Vers un 10 septembre 2025 de lutte ?

Vers un 10 septembre 2025 de lutte ?

Message par Gayraud de Mazars » 30 Juil 2025, 17:13

Salut camarades,

Suite aux provocations de Bayrou et de son gouvernement, la journée de lutte du 10 septembre 2025 qui s'annonce ne fait pourtant pas l'unanimité dans le monde du travail. Le syndicat Force Ouvrière a déjà déposé un préavis de grève national pour début septembre, mais la CGT qui va fêter ses 130 ans semble hésiter, et des questions se posent, qui sont les initiateurs ? Que doit-on penser de cette journée d'action et de ses suites ? Que faire ? Je doute et je ne sais pas, si on peut éclairer mes lanternes, merci les copains !

Fraternellement,
GdM
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Re: Vers un 10 septembre 2025 de lutte ?

Message par com_71 » 30 Juil 2025, 18:37

Lutte Ouvrière, le 30/07/2025 a écrit :Plan Bayrou : quelle riposte ?

Les annonces de Bayrou, visant à réaliser 44 milliards d’euros de coupes dans le budget 2026 de l’État et de la Sécurité sociale, sont une déclaration de guerre aux classes populaires.

Suppression de jours fériés, gel des retraites, des prestations sociales ou du barème des impôts, coupes dans la fonction publique, doublement des franchises médicales, déremboursements des médicaments, jours de carence supplémentaires, baisse de l’indemnisation des chômeurs, menaces sur le code du travail : chacune des mesures formulées par Bayrou vise les travailleurs, qu’ils soient actifs, au chômage ou en retraite. Ces attaques, présentées comme des pistes à affiner et à discuter, au Parlement ou avec les syndicats de salariés ou patronaux, sont aussi destinées à enfoncer dans la tête des travailleurs l’idée qu’ils devront consentir des sacrifices.

Beaucoup ont ressenti l’injustice de ce plan et certains, sans liens avec des syndicats, cherchent des voies pour s’y opposer. Ainsi des appels, relayés sur les réseaux sociaux, invitent, pour le 10 septembre et les jours suivants, à des actions allant du boycott des grandes enseignes à « un blocage illimité du pays ». Si, localement, des syndicats ont décidé d’appeler à la grève ce jour-là, les initiateurs se disent indépendants des partis et des syndicats. De leur côté, les confédérations syndicales ont dénoncé le plan d’austérité mais en sont encore à « réfléchir à une possible riposte commune », selon le secrétaire général de Force ouvrière.

Tous ceux qui refusent de subir les coups promis par Bayrou et Macron ont raison. Si elle prend corps, la journée de lutte du 10 septembre peut être une étape de la riposte. Mais le plus important et le plus urgent est de discuter, dans les entreprises et dans les quartiers populaires, des armes dont disposent les travailleurs pour se faire respecter, des adversaires qu’ils doivent affronter et des objectifs qu’ils doivent se donner quand ils entreront en lutte.

La force des travailleurs, c’est qu’ils produisent tout et que sans eux rien ne tourne dans la société. Cette position-là, au cœur des entreprises, leur donne autrement plus de poids que ne le donnerait un boycott de la consommation, prôné par certains initiateurs du 10 septembre, pour autant qu’il puisse être massif. La consommation de nombreux ménages ouvriers est d’ailleurs déjà réduite au minimum à cause des bas salaires et de la vie chère.

Les travailleurs ne peuvent pas davantage compter sur telle ou telle opposition parlementaire, la gauche ou le RN, pour entraver les projets du gouvernement. Ils l’ont vécu à leurs dépens lors de la dernière réforme des retraites : de l’article 49-3 à l’arbitrage du Conseil constitutionnel, le système parlementaire donne mille ressources au gouvernement pour imposer ses lois, même rejetées par la majorité de la population.

Une erreur serait de considérer que les responsables politiques sont les seuls responsables. Certes Macron, Bayrou et Cie, élus grassement payés pour serrer la ceinture des classes populaires, méritent la haine des exploités. Mais ils ne sont que des domestiques au service des capitalistes, principaux bénéficiaires des réformes antiouvrières. Les milliards volés aux classes populaires iront gonfler les comptes de Michelin, Sanofi ou Dassault. Supprimer des jours fériés, rallonger le temps de travail, réduire les indemnités des chômeurs, c’est intensifier l’exploitation et tirer tous les salaires vers le bas, pour le bonheur du grand patronat qui réalise chaque année des profits extravagants.

Les travailleurs ne changeront pas leur sort en remplaçant Macron par Tartempion mais en visant les vrais maîtres de la société, les capitalistes. Pour mettre un terme aux fins de mois difficiles, il faut imposer une augmentation des salaires et leur indexation sur les prix. Contre le chômage, il faut répartir le travail entre tous, sans perte de salaire. Quant au budget de l’État et à la dette, ils doivent être payés intégralement par les profits patronaux.

Xavier Lachau
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Re: Vers un 10 septembre 2025 de lutte ?

Message par Gayraud de Mazars » 12 Août 2025, 17:15

Salut camarades,

Sur la journée de lutte du 10 septembre 2025 et ses suites, prise de position d'Argument pour la lutte sociale (Aplutsoc)

Que faut-il faire le 10 septembre ? La grève, c’est évident !
le 12 août 2025
Par Aplutsoc

Le déni de démocratie s'aggrave encore : le gouvernement entend faire appliquer le budget Bayrou de casse de tous les droits sociaux avant même qu’il ne soit voté, ou plutôt censuré, à l’Assemblée nationale !

En effet, Bayrou a, le 15 juillet, adressé aux « partenaires sociaux » (c’est-à-dire syndicats de salariés d’une part, organisations patronales d’autre part) une « lettre de cadrage » exigeant leur accord d’ici au 30 septembre pour la suppression des jours fériés (lundi de Pâque et 8 mai, Bayrou ayant découvert que le premier n’a pas de signification « religieuse » et le second sans doute pas de sens historique !), et pour dégager « 4,2 milliards dès 2026 » sous forme de transfert par les patrons d’une partie des profits ainsi réalisés (à noter que, selon la CGC, ces profits s’élèveraient à 8 milliards !) !

Ensuite, Bayrou a pondu, le 8 août, une « lettre de cadrage » contre l’Assurance chômage, adressée aux mêmes « partenaires sociaux », qui les enjoint d’ « ouvrir une négociation » (sic !) pour dégager de 2 à 2,5 milliards d’ « économies » supplémentaires par an de 2026 à 2029, et pour cela, notamment, augmenter encore la durée minimale d’emploi et diminuer encore la période de référence déterminant le droit à indemnisation, son montant et sa durée. Il s’agit de prendre sur les salaires, car, rappelons le, les indemnisations du chômage, comme toutes les prestations sociales, sont du salaire produit par les travailleurs et socialisé.

Les confédérations (CGT, FO, CFDT, CFTC, CGC) ont répondu par un communiqué à juste titre virulent, mais qui n’annonce pour l’heure rien d’autre que leur réunion du 1° septembre.

En même temps, le débat, en plein été, traverse les couches militantes syndicales sur « le 10 septembre » dont des réseaux divers, ex-GJ, extrême droite comprenant que le RN ne peut plus soutenir Bayrou, extrême gauche, veulent faire le point de départ d’un mouvement d’ensemble dont les contours varient selon les uns et les autres.

FO dit, ou plutôt laisse dire, avoir « appelé à la grève » en déposant un préavis qui couvre en fait tout l’automne, ce qui ne mange pas de pain. Dans la CGT, des fédérations et unions départementales ont, pour leurs raisons internes propres, appelé au « 10 septembre » : Chimie-Energie, Commerce, Voyagistes, UD du Nord, du Pas-de-Calais, des Pyrénées orientales … et le n°2 de la confédération, Laurent Brun vient de diffuser un texte expliquant longuement que même si ce n’est pas clair il vaut mieux en être pour encadrer et orienter. Il ne parle pas d’appel confédéral à la grève.

L’évaluation de la disposition à l’action ne doit par ailleurs pas oublier les près de 320 000 signatures en plein été sur la pétition unitaire sur le budget Bayrou, malgré son contenu réel que nous avons souligné, orienté en réalité non sur le fait de défaire totalement ce budget mais sur le « dialogue social », que la CFDT, avant la réunion intersyndicale nationale, organise en invitant à sa « rentrée syndicale » le 26 août François Bayrou lui-même et la ministre de la destruction du Code du travail, Mme Panosyan-Bouvet. Et surtout pas, bien entendu, les plus de 2,1 millions de signatures exigeant clairement, elles, l’abrogation de la loi Duplomb, et qui ont déjà contraint le Conseil constitutionnel à un premier recul.

C’est le 1° octobre prochain que le budget Bayrou doit être présenté en conseil des ministres. Même sans la rumeur du 1° septembre, il était évident que la traditionnelle journée d’action traine-savate d’octobre n’était pas de mise cette année, et que ce n’est pas seulement son transfert en septembre qui s’impose. De plus, la rentrée scolaire va immédiatement voir reprendre les luttes contre les suppressions de postes et leurs conséquences, pour la défense de l’école publique et contre les réseaux Stérin.

La réponse à la question « on fait quoi le 10 septembre », voire avant, est évidente : la grève ! Y compris pour les privés d’emplois, les retraités, les jeunes en formation et les travailleurs « indépendants », la grève, à savoir la vraie grève qui regroupe et donne de la force, peut et doit être le cadre d’union et d’action. Cela en vue de défaire le budget Bayrou, annuler les suppressions de postes à l’école publique, abroger la loi Duplomb, hausser les salaires, avant octobre, de façon à ce que la chute annoncée de Bayrou soit la victoire des travailleurs, contre Macron, le RN, l'union des droites et la V° République !


Frternellement,
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Re: Vers un 10 septembre 2025 de lutte ?

Message par com_71 » 12 Août 2025, 20:06

Aplutsoc a écrit :...de façon à ce que la chute annoncée de Bayrou soit la victoire des travailleurs, contre Macron, le RN, l'union des droites et la V° République !

Vraiment les fourriers de LFI !
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Re: Vers un 10 septembre 2025 de lutte ?

Message par Gayraud de Mazars » 13 Août 2025, 15:50

Salut camarades,

La question qui se pose à moi et à bien des travailleurs encore que Faire pour le 10 septembre 2025 ? Quelles consignes suivre c'est loin d'être clair !

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Re: Vers un 10 septembre 2025 de lutte ?

Message par com_71 » 13 Août 2025, 16:01

Depuis quand la classe ouvrière devrait attendre ou chercher des consignes ?
Il est évident qu'elle a à progresser en conscience et en combativité. Ça fait déjà un horizon assez large pour les discussions...
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Re: Vers un 10 septembre 2025 de lutte ?

Message par Gayraud de Mazars » 14 Août 2025, 06:32

Salut Com,

com_71 a écrit :Depuis quand la classe ouvrière devrait attendre ou chercher des consignes ?


Il est clair que la classe ouvrière n'a pas à attendre de consignes politiques ou syndicales pour entrer dans la lutte, d'ailleurs si je ne dis pas de bêtises, elle s'en était passée en Juin 1936 ou Mai 1968... Mais quand même, cela aiderait à préparer le mouvement du 10 septembre 2025, des consignes claires.

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Re: Vers un 10 septembre 2025 de lutte ?

Message par com_71 » 14 Août 2025, 08:48

Les consignes d'avoir à reprendre le travail sont trop souvent très claires.
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Re: Vers un 10 septembre 2025 de lutte ?

Message par Gayraud de Mazars » 14 Août 2025, 09:44

Salut Com,

Ton post camarade, me refait repenser au film-documentaire Reprise, sous-titré « Un voyage au cœur de la classe ouvrière », réalisé par Hervé Le Roux, sorti en 1996, autour du film de Mai 68, Reprise du travail aux usines Wonder.

Le 10 juin 1968, après une longue grève, la reprise du travail est votée aux usines des piles Wonder à Saint-Ouen.

Le plan séquence célèbre filmé par Bonneau en 16 mm, de 10 minutes, montre les réactions des divers ouvriers, ouvrières, syndicalistes et cadres de l'entreprise à ce moment crucial de la Reprise du travail après la grève. Une jeune ouvrière crève l'écran, criant et pleurant, assurant qu'elle ne reprendra pas le travail :

« Non, je ne rentrerai pas, je ne foutrai plus les pieds dans cette taule, c'est trop dégueulasse ! »

Fraternellement,
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Re: Vers un 10 septembre 2025 de lutte ?

Message par com_71 » 14 Août 2025, 10:24

Bien des choses à dire sur cette séquence. La reprise "votée". Comment, par qui, les non-grevistes ont-ils voté ? Les cadres ? Qui était préparé à donner un autre son de cloche ? Pourquoi l'ouvrière en rage s'est-elle sentie isolée ?
Des dizaines d'années après on a appris que les cinéastes étaient des militants maoïstes. Leur caméra a donné un écho au désespoir... Il manquait à la classe ouvrière les militants d'un parti révolutionnaire...
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