Éditorial LO du 20 juillet 2026

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Éditorial LO du 20 juillet 2026

Message par Bertrand » 20 Juil 2026, 16:04

La politique écologique conséquente, c’est de renverser le capitalisme

Après avoir subi trois canicules en deux mois, nous voici confrontés à la multiplication des incendies et à une sécheresse historique. Ces phénomènes climatiques extrêmes se nourrissent les uns les autres dans un engrenage mortifère pour la nature, la faune et la flore.

À la crise sanitaire succèdent, maintenant, une nouvelle crise agricole et ce que certains appellent déjà la « guerre de l’eau ». Tous les départements ont déjà dû prendre des mesures locales de restriction d’eau, et plus de cinquante d’entre eux sont déclarés en situation de crise.

Nous sommes culpabilisés sur l’usage de la climatisation ou sur le fait de prendre l’avion. Eh bien, maintenant, on va nous faire la leçon sur notre consommation d’eau, regarder combien de fois on tire la chasse, combien de douches on prend et comment on arrose son jardin !

Renvoyer chacun à son comportement individuel est classique, quand il s’agit de dédouaner les premiers responsables, ceux qui dirigent la vie politique et économique. Le pire, c’est que pendant que l’on nous fait la morale, politiciens et capitalistes continuent leur politique destructrice de l’environnement.

La folle fuite en avant continue

En ce moment, le gouvernement tente de faire adopter une loi dite « d’urgence agricole » demandée par la FNSEA, le syndicat des plus gros agriculteurs. Outre la possibilité de réutiliser des pesticides interdits, notamment dans les champs de betteraves, cette loi prévoit le doublement des méga-bassines d’ici 2035. C’est une privatisation de l’eau par les plus gros producteurs, alors que celle-ci se fait de plus en plus rare et que des communes sont contraintes de la rationner.

Ces retenues artificielles ne sont une solution que pour la minorité d’agriculteurs qui irriguent et peuvent s’y raccorder, et elles aggravent l’état général de sécheresse pour tous les autres puisqu’elles prélèvent l’eau qui devrait alimenter rivières, prairies et nappes phréatiques.

Eh bien, au lieu de favoriser les productions agricoles les moins gourmandes en eau et anticiper sur l’avenir, c’est cette minorité de gros producteurs et exportateurs de maïs ou de blé que le gouvernement, la droite et l’extrême droite soutiennent ! Une fois de plus, le long terme et l’intérêt de l’écrasante majorité sont sacrifiés pour que le business de quelques-uns se perpétue !

Un permis de réchauffer la planète

Des tractations sont aussi en cours au sein de l’Union européenne, cette fois sous pression des industriels qui demandent un assouplissement de leurs objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. À l’heure où il faudrait forcer les multinationales les plus polluantes à mettre des moyens dans leur transition énergétique, les gouvernants font marche arrière. Toujours et encore au nom de la compétitivité !

Les gouvernants prêchent la sobriété au petit peuple, mais ils commandent toujours plus d’engins de mort, de chars et d’avions de chasse gloutons en matériaux et en énergie. Partout se construisent des data centers, grands consommateurs d’électricité et d’eau, alors qu’on peine aujourd'hui à refroidir les réacteurs nucléaires.

L’économie capitaliste est incontrôlable. Elle n’a jamais été organisée pour répondre aux besoins de la grande masse de la population ni pour prendre soin de la planète. Et elle ne peut pas l’être car la compétitivité, la guerre commerciale et l’accumulation de profits passent toujours avant les nécessités vitales.

Ce qui est produit et la façon dont on produit se décident en fonction de ce qui peut rapporter et dépendent des aléas du marché et de la concurrence. Aujourd'hui, comme l’État en fait un choix prioritaire et aligne les milliards, il est plus payant de fabriquer des avions de chasse ou des hélicoptères de combat que des Canadair.

Contre le réchauffement et le capitalisme

Enrayer le réchauffement climatique nécessite d’organiser rationnellement l’économie, la production de l’énergie, les systèmes de transport et de communication. Cela nécessite une planification à l’échelle internationale pour en finir avec la surproduction dans certains secteurs et avec la pénurie dans d’autres. Cela exige la maîtrise collective par les travailleurs des moyens de production, c’est-à-dire la suppression de la propriété privée des grands moyens de production.

Ceux qui cherchent une politique susceptible de sauver la planète et l’humanité doivent se tourner vers les idées communistes révolutionnaires, les seules porteuses d’une société qui pourra introduire de la conscience, de la raison et de l’humanité dans les rapports économiques et sociaux.

Nathalie ARTHAUD

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Bertrand
 
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