Le déni de démocratie s'aggrave encore : le gouvernement entend faire appliquer le budget Bayrou de casse de tous les droits sociaux avant même qu’il ne soit voté, ou plutôt censuré, à l’Assemblée nationale !
En effet, Bayrou a, le 15 juillet, adressé aux « partenaires sociaux » (c’est-à-dire syndicats de salariés d’une part, organisations patronales d’autre part) une « lettre de cadrage » exigeant leur accord d’ici au 30 septembre pour la suppression des jours fériés (lundi de Pâque et 8 mai, Bayrou ayant découvert que le premier n’a pas de signification « religieuse » et le second sans doute pas de sens historique !), et pour dégager « 4,2 milliards dès 2026 » sous forme de transfert par les patrons d’une partie des profits ainsi réalisés (à noter que, selon la CGC, ces profits s’élèveraient à 8 milliards !) !
Ensuite, Bayrou a pondu, le 8 août, une « lettre de cadrage » contre l’Assurance chômage, adressée aux mêmes « partenaires sociaux », qui les enjoint d’ « ouvrir une négociation » (sic !) pour dégager de 2 à 2,5 milliards d’ « économies » supplémentaires par an de 2026 à 2029, et pour cela, notamment, augmenter encore la durée minimale d’emploi et diminuer encore la période de référence déterminant le droit à indemnisation, son montant et sa durée. Il s’agit de prendre sur les salaires, car, rappelons le, les indemnisations du chômage, comme toutes les prestations sociales, sont du salaire produit par les travailleurs et socialisé.
Les confédérations (CGT, FO, CFDT, CFTC, CGC) ont répondu par un communiqué à juste titre virulent, mais qui n’annonce pour l’heure rien d’autre que leur réunion du 1° septembre.
En même temps, le débat, en plein été, traverse les couches militantes syndicales sur « le 10 septembre » dont des réseaux divers, ex-GJ, extrême droite comprenant que le RN ne peut plus soutenir Bayrou, extrême gauche, veulent faire le point de départ d’un mouvement d’ensemble dont les contours varient selon les uns et les autres.
FO dit, ou plutôt laisse dire, avoir « appelé à la grève » en déposant un préavis qui couvre en fait tout l’automne, ce qui ne mange pas de pain. Dans la CGT, des fédérations et unions départementales ont, pour leurs raisons internes propres, appelé au « 10 septembre » : Chimie-Energie, Commerce, Voyagistes, UD du Nord, du Pas-de-Calais, des Pyrénées orientales … et le n°2 de la confédération, Laurent Brun vient de diffuser un texte expliquant longuement que même si ce n’est pas clair il vaut mieux en être pour encadrer et orienter. Il ne parle pas d’appel confédéral à la grève.
L’évaluation de la disposition à l’action ne doit par ailleurs pas oublier les près de 320 000 signatures en plein été sur la pétition unitaire sur le budget Bayrou, malgré son contenu réel que nous avons souligné, orienté en réalité non sur le fait de défaire totalement ce budget mais sur le « dialogue social », que la CFDT, avant la réunion intersyndicale nationale, organise en invitant à sa « rentrée syndicale » le 26 août François Bayrou lui-même et la ministre de la destruction du Code du travail, Mme Panosyan-Bouvet. Et surtout pas, bien entendu, les plus de 2,1 millions de signatures exigeant clairement, elles, l’abrogation de la loi Duplomb, et qui ont déjà contraint le Conseil constitutionnel à un premier recul.
C’est le 1° octobre prochain que le budget Bayrou doit être présenté en conseil des ministres. Même sans la rumeur du 1° septembre, il était évident que la traditionnelle journée d’action traine-savate d’octobre n’était pas de mise cette année, et que ce n’est pas seulement son transfert en septembre qui s’impose. De plus, la rentrée scolaire va immédiatement voir reprendre les luttes contre les suppressions de postes et leurs conséquences, pour la défense de l’école publique et contre les réseaux Stérin.
La réponse à la question « on fait quoi le 10 septembre », voire avant, est évidente : la grève ! Y compris pour les privés d’emplois, les retraités, les jeunes en formation et les travailleurs « indépendants », la grève, à savoir la vraie grève qui regroupe et donne de la force, peut et doit être le cadre d’union et d’action. Cela en vue de défaire le budget Bayrou, annuler les suppressions de postes à l’école publique, abroger la loi Duplomb, hausser les salaires, avant octobre, de façon à ce que la chute annoncée de Bayrou soit la victoire des travailleurs, contre Macron, le RN, l'union des droites et la V° République !