Nathalie Arthaud répond à l'Afis

Et lutte contre les pseudo-sciences et les obscurantismes

Nathalie Arthaud répond à l'Afis

Message par Zorglub » 23 Mars 2022, 22:03

Voici les réponses de notre candidate au questionnaire de l'Assosiation Française pour l'Information Scientifique
Le PDF
L’Afis fait œuvre utile en dénonçant les fausses sciences, les falsifications et le « complotisme » qu’on a vu encore
dernièrement se répandre à l’occasion de l’épisode de pandémie de COVID-19 et c’est bien volontiers que je réponds à
votre questionnaire,
En préambule, je voudrais vous dire que j’ai bien conscience que je ne serai pas élue lors de cette élection présidentielle,
aussi je me garderai bien de vous détailler une litanie de vaines promesses. Je vais simplement vous exposer mes
convictions profondes.
1 Quelle est la place de l’expertise scientifique dans l’élaboration de votre programme ?
Mes convictions de communiste sont fondées sur la science, le matérialisme scientifique, comme une des conditions et le
moyen de l’émancipation de l’humanité. La science et les moyens techniques fournissent la base d’une organisation
sociale où laquelle l’humanité, débarrassée du capitalisme et de l’exploitation de l’homme par l’homme, pourra enfin
maîtriser son destin.
2. Quelle est votre vision du rôle et des agences d’expertise ou sanitaires (ASN, ANSES, ANSM, ...) ? Avez-vous
confiance en leurs évaluations, ou craignez-vous que leurs avis soient partisans? Dans ce cas, qu’est-ce qui pourrait
être amélioré ?
Les agences qui exercent leurs expertises dans le domaine du nucléaire ou de la santé ne vivent pas hors de la société. Et
dans notre société capitaliste où le moteur est le profit des actionnaires des grosses sociétés, le risque est grand de voir
leur avis dévoyé. Une plus grande transparence dans les attendus de leurs conclusions, le contrôle de la communauté
scientifique et de la population, permettrait d’aboutir à un consensus éclairé et fiable. Dans la limite des connaissances,
bien évidemment.
3. Selon vous, quels acteurs ou dispositifs sont les plus pertinents pour juger des risques sanitaires ou
environnementaux d'une nouvelle technologie ?
Je pense que la communauté scientifique, dans sa dimension pluridisciplinaire est à même de formuler un avis qui fasse
consensus.
4.. L’épidémie Covid a mis en lumière certaines dérives du fonctionnement des institutions scientifiques (course à
la publication, effets de mode liés aux opportunités de financement, voire fraude scientifique pure et simple).
Quelle est votre position sur le fonctionnement de la recherche (publique ou privée) et les éventuelles mesures à
mettre en place pour corriger les problèmes ?
L’épisode de Covid a montré en effet un certain nombre de dérives qui ont pu être sinon corrigées, du moins dénoncées.
Mais cet épisode a surtout montré le gâchis énorme qui résulte de la concurrence entre équipes de recherche, sociétés
pharmaceutiques ou pays. Malgré toutes les déclarations humanistes des dirigeants, la vaccination s’est limitée aux pays
riches, laissant les pays pauvres démunis. Les gouvernements ont laissé les trusts pharmaceutiques se livrer à une course
aux milliards de profits effrénée. Mais cette politique à courte vue, celle de l’économie capitaliste laisse un champ
immense pour que de nouveaux variants possiblement plus agressifs apparaissent.
Aucune autorité n’a énoncé, et surtout mis en œuvre, cette évidence que le vaccin était un bien commun de l’humanité et
qu’il ne devait pas être source de profits privés.
5. Quelles découvertes scientifiques ou innovations technologiques vous paraissent majeures dans l'histoire de
l'humanité ?
De la maîtrise du feu et à sa production, à la possibilité pour les femmes de maîtriser leur fécondité, la liste est longue des
progrès scientifiques qui libèrent l’humanité des contingences de la nature. La mise en œuvre de l’agriculture et la
domestication d’animaux a joué un rôle fondamental pour que les sociétés se développent. Jusqu’à un certain point.
Reste encore à se débarrasser de l’exploitation de l’homme par l’homme...
6. Certains revendiquent une place dans le système de santé pour les médecines alternatives (remboursement par
la sécurité sociale, utilisation dans un cadre hospitalier, enseignement, production de diplômes officiels...). Qu'en
pensez-vous ?
Je ne suis pas pour qu’on mette en place un DEA de Rebouteux dans les facultés de médecine de même qu’il me paraîtrait
déplacé de promouvoir un Diplôme d’État de Cartomancienne, même si les uns comme les autres peuvent mettre à leur
crédit les 30 % de l’effet placebo
7. Pensez vous que la régulation des pesticides bio doit être basée sur les mêmes critères que celle des pesticides
de synthèse, ou que leur caractère "naturel" justifie d'employer des critères différents ?
Il est à la mode de mettre tout au « bio », sans qu’il soit toujours bien clair de savoir ce que cette notion recouvre. Le
caractère « naturel » ne garantit rien ! Le charbon et le pétrole ne sont-ils pas eux aussi naturels ? Les végétaux ont de
moyens de défense très naturels et très toxiques : le curare, l’arsenic, la ciguë, la cocaïne ...
En conséquence je me garderai bien de préconiser des critères différents en matière de pesticides. Car le Chlordécone,
produit non naturel, massivement utilisés dans les bananeraies des Antilles n’a-t-il pas été présenté comme inoffensif
pendant des décennies. Au mépris de la santé de la population, mais pour le plus grand profit des planteurs et de la société
qui le produisait.
8. Au vu du réchauffement climatique qui va impacter fortement le rendement des récoltes (cf dernier rapport du
GIEC), pensez-vous que les biotechnologies (notamment les OGM) soient pertinentes pour développer, par
exemple, des variétés résistantes aux sécheresses ou aux inondations ?
Dans cette société inégalitaire, les plantes transgéniques peuvent être autant un bienfait qu'un malheur, selon à qui et
comment elles servent ! Par exemple, celles qui permettent de supprimer les traitements insecticides sont bien utiles ! Ce
qui n'est pas le cas des plantes transgéniques qui permettent de répandre sans limite des herbicides, car elles sont devenues
résistantes à l'herbicide grâce à un gène incorporé !
Je défends l'idée que la population travailleuse des villes comme des campagnes puisse contrôler les travaux des firmes
semencières qui fabriquent ces plantes transgéniques. Certains scientifiques ont pris à cœur ce rôle et essaient de faire
comprendre les possibilités immenses comme les enjeux de ces recherches. Mais pour aller plus loin, il faudrait aussi que
la confiance s'établisse entre les fournisseurs, les chercheurs, les producteurs et les consommateurs... ce qui est une
impossibilité dans une société capitaliste fondée sur la recherche du profit maximum et immédiat et où règne le secret des
affaires... mais qu'une société dirigée par le monde du travail, sous le contrôle permanent de la population pourrait
organiser !
9. Faites-vous confiance à l’Autorité de Sûreté Nucléaire pour l’évaluation des risques liés au nucléaire ?
L’indépendance de l’ASN n’est en fait qu’illusoire. Les enjeux économiques qui dépendent de ses avis sont tels qu’ils ne
peuvent pas ne pas peser. Les déboires en cascade qui émaillent la construction de l’EPR de Flamanville sont à cet égard
éclairants. Construite avec un acier non conforme aux spécifications, la cuve du réacteur a reçu la bénédiction de l’ASN,
même si elle préconise un renouvellement avant la date prévue.
Dans ces conditions le degré de confiance peut difficilement être absolu !
Zorglub
 
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