En tant que personnes de gauche...
Un aspect de l'activité de l'organisation-soeur des camarades de RP en Allemagne :
https://www-klassegegenklasse-org.trans ... r_pto=wapp
........Anasse Kazib est candidat à la présidentielle pour faire entendre la voix de la nouvelle classe ouvrière.......
...
Cela conduit LO à mener des campagnes routinières et de témoignage, centrées sur quelques revendications économiques anticapitalistes, et qui peinent à convaincre notre classe.
...
Ni sa logique défaitiste, toujours plus en décalage avec la crise de l’ordre international et le retour en force de la lutte de classes depuis 2008, ni son approche ouvriériste n’est capable de convaincre la nouvelle classe ouvrière.
...
Nous ne reprendrons pas ici toute une série de réflexions développées ailleurs sur la question de la « forme actuelle » de la révolution permanente et sur les problèmes qu’elle pose à la théorie.
Nous nous contenterons de souligner que l’apport de Trotsky dans ce domaine est fondamental, car la théorie de la révolution permanente permet d’établir des paramètres pour comprendre les tendances générales du processus historique et, en même temps, les conditions d’émergence du nouveau. Il ne fait aucun doute que les situations dans lesquelles les dynamiques classiques qu’elle avait prévues ne se retrouvent pas constituent un défi pour la théorie. Mais un cadre théorique clair, qui aspire à la systématicité, permet de mieux penser la singularité et la spécificité des processus actuels, par exemple la question du rapport entre révolte et révolution, ou encore la réduction de la révolution permanente à ses formes élémentaires.
L’hégémonie comme dynamique politico-sociale
La question de l’hégémonie dans la politique contemporaine oscille entre diverses caricatures. Associée par l’extrême droite à l’idée de « bataille culturelle » (qui renvoie aux interprétations de Gramsci issues des conférences des armées américaines des années 80) et, chez les « progressistes » (mais aussi dans certains secteurs de la gauche), avec une approche centrée sur l’énonciation d’un discours (qui renvoie à Ernesto Laclau et Chantal Mouffe), le concept s’est progressivement vidé de son sens et banalisé, imposant – dans les faits – une mauvaise lecture de Gramsci : un Gramsci sans Machiavel, sans analyse des rapports de force et sans stratégie.
C’est pourquoi il est fondamental de revenir à la conception de Trotsky sur le sujet, précisément parce qu’elle met l’accent sur ce que les lectures mainstream ont oublié : le rapport entre hégémonie et lutte des classes.
Il faut préciser qu’à l’origine, Trotsky n’était pas convaincu par cette idée. Comme il le rappelle dans son Histoire de la Révolution russe, à la veille de la Révolution de 1905, le terme s’était popularisé au sein du bolchevisme comme explication principale de l’impossibilité d’une dictature du prolétariat en Russie. Pourtant, comme nous l’avons abondamment démontré dans Hégémonie et lutte des classes, Trotsky développe sa propre vision de l’hégémonie.
Il ne s’agit pas de « faire un discours » ni, de manière générale, de « mettre en avant des revendications », mais bien d’unir les revendications de tous les secteurs opprimés de la société (comme les femmes ou les peuples opprimés), à une lutte très déterminée pour les revendications propres à la classe ouvrière. Le développement conséquent de cette lutte implique la construction de son propre pouvoir et de formes spécifiques de démocratie prolétarienne (les conseils).
C’est ce que nous avons appelé une conception de l’hégémonie en tant que dynamique politico-sociale, et c’est une idée particulièrement puissante à une époque où la politique se vide de son contenu pour devenir une politique médiatique et des réseaux, tandis que les dynamiques sociales dominantes tendent vers la fragmentation, à commencer par la structure interne de la classe ouvrière elle-même.
Retour vers Politique française
Utilisateur(s) parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 29 invité(s)