L'acteur Jean - Paul Belmondo est mort...

L'acteur Jean - Paul Belmondo est mort...

Message par Gayraud de Mazars » 06 Sep 2021, 16:56

Salut camarades,

Dans le Maitron on peut lire !

https://maitron.fr/spip.php?article16181

Né le 9 avril 1933 à Neuilly-sur-Seine (Seine, Hauts-de-Seine), mort le 6 septembre 2021 ; comédien ; président du syndicat français des acteurs (CGT).

Fils du sculpteur Paul Belmondo, Jean-Paul Belmondo fut scolarisé à l’École alsacienne, une des meilleures écoles privées de Paris, dont il fut renvoyé pour indiscipline. Il réussit le concours d’entrée au Conservatoire national d’art dramatique dont il suivit les cours jusqu’en 1956.

Encore étudiant, il fut découvert par Henri Aisner, à la recherche d’un jeune comédien qui ne parût pas issu de milieux bourgeois, pour un film commandé par la CGT. Les Copains du dimanche fut ainsi tourné en 1956, au lendemain de l’invasion de la Hongrie par les chars soviétiques et du rapport Khrouchtchev dénonçant les crimes de Staline. Confrontée à une forte baisse de ses adhérents, la CGT voulait que ce film constitue une propagande en faveur des comités d’entreprise, encore peu développés dix ans après leur création. Jean-Paul Belmondo incarna un ouvrier métallurgiste de dix-huit ans, ayant perdu son père à la guerre, travaillant 55 heures par semaine et habitant avec sa mère en banlieue ; son seul luxe : une guitare. Entraîné par un camarade dans la création d’un aéroclub ouvrier, le personnage se range du côté d’une jeunesse ouvrière honnête, laborieuse, solidaire, opposé à une jeunesse dorée, oisive et immorale. Le film décrit le double piège de division syndicale et de récupération patronale pour conclure en exaltant la force de l’union des syndicats et des générations.

Le film ne fut pas projeté en salles, car le syndicat des producteurs fit pression sur celui des distributeurs pour empêcher sa diffusion ; irrités par son plaidoyer en faveur de l’ouverture vers les autres syndicats, certains militants de la CGT n’en furent pas mécontents. Cependant le réalisateur Marcel Carné vit le film, y remarqua le comédien et le fit tourner dans Les Tricheurs, film sur la jeunesse dorée sorti en 1958. Rapidement, Jean-Paul Belmondo devint l’acteur fétiche des jeunes réalisateurs de la Nouvelle Vague en train d’émerger et qui devait marquer fortement l’histoire du cinéma français. En 1960, avec A bout de souffle de Jean-Luc Godard, il acquit une célébrité durable.

Comptant sur cette aura de modernité pour servir sa cause, le Syndicat français des acteurs (SFA) l’élut le 5 novembre 1963 à sa présidence pour remplacer Michel Etcheverry, qui assuma désormais avec Michel Piccoli la vice-présidence. Le syndicat espérait renouveler l’aventure menée en 1957 avec Gérard Philipe* qui, sollicité presque par hasard, s’était beaucoup investi dans ce rôle, son prestige rejaillissant sur la lutte syndicale. Or, quatre ans après le décès prématuré de Gérard Philipe, il s’adressait à celui-là même dont le tempérament et le style marquaient une rupture avec l’acteur culte de l’après-guerre. En effet, critiques aux Cahiers du cinéma dans les années cinquante, les réalisateurs de la Nouvelle Vague avaient été les seules voix discordantes, acerbes même, à l’égard de Gérard Philipe, de son jeu, du mythe qu’il devenait ; en utilisant Jean-Paul Belmondo pour incarner un héros voyou et désinvolte, beau gosse sans pathétisme, ils imposaient un style d’acteur différent. Les deux comédiens divergeaient également sur le plan politique. Engagé dans le combat pour la paix, Gérard Philipe avait été un compagnon de route du Parti communiste jusqu’à l’entrée des chars russes dans Budapest. Jean-Paul Belmondo se défiait du communisme et accepta, mais non sans réticence la présidence du SFA, affilié à la CGT. Néanmoins, à l’occasion de sa ré-élection en septembre 1965, il confia : « Si nous faisons tous partie de la CGT, c’est parce que c’est le seul syndicat qui nous soutienne. »

Il se révéla peu disponible. Aussi Robert Sandrey, le délégué général, le tenait-il scrupuleusement au courant de la vie interne et externe du SFA, et lui soumettait-il lettres et documents à signer, insistant pour que le comédien ne soit présent qu’en cas de nécessité extrême - et n’y réussissant pas toujours. Malgré tout, dans ces limites-là, Jean-Paul Belmondo se plia au jeu, défendant publiquement le syndicat, le mentionnant dans ses interviews. Ainsi s’exprimait-il en décembre 1964 dans La Vie ouvrière, l’hebdomadaire de la CGT : « C’est un syndicat comme les autres. Je sais que vous allez penser aux vedettes, aux gros cachets... Nous sommes quoi, une dizaine peut-être ? N’en parlons pas, car là il ne s’agit plus à proprement parler de notre métier d’acteur. Nous sommes traités à ce niveau non pas comme des comédiens, mais comme des marques de pâte dentifrice. Ce n’est pas ça le spectacle. Le spectacle, ce sont les quelque vingt mille comédiens, acteurs de cinéma, de théâtre, de télé, qui travaillent quand on veut bien leur en donner l’occasion et dont beaucoup ont bien du mal à vivre de leur métier, ce métier qu’ils ont choisi et qu’ils aiment. Et ceux-là, je vous assure, ils ont besoin d’être syndiqués et de se battre pour la vie. J’ai des tas d’amis qui travaillent trois mois par an et moins parfois. Mais il faut manger pendant douze mois. Les sources d’emploi, voilà le problème. » Car, en ces années, le souci majeur du syndicat était l’exploitation des comédiens par la télévision, qui n’était pas encore astreinte à la législation du travail en vigueur dans le cinéma et le théâtre ; aussi, des pourparlers furent-ils engagés pour assurer aux acteurs un paiement en cas de rediffusion. Le déclin du théâtre, concurrencé par le cinéma et la télévision, constitua une autre préoccupation du syndicat qui, pour y remédier, apporta son soutien au Comité de sauvegarde du théâtre.

En 1965, Jean-Paul Belmondo fut reconduit à la présidence du SFA tout en demeurant très sollicité par le cinéma et par son propre vedettariat. Son absentéisme chronique finit par générer une certaine amertume. En particulier, il fut critiqué - sur la forme plus que sur le fond, lui précisa Robert Sandrey - à la suite d’un entretien avec Michel Cournot* dans Le Nouvel Observateur, où il se montrait caustique à l’égard du Conservatoire d’art dramatique. Le syndicat lui demandant un rectificatif, il refusa ; peu après il annonçait sa démission, rendue officielle en septembre 1966 : « La profession dans la période de trouble si grave qu’elle traverse, disait-il, avait besoin d’un président plus actif, et surtout plus présent. » Dès lors il poursuivit une carrière de premier plan.


Belmondo.jpg
CGT et Belmondo
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Re: L'acteur Jean - Paul Belmondo est mort...

Message par Kéox2 » 06 Sep 2021, 20:58

Merci Gayraud d'avoir rappelé qu'il avait pris des responsabilités syndicales à ses débuts, c'était tout à son honneur. Son décès m'attriste, j'appréciais tout autant JP Belmondeau à ses débuts dans "A bout de souffle", que dans "l'Homme de Rio" ou encore dans le "Magnifique" et j'en oublie. Un très grand acteur vraiment populaire, il me semble que c'était quelqu'un de vrai, d'humain, plutôt discret, pas prétentieux... Ce qui reste assez rare dans le milieu du cinéma. JP Mercier a publié quelques mots aujourd'hui sur lui sur sa page Facebook...
Kéox2
 
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Re: L'acteur Jean - Paul Belmondo est mort...

Message par artza » 07 Sep 2021, 08:58

L'As des as.

Un film tout public joyeux et sain.

Les athlètes français aux JO de Berlin saluant Hitler bras tendus!
artza
 
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Re: L'acteur Jean - Paul Belmondo est mort...

Message par Plestin » 07 Sep 2021, 14:15

Incontestablement très populaire ! Combien de jeunes hommes (d'une autre époque) s'identifiant à lui et cherchant à singer "Bébel"... C'était drôle !
Plestin
 
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Re: L'acteur Jean - Paul Belmondo est mort...

Message par Byrrh » 09 Sep 2021, 18:44

Le Cinéma de Minuit, après avoir été 2 ans sur France 5, revient sur France 3 mais toujours à des horaires impossibles.

Dans la nuit de vendredi à samedi, à 1h05, il chamboulera sa programmation pour diffuser une rareté avec Jean-Paul Belmondo et Claudia Cardinale : La viaccia de Mauro Bolognini (1961). L'écrivain Vasco Pratolini, dont on a déjà parlé sur ce forum, a participé au scénario.

Un peu plus tôt ce soir-là, à 23h05, France 3 diffusera également Stavisky d'Alain Resnais (1974), avec Belmondo dans le rôle-titre.
Byrrh
 
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Re: L'acteur Jean - Paul Belmondo est mort...

Message par artza » 10 Sep 2021, 08:28

C'est dans ce film, le viol de l'héroïne et de sa fille par des tabors de l'armée française dans une église ?

Cette scène aurait été censurée pour certaines projections en France?
J'ai peut-être la mémoire gambadeuse.
artza
 
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Re: L'acteur Jean - Paul Belmondo est mort...

Message par Byrrh » 10 Sep 2021, 09:13

Ah, je ne saurais dire, je n'ai encore jamais vu ce film. Il était sorti sur les écrans français sous le titre Le mauvais chemin.
Byrrh
 
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Re: L'acteur Jean - Paul Belmondo est mort...

Message par yannalan » 10 Sep 2021, 09:51

Non Artza, le film dont tu parles c'est "la ciociara"
yannalan
 
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Re: L'acteur Jean - Paul Belmondo est mort...

Message par Ottokar » 10 Sep 2021, 10:15

si je peux me permettre un bémol dans ce concert de louanges qui envahi même ce forum, j'ai aimé le Bébel populaire et sans prétention de l'Homme de Rio, des Tribulations d'un chinois en Chine ou de Cartouche, le Bébel touchant, malheureux et bourré d'Un singe en hiver, mais je ne supportais pas le Bébel cabot et vulgaire des films commerciaux qu'il a enchaînés ensuite.
Pour son rôle dans la CGT je ne savais pas, c'est tout à son honneur
Ottokar
 
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Re: L'acteur Jean - Paul Belmondo est mort...

Message par Byrrh » 10 Sep 2021, 10:57

Assez d'accord avec Ottokar. Le Belmondo le plus intéressant, c'est celui des 10 ou 15 premières années de sa carrière cinématographique.
Byrrh
 
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