récession économique qui s’annonçait. Aujourd’hui, pour augmenter la rentabilité du capital, le gouvernement et les capitalistes reprennent leur offensive contre les droits et les conditions de vie des travailleurs, des chômeurs et des retraités. Ils veulent que l’emploi précaire devienne la norme et que les minimas salariaux et la limitation du temps de travail soient plus faciles à contourner. Le programme du capitalisme contemporain, c’est la défense du profit et des privilèges des riches et la régression sociale permanente pour les autres. Le Portrait social de la France, publié par l’INSEE, montre que la pandémie a non seulement mis en évidence la situation sociale désespérante d’une grande partie de la population française, mais aussi qu’elle a contribué à l’aggraver. Ce n’est pas un hasard si c’est la Seine-Saint-Denis, le département le plus pauvre de France, qui a connu le plus fort excédent de mortalité. 715 000 emplois, dont une majorité d’emplois précaires, ont été supprimés au premier trimestre de 2020 et le chômage partiel a essentiellement touché les ouvriers et les employés. La perte de revenu des ménages pendant la pandémie est la plus importante depuis 1949. Et alors que les conditions de vie de l’ensemble du monde du travail et de la jeunesse se dégradent, voilà que se pointe un autre vecteur d’appauvrissement : l’inflation.

Le taux d’inflation en Europe est à son niveau le plus élevé depuis 13 ans. En Allemagne, les prix ont augmenté de plus de 4% en septembre. En France, le taux s’élevait à 2,1% sur 12 mois, selon l’INSEE. La flambée du prix du gaz ménager, qui a bondi de plus de 12% début octobre, et la hausse de l’électricité et de l’essence tendront à renchérir une large gamme de biens de consommation courante. L’envolée des prix est liée à la reprise de l’activité économique après la contraction de la période précédente. Les fournisseurs profitent de l’insuffisance de l’offre par rapport à la demande pour augmenter les prix. L’impact sur le pouvoir d’achat des ménages sera considérable, surtout si l’inflation s’installe dans la durée. Si tous les économistes, ou presque, pensent que la phase inflationniste sera « temporaire », la durée de ce « temporaire » fait débat et ne peut se savoir par avance. Si elle devait durer encore 18 ou 24 mois, par exemple, une partie importante de la population française subirait un appauvrissement palpable, prise dans un étau entre la compression des revenus d’un côté et l’érosion de la valeur de ceux-ci, de l’autre.

Macron est un représentant intelligent de la classe dominante. Il sait que l’avenir du capitalisme français dépend de la destruction progressive de ce qui reste des conquêtes sociales des travailleurs. Les libertés démocratiques, la limitation du temps de travail, le salaire minimum, les ressources consacrées à l’éducation, à la santé, les allocations sociales, les droits et pouvoirs des syndicats sont pour lui autant d’obstacles à faire sauter dans l’intérêt des capitalistes. Mais comme l’ensemble de la classe qu’il représente, Macron craint le déclenchement d’une explosion sociale. Le soulèvement des Gilets Jaunes et la grève des cheminots lui ont servi d’avertissement. Le renforcement des moyens de répression, de surveillance et de contrôle dont dispose la police fait partie d’une stratégie pour mieux protéger l’ordre établi contre des révoltes futures. La nécessité de contenir la pandémie du covid-19 a été exploitée pour intimider et discipliner la population, pour l’habituer à davantage de contrôles et de punitions. C’est la mise en place d’un régime autoritaire, liberticide, d’une société sous contrôle permanent. Le renforcement des capacités répressives de l’État va de pair avec une stratégie de division. Il faut créer un climat de peur, désigner un ennemi de l’intérieur. La loi contre le soi-disant « séparatisme » et la propagande nationaliste et « républicaine » qui accompagne sa mise en œuvre répond à ce besoin. Tout est fait pour associer les croyances religieuses des musulmans au terrorisme et semer méfiance et hostilité à leur égard. La stratégie de « diviser pour mieux régner » a d’autres facettes : dresser les travailleurs du privé contre ceux du secteur public, les salariés contre les chômeurs, les vaccinés contre les non-vaccinés.

La peur du lendemain provoque, chez une partie grandissante de la population, des réflexes autoritaires, nationalistes et xénophobes. Le gouvernement Macron, les Républicains, Le Pen, Zemmour et d’autres alimentent et exploitent cette tendance réactionnaire. Le pendule politique de la France va vers la droite, et les partis et mouvements qui s’opposent à ce phénomène sont actuellement faibles et divisés. Par conséquent, Macron, malgré son impopularité, a toutes les chances d’être réélu en se présentant comme la seule alternative à l’extrême droite.

La montée actuelle des nationalismes en Europe est le produit de puissants facteurs objectifs, dont les effets socialement désastreux de la « globalisation » capitaliste et l’échec de l’Union Européenne. La « libre circulation » des marchandises et des personnes est vécue comme une menace, une source de vulnérabilité. Dans ces conditions, le repli identitaire et la notion de « priorité nationale » gagnent du terrain.

Cependant, Macronisme et nationalisme ne sont que la partie sombre du tableau. En face de ces tendances réactionnaires, il y a ceux qui résistent, qui luttent, qui défendent des idées progressistes et révolutionnaires. Il y a tout d’abord la CGT, qui organise des centaines de milliers de travailleurs et qui, comme en atteste l’histoire sociale de notre pays, dispose de réserves sociales puissantes massives. Il y a le PCF, qui se maintient et qui constitue toujours, en termes de capacités militantes, la force politique la plus importante de notre camp. Il y a la France Insoumise. Des centaines d’associations, de réseaux et de regroupements qui, chacun à leur manière, mobilisent contre les diverses formes d’oppression et d’exploitation, contre les injustices du système capitaliste. L’ensemble de ces mouvements représente des centaines de milliers de militants. Ils sont moins visibles, médiatiquement, que la droite et l’extrême droite, mais ils existent et constituent une force considérable.

Pour que la lutte contre le capitalisme que ces organisations incarnent devienne une force sociale suffisamment massive pour menacer l’ordre capitaliste, il faudrait qu’une partie importante de la masse « inerte » de la population sorte de sa torpeur et se mette activement en lutte contre l’oppression, l’exploitation et la marginalisation qu’elle subit. Ce n’est que de cette façon qu’il y aura un changement radical des rapports de force entre les forces du capital et celles qui s’y opposent. La révolte qui couve viendra, tôt ou tard, car aucun système économique exigeant une régression sociale permanente pour la masse de la population ne peut continuer indéfiniment. Les masses sont patientes, voire soumises, peut-être. Mais la patience et la soumission ont leurs limites.

Les programmes, les théories, les analyses que nous pouvons produire ne pourront pas déclencher un mouvement de masse. Il se produira quand il se produira. Dans l’immédiat, nous devons maintenir et développer nos organisations et lutter contre le poison du nationalisme et des idées fascisantes. Surtout, nous devons chercher par tous les moyens à fixer dans l’esprit du plus grand nombre possible de militants actuels et futurs ce que doit être le point central d’un programme de lutte « anticapitaliste » digne de ce nom. Comprenons et faisons comprendre qu’il ne sera pas possible de briser le pouvoir de la classe capitaliste sans l’exproprier. C’est la propriété des entreprises qui est la source du pouvoir des capitalistes. Pour que les luttes futures aboutissent à un véritable changement, il faudrait que le contrôle et la direction de l’économie et de l’État passent aux mains des travailleurs et travailleuses, de l’ensemble de la « classe productive ». Ce n’est que de cette façon que nous pourrons instaurer, à la place du marché capitaliste et des critères de rentabilité, une planification démocratique des ressources et des moyens de production dans l’intérêt de tous.


Fraternellement,
GdM
"Un seul véritable révolutionnaire dans une usine, une mine, un syndicat, un régiment, un bateau de guerre, vaut infiniment mieux que des centaines de petits-bourgeois pseudo-révolutionnaires cuisant dans leur propre jus."
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Re: fil "interventions de La Riposte"

Message par Gayraud de Mazars » 28 Oct 2021, 18:25

Salut camarades,

Pour les travailleurs exigeons l'échelle mobile des salaires ?

Effectivement, il faut augmenter tous les salaires en fonction de la hausse des prix (et pas seulement le SMIC). Je dirai aussi que les syndicats et associations de consommateurs devraient avoir un rôle dans la détermination de l'indice des prix, pour que cela reflète réellement l'impact sur le budget des ménages...

Fraternellement,
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Re: fil "interventions de La Riposte"

Message par Gayraud de Mazars » 12 Nov 2021, 16:35

Salut camarades,

Le samedi 6 novembre 2021 des membres de la section PCF de Rouen ont organisé une conférence débat intitulée « Réchauffement climatique et énergie où va t-on ? » issue du texte publié par La Riposte intitulé "Réchauffement climatique et énergie : l’impasse capitaliste" !

L’intervenant de cette conférence, était notre camarade Gauthier Hordel et grâce à la détermination des organisateurs, la conférence a réuni une vingtaine de participants alors même que, hasard du calendrier, se déroulait un peu avant, la marche pour le climat.

Les débats qui suivirent la présentation ont montré que les participants portaient un grand intérêt à ces questions. Ce fut l’occasion de démontrer aussi la qualité du travail de La Riposte.

6 Nov Rouen.png
Gauthier Hordel en conférence...
6 Nov Rouen.png (560.55 Kio) Consulté 3240 fois


Prochaines réunions publiques organisées par La Riposte :

Dimanche 21 novembre fête de l’Humanité Normandie à Rouen, « Combattre le nationalisme et les idées d’extrêmes droites » avec Greg Oxley et Bruno Odent (journaliste à l’Humanité)

Vendredi 26 novembre au bar associatif le CommentKsé à Lorient, « l’actualité du marxisme » avec Greg Oxley

Samedi 27 novembre fête de l’Humanité Bretagne à Lorient, « comment résister à la montée de l’extrême droite » avec Greg Oxley

Fraternellement,
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Re: fil "interventions de La Riposte"

Message par Gayraud de Mazars » 02 Déc 2021, 06:43

Salut camarades,

Prix de l’énergie, où va-t-on ?
Article publié sur le site de La Riposte
Par Gauthier Hordel

L’année 2021 est marquée par une forte augmentation des prix de l’énergie. Cette situation résulte de plusieurs facteurs. Lorsque l’étau des mesures de confinement s’est desserré, la machine productive s’est remise en route en même temps qu’une augmentation de la consommation et de la demande. L’activité industrielle s’est accélérée.

Pour produire des marchandises, les industries ont besoin d’énergie (électrique, pétrole, gaz…). Sans énergie, il ne peut y avoir de production. Les besoins énergétiques ont alors décollé afin de permettre à la production de satisfaire la hausse de la demande, permettant alors de relancer l’économie et retrouver des points de PIB. La reprise de la croissance domestique est indispensable à la préservation de la puissance économique des États. La demande en énergie a alors explosé, surpassant les capacités de production. [...]

https://www.lariposte.org/2021/12/28925/

Fraternellement,
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Re: fil "interventions de La Riposte"

Message par Gayraud de Mazars » 22 Déc 2021, 07:02

Salut camarades,

Le piège de la «primaire populaire »
21 décembre 2021, article publié sur le site de La Riposte
Par Fabien Lecomte. PCF et CGT 86

https://www.lariposte.org/2021/12/le-pi ... populaire/

Image

Une seule et même rengaine circule dans les médias et réseaux sociaux : « l’union de la gauche, c’est pour quand ? ». Il est légitime de se poser la question… et absolument nécessaire d’y répondre. Selon le site « primaire populaire », il y aurait 270 000 personnes qui réclament une primaire pour l’unification de la « gauche ». En théorie, la primaire vise à rassembler les forces derrière le candidat élu. Mais celle organisée par le PS avant la dernière élection présidentielle n’a absolument pas aboutie à cet objectif. Pour la droite du PS, une primaire n’a d’intérêt que si le résultat est conforme à leurs objectifs. Bien que Benoît Hamon soit arrivé en tête de la primaire socialiste de 2016, il a immédiatement été trahi par l’ensemble des candidats, qui ont appelé a voté Macron par la suite. Il a fini à 6 % aux élections et le traitement médiatique de l’affaire a fait qu’on ne retiendrait de lui que sa revendication d’un revenu universel et qu’il mangerait des kebabs. C’est la preuve que la primaire ne garantit pas l’union de la gauche. Peut-on imaginer un seul instant que Hidalgo ou les dirigeants du Parti Socialiste mènent campagne pour Mélenchon ou Roussel si l’un de ces derniers sortait vainqueur de la primaire ? Par ailleurs, rien ne garantit non plus que les électeurs supposés de chaque candidat voteraient pour le gagnant. Encore une fois, si le candidat du PS n’est plus en lice, sa base électorale va-t-elle voter en bloc pour Mélenchon ou Roussel ? La politique ne se réduit ni à des calculs simplistes ni à des sondages. Avant même de se poser la question de la primaire comme méthode, il faut d’abord se poser celle de son objectif.

Historiquement, deux courants principaux ont existé au sein de la gauche. Le courant réformiste rejette la nécessité d’une rupture avec le capitalisme et se borne à tenter de l’aménager, par exemple par une augmentation des salaires, des réformes fiscales, des allocations sociales, de nouvelles lois ou encore des modifications constitutionnelles. Pour cette composante de la gauche, le rôle de l’État se limite à trouver un compromis entre les classes. Concernant les problèmes écologiques, les réformistes veulent trouver des solutions, mais sans toucher au système capitaliste.

De l’autre côté, il y a une gauche anticapitaliste et communiste qui aspire à une rupture révolutionnaire avec le capitalisme. Son objectif est de remettre en cause le pouvoir des capitalistes par l’expropriation de la propriété privée des moyens de production et sa mise sous contrôle démocratique. La socialisation de la propriété capitaliste et sa gestion démocratique permettraient de mettre un terme à la division de la société entre exploiteurs et exploités, entre riches et pauvres. De cette manière, l’intérêt des travailleurs et la préservation de l’environnement seraient au cœur de la nouvelle organisation sociale.

À ces deux courants réformiste et révolutionnaire, il faut ajouter un troisième qui existe maintenant depuis au moins une quarantaine d’années, celui du contre-réformisme, c’est-à-dire d’une « gauche » dont l’adhésion au capitalisme est tellement forte qu’elle accepte de démanteler les réformes sociales du passé et imposer la régression sociale pour augmenter les profits des capitalistes. Elle accepte, aussi, de cautionner les pillages et les guerres impérialistes. Ce dernier courant domine les instances dirigeantes du Parti Socialiste, dont les orientations politiques recoupent largement celles des partis de droite. Les dirigeants du PS sont des agents conscients de la classe capitaliste.

La direction du PS est favorable à une « primaire » dans l’espoir d’éliminer d’avance la concurrence des partis de la gauche réformiste et récupérer les suffrages de leurs sympathisants. Ce serait une victoire des contre-réformistes sur la gauche réformiste et révolutionnaire. Et dans le cas où un candidat se situant sur la gauche du PS l’emporterait, le résultat ne serait pas une union, car le PS refuserait de le soutenir. Quant aux projets de Montebourg ou des Verts, ils s’inscrivent, tout comme celui d’Hidalgo, dans une logique politique purement capitaliste.

Le problème est que le PCF et la FI qui se présentent comme une alternative à l’austérité imposée par le capitalisme n’ont pas convaincu les masses de la justesse de leurs programmes. Jean-Luc Mélenchon relaye la colère et le ressentiment face aux injustices et humiliations que le capitalisme inflige, mais son programme ne contient pas de mesures décisives contre le capitalisme. Il se limite à une succession de réformes sociales qui ne remettent pas en cause le pouvoir des capitalistes. Par exemple, sous la rubrique intitulée « mettre au pas la finance », la mesure la plus forte est celle d’une taxe sur les transactions financières. Ainsi, le but annoncé dans le titre ne trouve pas de traduction concrète. Il en va de même pour toutes les autres rubriques. À chaque fois, la montagne accouche d’une souris. Les travailleurs, les chômeurs, les jeunes, les retraités sont effectivement en colère. Ils veulent un changement. Mais les promesses, les grandes phrases, ils en ont l’habitude. Et surtout, ils savent, parce qu’ils le vivent tous les jours, qui tient les rênes du pouvoir dans le pays. Ils savent qui a le pouvoir dans les entreprises. Et ils savent que menacer les intérêts de cette classe, toucher à ses profits par des taxes ou d’autres impositions tout en laissant son pouvoir intact est une politique vouée à l’échec, tout simplement parce que, sous le règne des capitalistes, une entreprise insuffisamment rentable est condamnée à disparaître.

Quant au programme défendu par Fabien Roussel, on y retrouve, au fond, la même ambiguïté. Les quelques nationalisations proposées sont positives, mais n’entameraient le pouvoir capitaliste que de façon marginale. Parmi les propositions les plus radicales que l’on entend dans les meetings se trouve la taxation des bénéfices. Fabien Roussel dit qu’on « prendra tout » au-dessus 500 000 euros de bénéfice annuel. Cette formule peut paraître plutôt révolutionnaire, mais elle soulève des questions importantes. Prenons un groupe comme Carrefour, qui fait plus de 300 millions d’euros par trimestre. Si Fabien Roussel lui prenait « tout » – ou même la moitié ! – ses investisseurs risqueraient de s’en détourner et fermer ses portes. Ils ont le pouvoir de le faire. C’est la réalité du système. Et dans ce cas, qu’est-ce qu’on fait ? On nationalise Carrefour ? Et si oui, pourquoi ne pas le dire d’emblée ? Car cela changerait tout. Les salariés du groupe qui entendent que ses bénéfices seront massivement, voire totalement, versés au Trésor Public savent pertinemment ce qui les attendrait dans ce cas, et ils ne le verraient pas comme un progrès. Mais si l’entreprise était nationalisée, transformée en un service public, avec des garanties pour l’emploi, les salaires et les conditions de travail des travailleurs, ce serait une tout autre affaire. Par ailleurs, on ne comprend pas pourquoi les capitalistes faisant 500 000 euros de bénéfices seraient épargnés. Souvent, les pires exploiteurs, ce sont les soi-disant « petits » patrons.

Dans les faits, dans le programme du PCF, comme dans celui de France Insoumise, et malgré les différences qui existent entre les deux, il s’agit d’apporter des retouches superficielles au capitalisme, sans toucher au système d’exploitation lui-même, qui est laissé intact. Autrement, pourquoi ne pas dire clairement, comme un point clé de notre programme, que « nous, les communistes, à la différence des réformistes, nous supprimerons la propriété privée des moyens de production », en expliquant comment l’expropriation des capitalistes transformerait les conditions d’existence de la masse de la population. En clair, les programmes actuels du PCF et de France Insoumise cherchent la mise en œuvre de réformes sociales et politiques dans le cadre du capitalisme, et de ce point de vue, on peut comprendre que des sympathisants des deux organisations regrettent qu’elles ne fassent pas alliance. Les différences de programme sur des réformes mineures (par exemple différence du SMIC de 100 euros) ne paraissent pas être une justification suffisante pour ne pas s’unir. Pour le parti Communiste, il doit trancher la question de savoir s’il est un parti réformiste ou révolutionnaire. La question de l’union est tenue essentiellement dans cette question. Si nous sommes réformistes, unissons-nous. Et si nous sommes révolutionnaires, disons-le clairement et montrons-le par un programme explicitement révolutionnaire.

Si le programme du PCF était clairement révolutionnaire, mais minoritaire dans un premier temps, il pourrait, dans certaines circonstances, faire le choix d’accorder un soutien critique à un mouvement réformiste de gauche, sans nécessairement trahir ses propres principes. Mais il faudrait absolument, dans ce cas, expliquer inlassablement et sans la moindre ambiguïté la différence entre ses propres objectifs révolutionnaires et les ambitions limitées des réformistes. Mais ce n’est pas ce qui a été fait en 2012 et en 2017, où la direction du PCF s’est mise à la remorque de Mélenchon, au profit exclusif de ce dernier. Et pourtant, il y en a qui voudraient renouveler cette expérience calamiteuse. Pour Marie Georges Buffet, qui n’en finit pas d’être un électron libre, la question est tranchée : « Le seul espoir de la gauche », dit-elle, « est un accord PCF, FI sur la candidature de JL Mélenchon avec un accord pour les législatives (…) ». Peu importe, pour elle, que les communistes aient voté à 70 % pour une candidature communiste. Peu importe si son texte politique a été massivement rejeté par la même occasion. L’ancienne secrétaire nationale appelle tout le monde à se ranger derrière Mélenchon en échange d’une poignée d’élus aux législatives, pour gérer le capitalisme. La méthode a déjà subi deux échecs consécutifs, en 2012 et en 2017, d’où son rejet par la majorité des militants communistes.

En résumé, compte tenu du caractère contre-réformiste du programme du PS et les faiblesses programmatiques de la gauche réformiste, c’est peut-être déjà trop tard pour 2022. Après plusieurs passages au pouvoir du PS – et parfois avec la participation du PCF – les travailleurs ont tiré certaines conclusions, car ils ont été trahis à chaque fois. C’est un boulet que traîne le PCF. Et son programme présidentiel – dont les militants communistes, n’ont pas participé à son élaboration mais qu’ils découvrent dans les médias ou dans les meetings – n’est pas clair. Sommes-nous révolutionnaires ou réformistes ? Les tracts et affiches de campagne ne permettent pas de nous distinguer de la politique réformiste de Mélenchon. Reprenons le travail à la base : travaillons à l’élaboration d’un programme communiste, qui explique pourquoi et comment il faut en finir avec le capitalisme. Ceci clarifierait la question des alliances susceptibles de faire avancer notre cause et sur quelles bases programmatiques. Les élections présidentielles et législatives ne sont qu’une facette de la lutte. Indépendamment du résultat du scrutin, la lutte doit se poursuivre dans les entreprises et dans la rue. Mais là aussi, la question du programme est primordiale.


Fraternellement,
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Re: fil "interventions de La Riposte"

Message par Gayraud de Mazars » 05 Jan 2022, 09:41

Salut camarades,

Les bruits de bottes se font entendre à la frontière de la Russie et de l'Ukraine... C'est inquiétant ! L'impérialisme toujours à l'oeuvre...

Russie, Ukraine. Vers une guerre en Europe orientale ?
le mardi 4 janvier 2022, article publié sur le site de La Riposte
Par Greg Oxley

https://www.lariposte.org/2022/01/russi ... orientale/

Image

La rivalité impérialiste menace de plonger l’humanité dans l’horreur indicible de la guerre, cette fois-ci en Europe orientale. La mise en place, à proximité de la frontière ukrainienne, de 150 000 à 200 000 soldats russes, appuyés par des dispositifs indiquant la préparation d’une opération militaire de grande envergure (lignes d’approvisionnement, dépôts de carburants, hôpitaux militaires, etc.), fait planer la possibilité d’une guerre entre les deux pays. En plus de la souffrance humaine et la destruction qu’entraînerait une guerre, ses répercussions économiques, sociales et politiques seraient très importantes, dans la région et au-delà.

Depuis quelques années, sous Obama et Trump comme sous Biden, l’administration américaine s’efforce de changer d’orientation stratégique. Se désengageant du Moyen-Orient, du golfe d’Arabie et de l’Asie centrale, elle a également réduit son implication dans la défense européenne, et veut désormais concentrer les ressources des États-Unis sur la nécessité de contenir l’expansion de la Chine. Cependant, l’évolution récente du conflit russo-ukrainien montre que la Russie est toujours une force majeure dans les affaires du monde. La position mondiale de l’impérialisme américain ne lui laisse alors d’autre choix que de maintenir son rôle de « gendarme international ».

En 2014, la Fédération de Russie a pris le contrôle de la péninsule de Crimée. Cette invasion a fait suite à la destitution du président ukrainien pro-russe Victor Ianoukovytch, qui, fin 2013, a effectivement suspendu la signature d’un accord d’association avec l’Union Européenne. Ceci a dressé une partie importante de la population contre lui, et les manifestations connues sous le nom d’Euromaidan – appuyées et encouragées par les puissances occidentales – ont abouti au renversement d’Ianoukovytch. Ce changement a porté un coup aux intérêts stratégiques de l’impérialisme russe.

Peu de temps après l’invasion de la Crimée, Poutine a annoncé le rattachement de la Crimée et de la ville de Sébastopol à la Fédération de Russie. Simultanément, des milices séparatistes pro-russes, armées et financées par la Fédération, ont entamé des opérations dans les provinces ukrainiennes de Donetsk et de Louhansk, proclamées républiques indépendantes en avril et mai 2014. Le gouvernement ukrainien s’est avéré totalement incapable de résister à la perte de la Crimée, et a retiré ses propres troupes de la péninsule. Il n’a pas non plus réussi à reprendre le contrôle de Donetsk et de Louhansk. Sans être formellement annexées, ces républiques sont de facto des territoires sous contrôle russe. Les sanctions contre la Russie de la part des États-Unis et des puissances européennes, plus symboliques que réellement nuisibles, n’ont entraîné pratiquement aucune conséquence punitive tangible.

Le changement des priorités stratégiques des États-Unis, et, accessoirement, le processus d’affaiblissement économique et de dislocation politique de l’Union Européenne augmentent les marges de manœuvre de Poutine. Les intérêts stratégiques du régime russe dans cette région font qu’il lui est absolument indispensable de ramener l’Ukraine dans sa zone d’influence, et d’empêcher son rapprochement avec l’UE et l’OTAN. Cet objectif passe nécessairement par la consolidation, et si possible, l’extension des territoires ukrainiens sous contrôle russe. Du point de vue de l’impérialisme américain et de ses alliés européens, un tel renversement de situation serait une défaite stratégique majeure qu’ils veulent éviter à tout prix – y compris au prix de la guerre.

La résolution définitive de ce conflit par la diplomatie – avec les concessions de part et d’autre que cela implique – paraît impossible. Le dispositif militaire mis en place par le Kremlin constitue une force d’invasion redoutable. Cela n’a pas été fait pour plaisanter, ou pour faire de l’effet. Maintenant, Poutine ne pourrait pas ordonner une retraite sans obtenir des concessions significatives. Faire autrement serait perdre la face, d’autant plus que pour justifier les préparatifs militaires, il a accusé le gouvernement ukrainien de perpétrer un « génocide » contre la population russophone de l’Ukraine. Biden, pour sa part, même s’il exclut d’avance et publiquement – à la stupéfaction de plusieurs généraux à la retraite comme le Lieutenant-Général Ben Hodges – l’engagement direct de forces armées américaines, envoie tout de même des armes et d’importants moyens de surveillance et de renseignement, et déploie aussi des navires de guerre dans la mer Noire. Le danger d’une guerre est donc réel, même s’il n’est pas certain qu’elle se produise immédiatement ou dans quelques semaines.

À court terme, trois scénarios sont possibles. Le premier, qui nous paraît peu probable, est que Poutine désiste sans avoir obtenu ce qu’il pourrait présenter comme de solides garanties concernant l’OTAN et le soutien militaire accordé à Kiev. La menace de sanctions économiques ne sera pas suffisante pour que le Kremlin retire ses armées. La Russie dispose, elle aussi, de moyens de pressions économiques, notamment en termes de ressources énergétiques. Le gazoduc Nord Stream 2, reliant la Russie à l’Allemagne, et donc l’Union Européenne, réduit la nécessité de passer par l’Ukraine, affaiblissant les moyens de rétorsion de cette dernière, et renforçant la dépendance énergétique de l’Europe occidentale à la Russie.

Le deuxième scénario serait celui de concessions diplomatiques de la part des puissances occidentales. Biden ne pourrait pas exclure l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN, même si, en vérité, celle-ci n’est qu’une perspective incertaine et lointaine. Cela vaut aussi pour l’adhésion de l’Ukraine à l’UE. En revanche, il est possible qu’il y ait des concessions sur des points d’importance secondaire, permettant d’éviter une guerre dont les répercussions déstabilisantes à l’échelle internationale nuiraient aux intérêts du Kremlin.

Enfin, il y a la possibilité que Poutine lance une invasion du territoire ukrainien. Actuellement, tout est en place pour un passage à l’acte. L’attaque pourrait se donner des objectifs relativement limités. Sans viser Kiev, il suffirait d’effectuer une incursion aboutissant à l’occupation d’une partie de l’Ukraine orientale, obligeant l’armée ukrainienne à faire mouvement vers les forces russes. Dans ce cas, la défaite probable de l’armée ukrainienne pourrait obliger le gouvernement de Kiev à repenser sa position à l’égard d’un rapprochement avec les États-Unis, l’OTAN et l’UE. Il est vrai que les forces armées ukrainiennes sont plus fortes aujourd’hui qu’en 2014. Mais l’armée russe, elle aussi, a gagné considérablement en puissance de feu. L’OTAN n’interviendrait pas pour sauver Kiev. Les « menaces » censées dissuader Poutine de passer à l’attaque, que ce soit de la part des États-Unis ou de l’Union Européenne, se limitent à des sanctions économiques d’une efficacité discutable.

Les semaines à venir nous diront lequel de ces scénarios se réalise sur le terrain. Quoiqu’il arrive, retenons pour le moment qu’une fois de plus, le « grand jeu » stratégique entre les puissances impérialistes comme les États-Unis, les puissances européennes et la Russie, se préparent à plonger les peuples dans une guerre fratricide. Dans leur recherche de ressources à piller, de marchés à exploiter, et de sources de profit, ils sont prêts à verser du sang et à semer la destruction à grande échelle. Les travailleurs de la Russie et de l’Ukraine n’ont rien à gagner d’un carnage organisé au bénéfice de leurs exploiteurs et oppresseurs, de part et d’autre de la frontière russo-ukrainienne.


Fraternellement,
GdM
"Un seul véritable révolutionnaire dans une usine, une mine, un syndicat, un régiment, un bateau de guerre, vaut infiniment mieux que des centaines de petits-bourgeois pseudo-révolutionnaires cuisant dans leur propre jus."
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Re: fil "interventions de La Riposte"

Message par Gayraud de Mazars » 15 Jan 2022, 14:06

Salut camarades,

C'est avec une immense tristesse que je viens d'apprendre le décès de mon ami et camarade Allain Duguet, d'Alès, camarade de La Riposte et du PCF du Gard...

Mon cher Allain était un "vieux" communiste, un vétéran de la lutte de classes, attaché à notre idéal révolutionnaire, je me souviens de ses interventions toujours percutantes et tournées vers les travailleurs. Il était attaché à sa chère classe ouvrière, et nous parlait de ses combats !

La Riposte reviendra sur le décès de notre camarade Allain Duguet.

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Re: fil "interventions de La Riposte"

Message par Gayraud de Mazars » 16 Jan 2022, 20:32

Salut camarades,

Les Nôtres - La Riposte

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"Les Nôtres"
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Vendredi 14 janvier, nous avons appris la mort de notre camarade Allain Duguet.

Les traditions communistes de la famille Duguet remontent plus loin que la naissance d'Allain. Son père, Victorin Duguet (1905-1989) était une grande figure du mouvement communiste. Membre de la CGTU, il y dirigeait la structure régionale des mineurs du Gard, avant de devenir un dirigeant national du syndicat à partir de 1935. Pendant l’occupation nazie, il organisait le réseau clandestin des travailleurs du sous-sol. Dès ses premières années de vie, Allain a grandi dans un environnement familial et social marqué par l’engagement militant et la lutte des classes.

Allain incarnait l’esprit de révolte et de résistance à l’oppression qui a si fortement marqué l’histoire des Cévennes. Militant actif de la CGT et du PCF, sa vision de la lutte des classes ne se limitait pas aux nombreuses causes et revendications, aussi importantes soient-elles, pour lesquelles il s’est battu au fil des années. Les communistes, pour lui, ne devaient jamais perdre de vue les objectifs révolutionnaires qui étaient à l’origine de leur parti. Il savait que les révolutions ne se produisent pas sur commande, mais il considérait que convaincre les travailleurs qu’il est à la fois possible et nécessaire de débarrasser la société des capitalistes. Cet objectif devait occuper une place centrale dans la propagande et l’action politique des communistes. Rien ne l’agaçait plus que de voir le programme du PCF progressivement vidé de son contenu révolutionnaire ou ce qu’il considérait comme les principes de base du mouvement sacrifiés, dans l’espoir d’obtenir de « bonnes places » lors des élections.

En 2008, il a pris contact avec La Riposte, dont le programme et les idées politiques correspondaient aux siennes. En quelques années, il a réussi à développer un impressionnant réseau de camarades et sympathisants autour du journal. Il organisait régulièrement des réunions publiques au « Prolé » dans le centre-ville d’Alès. Son attachement viscéral et profond aux idées communistes et à leur visée révolutionnaire n’était pas au goût de tout le monde, certes. Mais que l’on ait été d’accord ou pas avec lui, personne ne pouvait nier l’honnêteté de son engagement à l’opposé des calculs politiciens qui le révoltaient. Ses convictions ont été forgées par son histoire familiale indissociable de celle du mouvement ouvrier cévenol, ainsi que par sa longue expérience des luttes.

Allain vivait de peu, à la mesure de sa retraite qui était loin d’être exorbitante. Mais, malgré cela, la maison qu’il partageait avec sa compagne et camarade Éliane Marcon, a toujours été un lieu d’accueil, de partage et de convivialité. Malgré le peu de moyens dont le couple disposait et les dures épreuves qu’il a dû traverser à différents moments de sa vie, Alain était fort d’une joie de vivre qui le faisait pétiller, avec son œil vif et malicieux. Ceux qui l’ont connu se souviendront de sa personnalité attachante et généreuse. Rieur, chaleureux, et souvent espiègle, il savait ponctuer les échanges de plaisanteries qui amplifiaient la bonhommie qui le caractérisait avec son accent des Cévennes.

Allain se distinguait par sa simplicité. Il n’avait rien à prouver ni à défendre car son engagement était sa vérité : celle de l’histoire de sa famille et de sa vie de mineur.

Son décès, survenu très rapidement, est un choc pour nous, et la perspective de son absence dans nos vies et nos luttes est d’une immense tristesse. Il continuera à exister comme une très grande source d’inspiration pour ses camarades de lutte, et comme le souvenir d’une profonde amitié pour tous ceux qui l’ont côtoyé et aimé.


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