Sur les sites NPA

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Re: Sur les sites NPA

Message par com_71 » 12 Mai 2021, 10:11

Plestin a écrit :Bref le bon vieux défaut du NPA et plus largement de l'extrême-gauche dans le monde entier, visant à ne plus voir que de gros phénomènes à force de regarder à travers une loupe...

Oh que oui ! Par exemple, C.Harman, de la direction du SWP en Grande-Bretagne, écrivait en 1982 cette affirmation surréaliste : "Depuis 1968, le monde est entré dans une nouvelle période de secousses révolutionnaires : la France en 1968, le Chili en 1972-73, le Portugal en 1974-75, l’Iran, le Nicaragua et El Salvador en 1979-80. Dans chacune d’entre elles, la force qui était centrale dans les événements d’Allemagne de 1918-23, la classe ouvrière industrielle, a joué un rôle fondamental..." (The Lost Revolution: Germany 1918-23, Introduction).
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Re: Sur les sites NPA

Message par Sinoue » 15 Mai 2021, 17:39

Je ne connais que peu de membres du NPA, quelle que soit la tendance, j’ai donc bien du mal à me forger une opinion quant à ces derniers revirements, malgré tout significatifs à la modeste échelle de l’extrême gauche française. Né il y a 12 ans, le NPA s’est rapidement englué dans un état de crise permanente. Phénomène prédit par bien des commentateurs, les protagonistes de ce nouveau n’en ignoraient pas les risques, mais désiraient en faire l’expérience tout de même. J’ai trouvé l’expérience bancale d’entrée, tant les débats qui cristallisaient le parti anticapitaliste n’avaient pas grand-chose à voir avec le développement de la lutte de classe : le port de l’uniforme sexiste uniquement pour les femmes, les alliances avec les partis bourgeois…

Si les années 2000 annonçaient des lendemains potentiellement plein d’espoir pour l’extrême gauche, grâce notamment aux scores électoraux inversés par rapport à la déconfiture achevée du PCF ; les années 2010 ont révélé une extrême gauche délaissée par la majeure partie de la jeunesse, notamment sa partie radicalisée plus intéressée par le combat religieux, et aussi délaissée par une partie des classes populaires désormais méfiante envers toute forme d’organisation pré-existante. La génération liée à mai 68 est en train de partir à la retraite, et les plus jeunes générations ne semblent pas prendre le relais militant, ni du point de vue de la ferveur, ni du point de vue de la réflexion théorique. Pourtant le capitalisme est toujours là, en train de mener l’humanité à sa perte.

Quelle perspective pour l’extrême gauche révolutionnaire, plus d’un siècle après la dernière révolution prolétarienne victorieuse ? Si ses sections françaises faisaient figure d’eldorado au vue des camarades étrangers, ce n’est désormais plus qu’un lointain souvenir, les quelques implantations ouvrières sont très clairsemées, en tout cas ne sont pas en mesure de servir de noyau d’appui pour les prochains mouvements prolétariens. Que faire ? Aujourd’hui, comme depuis longtemps, il ne reste, selon moi, que 4 politiques proposées par les « forces » en présence.

Soit, comme semble le faire le groupe « Révolution permanente », on continue la politique du NPA, pourtant déjà hégémonique au cours de la dernière décennie. C’est ce que semble prétendre ce courant dominant en rappelant à l’ancienne direction les « principes fondateurs » du APA (Ancien Parti Anticapitaliste ^^). En quoi consiste cette politique ? C’est au gré de chacun de juger : j’y vois un mélange de gauchisme dans les paroles, mêlée à des tractations à mi-mots envers les partis réformistes afin de grossir artificiellement les rangs du « parti ». Cette politique déjà pratiquée par feu la LCR depuis des décennies, avec les résultats que l’on sait : un délitement progressif des rangs militants, dont les plus convaincus finissent par grossir les rangs des partis bourgeois. Donc si la situation sociale ne bouge pas, on risque de voir Anasse Kazib papoter avec les « réformistes » d’ici une quinzaine d’années. Qu’est-ce qui différencierait l’ancien du nouveau NPA ? Seule une remontée des luttes pourrait éclairer ces camarades sur l’incohérence de cette politique, puisque des décennies d’échecs et de trahisons n’y parviennent pas.

Quelle autre politique l’extrême gauche révolutionnaire pourrait-elle proposer ? Celle qui est encore largement hégémonique, non pas dans le milieu spécifiquement militant, mais chez les gens qui souhaitent simplement se mettre à l’écart de l’exploitation capitaliste : le large courant libertaire qui s’est notamment signalé lors de « Nuit debout », incitant les jeunes révoltés à refuser toute forme d’organisation « pyramidale », et à ne plus occasionner la moindre référence à la lutte de classe. S’il ne s’agit pas d’un courant structuré en tant que tel, il est assez dominant : les ZAD, les organisations à vocation libertaire, une partie des gilets jaunes… Je pense qu’il n’est qu’une conséquence des nombreuses défaites ouvrières : « Puisque nous n’arriverons pas à renverser la dictature capitaliste, prenons-en acte, et contentons-nous de vivre à côté ». Rien de neuf sous le soleil, ce n’est là qu’une nouvelle résurgence des vieilles rêveries coopératistes, démontées au XIXème siècle par… les faits et l’argumentation marxiste. Tant que la classe ouvrière ne réagira pas, qu’elle laissera la bourgeoisie maintenir des millions de gens au chômage à ses côtés, ce courant « d’idées » restera dominant, emprunt d’esprit petit bourgeois individualiste.

Il existe encore une autre politique très minoritaire, mais qui connaît un certain succès, se rapprochant d’ailleurs du premier décrit. Il s’agit de la vieille méthode dite « trotskyste » de l’infiltration de partis « de gauche » aux effectifs militants pas trop minables, autrement dit « l’entrisme ». J’en parle car, dans ma région, les organisations pratiquant cela semblent connaître un regain d’intérêts auprès de jeunes militants. Je pense que c’est une politique assez proche de celle du NPA car elle part de ce constat : « On regarde autour de nous, il n’y a pas de jeune génération révolutionnaire (contrairement à ce qu’explique Révolution permanente), alors il faut aller là où les quelques jeunes politisés se trouvent : dans les partis réformistes. Certains se raccrochent aux explications de Trotsky dans les années 30… alors que la situation n’a rien à voir. Bref, c’est aussi une conséquence de l’absence de combats d’envergure, qui ne forme pas de noyaux militants spécifiquement ouvriers, entrainant les militants révolutionnaires à ne pas assumer leur propre politique étant donné qu’ils ne disposent pas de base ouvrière suffisante, ceci dans le but de justifier sa propre existence. C’est la « politique » que pratique aussi l’ex-fraction l’étincelle, à un autre degré. C’est ce que pratique le groupe TMI (Tendance Marxiste internationaliste) au sein de LFI, à l’aide d’un nombre non négligeable de jeunes recrues. La différence est que Trotsky justifiait cela par la mainmise dictatoriale qu’imposaient les staliniens sur la classe ouvrière, phénomène absent de nos jours.

La dernière politique consiste à… militer en direction de la classe ouvrière, en tant que seule classe à même de pouvoir renverser la dictature bourgeoise. C’est-à-dire à persévérer la politique communiste révolutionnaire. Mais pourquoi vouloir continuer cela alors que cette politique a montré son échec depuis de nombreuses décennies ? Tout simplement parce-que je n’en vois pas d’autres ^^ Reste à se demander pourquoi la classe ouvrière reste autant muette malgré toutes ces attaques ? On peut trouver plein d’explications : ceux qui ont un boulot se considèrent déjà chanceux de leur situation, les nombreuses trahisons des partis se réclamant de la classe ouvrière qui discréditent les « nouvelles », la longue expérience de la bourgeoisie qui sait comment redistribuer les miettes du Capital afin d’éviter toute révolte, les licenciements et délocalisations qui désertifient les noyaux militants, la terrifiante dictature bourgeoise qui dissuade les quelques têtes révoltées de sortir du rang… bref, on peut trouver 1000 explications à cette lutte de classe qui semble ne fonctionner que dans un sens. Néanmoins, la majeure partie des gens continue à travailler durement pour ne récolter que des clopinettes.

Le militantisme en milieu ouvrier est très désespérant aujourd’hui, du moins selon mon expérience personnelle. Je pense que ce n’est pas une raison pour en abandonner l’orientation. En vertu de la paupérisation de la majeure partie de sa population, le capitalisme n’investit plus dans la production industrielle, plus assez bénéficiaire ; alors la spéculation devient la « valeur-refuge », en témoigne le succès spectaculaire des « bitcoins », annonçant en partie le prochain krach financier. Mais il ne s’agit pas d’attendre avec espérance une nouvelle crise majeure du capitalisme, celui-ci arrive systématiquement à s’en relever : ou en pratiquant le fascisme afin d’exterminer toute velléité ouvrière, ou en misant sur l’endettement de l’état chargé d’entretenir le « surplus » au sein « d’ateliers nationaux », de grands chantiers, un New Deal quoi.

Comment redonner espoir à une jeunesse militante, alors que la situation est proprement désespérante ? Comment construire un parti révolutionnaire alors que la période ne l’est pas ? Il n’y a pas de recette miracle, et justement, le principe est de ne pas illusionner les militants avec de faux espoirs : Contrairement à ce que dit « Révolution permanente » en se regardant le nombril, il n’y a pas réellement de nouvelle génération révoltée, du moins pas encore. Il est désormais temps de construire un grand parti regroupant toutes les personnes subissant l’exploitation capitaliste, sans perdre de vue le fait que seule la classe ouvrière a les moyens techniques d’organiser un nouveau type de société. La classe ouvrière n’a jamais été aussi nombreuse à l’échelle du monde, et le capitalisme a rarement employé autant de régimes ouvertement dictatoriaux. Il n’est pas impossible que ce durcissement de la lutte de classe abaisse les illusions réformistes de certains, mais cela ne suffit pas, il faut aussi sincèrement réfléchir à quel type d’organisation on monte. C’est pourquoi j’ai pondu ce pavé ^^
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Message par Gayraud de Mazars » 15 Mai 2021, 18:00

Salut camarade Sinoue,

Sinoue a écrit :C’est ce que pratique le groupe TMI (Tendance Marxiste internationaliste) au sein de LFI, à l’aide d’un nombre non négligeable de jeunes recrues. La différence est que Trotsky justifiait cela par la mainmise dictatoriale qu’imposaient les staliniens sur la classe ouvrière, phénomène absent de nos jours.


Si cela est vrai, les stratégies entristes et tactiques élaborées par Ted Grant avec Militant et le Labour en Grande Bretagne, auquel se réfèrent autant Révolution (TMI en France), que La Riposte (dans le PCF), pose le problème de la pertinence de ces actions de longue durée. La TMI a gagné sur sa pratique vers la jeunesse et LFI de jeunes camarades, comme La Riposte, plus dans les milieux salariés et syndicaux, mais si le stalinisme s'est effondré, il faut toujours, à mon sens militer à drapeau déployé dans les parti traditionnels de la Classe Ouvrière qui représentent, comme le PCF encore, des dizaines de milliers d'adhérents.

Le vrai problème de Révolution c'est que la LFI n'est pas un parti politique, c'est un mouvement, sans structures réelles, ni cotisations... Comment militer dans un phénomène gazeux en perte de vitesse ?

Fraternellement,
GdM
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Message par artza » 17 Mai 2021, 16:27

Le problème de Révolution c'est de trouver une locomotive après on peut s'imaginer être le mécano.
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Message par Kéox2 » 17 Mai 2021, 19:11

Avec ces groupes trotskistes "entristes" d'aujourd'hui, on est bien loin de l'entrisme préconisé par L. Trotsky dans les années 30 pour des petits groupes à prédominance petits bourgeois dans des partis (encore) ouvriers où il était possible de militer drapeau déployé pour y gagner une base ouvrière, notamment dans la jeunesse de ces partis et ensuite d'en sortir renforcés... Je vois d'ailleurs mal une base ouvrière chez LFI par exemple.
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Re: Sur les sites NPA

Message par artza » 17 Mai 2021, 19:53

En fait dans les années 1975...c'est le PS qui a fait de l'entrisme dans l'OCI et la LCR...
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Re: Sur les sites NPA

Message par Gayraud de Mazars » 19 Mai 2021, 16:27

Salut camarades,

La "scission" au NPA se précise... C'est bien triste tout ce déballage...

Débats sur le site de Révolution Permanente !

Anasse Kazib et les militants de Révolution Permanente menacés d'exclusion du NPA
Comité de Rédaction
Le mercredi 19 mai 2021

https://revolutionpermanente.fr/Anasse- ... ion-du-NPA

A la veille d'une Conférence nationale sur la Présidentielle...

Nouvel épisode dans la crise profonde que traverse le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) : l'ancienne majorité assume son intention de pousser vers la sortie les militants de Révolution permanente. Une façon d'évacuer la question de la pré-candidature d'Anasse Kazib, tout en se redonnant de façon artificielle une majorité qu'elle avait perdue à la base de l'organisation, afin de l'entraîner dans sa politique de rapprochement avec La France insoumise (LFI), déjà en cours pour les élections régionales à venir.

Comme c’est malheureusement courant au sein du NPA, où les débats stratégiques et sur le projet du parti ne peuvent jamais faire l’objet de débats et bilans sérieux, les désaccords finissent par se cristalliser autour des questions électorales. Il en avait été ainsi en 2012, lorsque plus de la moitié de la direction issue de la LCR avait quitté le NPA pour le Front de gauche de Mélenchon, et il en est à nouveau ainsi aujourd’hui, autour de la séquence régionales-présidentielle. C’est d’autant plus le cas que le 5e congrès du NPA, qui aurait dû avoir lieu en février 2020, a été sans cesse repoussé et pourrait même ne pas intervenir avant la fin 2022.

Deux projets opposés

Le NPA est ainsi profondément divisé entre deux projets, débouchant sur deux voies opposées pour un dépassement stratégique après l’échec évident de la démarche lancée en 2009.

Le premier projet est celui incarné aujourd’hui dans la politique de l’ancienne majorité (minoritaire de peu lors du dernier congrès tenu en février 2018, elle l’est beaucoup plus nettement aujourd’hui) à travers ses listes communes avec LFI en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine, incluant la possibilité d’accords de deuxième tour avec le Parti socialiste (PS) et/ou Europe écologie – Les Verts (EELV). Une telle politique implique de fait la liquidation du NPA en tant qu’organisation basée sur l’indépendance de classe, et donc l’indépendance vis-à-vis de la gauche institutionnelle. C’est en cohérence avec cela, d’ailleurs, qu’une partie non négligeable de l’ancienne majorité (dont la porte-parole du NPA, Christine Poupin) fait part de son opposition au fait que le NPA ait une candidature propre, quelle qu’elle soit, en 2022 et penche dès maintenant pour un vote Mélenchon.

L’autre projet cherche une issue à la crise du NPA du côté d’une fusion avec la nouvelle génération de militant-e-s ayant émergé dans les grandes mobilisations qui ont traversé le pays depuis 2016, de même que dans un dépassement du flou stratégique qui a marqué l’organisation depuis sa fondation. Cela impliquerait une refondation du NPA, vers un parti s’assumant comme révolutionnaire, préoccupé de mieux s’insérer parmi les travailleurs et ayant son centre de gravité dans la lutte de classe, loin des accords entre appareils politiques et/ou syndicaux. C’est ce second projet que portent les militantes et militants de Révolution permanente, et qui se trouve de fait incarné dans la pré-candidature d’Anasse Kazib.

La démocratie interne au NPA est aujourd’hui quasi inexistante. Les listes LFI-NPA pour les élections régionales en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie ont été constituées dans le dos des organismes de direction, tout comme de nombreux militants (et, au moins dans un cas, une majorité) des régions concernées. Pourtant, dès que la pré-candidature d’Anasse Kazib a été rendue publique, elle a été attaquée par l’ancienne majorité comme illégitime, puis carrément comme participant d’une opération « contre le NPA ». La réalité est que la principale menace pesant sur le NPA est la volonté de scission affichée par une partie de sa direction depuis bientôt un an, avec pour but de redonner à l’ancienne majorité « le pouvoir » afin d’engager le NPA vers sa liquidation politique.

La campagne contre la pré-candidature d’Anasse et pour l’exclusion de Révolution permanente

Bien que rien dans les statuts du NPA n’interdise à un militant d’annoncer publiquement qu’il se propose pour être candidat à une élection, et qu’Anasse ait toujours eu soin de préciser qu’il versait cette proposition aux débats et à la décision des militants, une campagne interne a été déclenchée et culmine à travers des motions demandant l’exclusion de l’ensemble des militants de Révolution permanente. Dans une organisation qui en général a toujours été plutôt hostile à ce type de procédé, encore plus en dehors d’un congrès, seule instance légitime pour prendre ce type décision, il s’agit indéniablement d’une « nouveauté ».

Depuis quelques jours, cette offensive a franchi un seuil, avec l’envoi aux membres du comité exécutif du NPA d’un texte prônant l’exclusion de Révolution permanente de la conférence nationale censée trancher la politique et l’éventuel candidat du NPA pour la présidentielle. « Il [le courant Révolution Permanente] se comporte comme un parti profondément différent du NPA, il ne peut donc pas prétendre à discuter et trancher les choix d’un autre parti, fût-il celui auquel certain.e.s de ses membres ont appartenu plus ou moins longtemps et activement », peut-on lire à la fin de cette contribution signée par la totalité des membres de l’ancienne majorité au sein du comité exécutif.

Le problème de fond ne serait donc plus la méthode employée dans l’annonce de la pré-candidature d’Anasse, mais un problème plus structurel avec le courant et le projet qu’il représente. Un courant rendu coupable de défendre l’idée d’un « parti d’avant-garde trotskyste » en opposition à celle des « partis larges », ainsi que de critiquer la politique de la direction actuelle. Le texte cible particulièrement l’intervention de clôture d’Anasse dans un meeting internationaliste en ligne lors du dernier 1er mai, « au cours duquel la politique menée aux élections régionales en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie est qualifiée de ‘‘tournant à droite de l’ex-majorité’’, de ‘‘capitulation’’, ou encore de listes ‘‘qui préparent le terrain à la campagne présidentielle de JLM’’… bref qu’une ‘‘ ligne rouge a été franchie’’. »

Coupable enfin, et c’est à la fois le fond du problème et l’argument le plus risible, d’avoir eu… du succès ! Eh oui, le texte accuse « les succès indéniables rencontrés par ce courant, à partir de l’animation du site en propriété exclusive Révolution Permanente » et laisse par là apparaître les vraies raisons d’un tel acharnement : alors que le NPA a perdu plus de 7000 adhérents depuis sa fondation et a joué un rôle marginal dans la vague de lutte de classe qui a touché le pays entre 2016 et 2020, les « sectaires » de Révolution Permanente ont fait la démonstration que l’on pouvait s’assumer révolutionnaires et toucher largement des milieux ouvriers et populaires, qu’on pouvait construire le parti dans la lutte de classe, en recrutant de nouveaux militants ouvriers, qui ont modifié le rapport de forces interne. C’est bien cela qui dérange l’ancienne majorité qui voudrait entraîner le NPA dans un chemin inverse.

Vers une farce de conférence nationale et l’exclusion de nombreux militants ouvriers et issus des quartiers populaires

Cependant, pour aboutir à ses fins, la direction ne peut pas laisser s’exprimer la voix démocratique de l’ensemble des militants, raison pour laquelle elle cherche à ce que la conférence nationale soit verrouillée d’avance, en évitant le débat contradictoire sous prétexte que des partisans de l’ex-majorité ont écrit dans des motions qu’ils ne souhaitent plus se réunir avec les militants de Révolution Permanente, et d’autres qui partagent peu ou prou leurs positions, en essayant ainsi de remettre en cause la participation de celles et ceux qui constituent la principale opposition à la direction actuelle.

Une telle caricature de conférence nationale ne déboucherait sur rien de légitime et, face à l’impératif de l’obtention des 500 signatures de maire, ne permettrait probablement pas de présenter effectivement un candidat.

En poussant vers la sortie Anasse et Révolution permanente, la direction du NPA fait plus qu’empêcher la tentative de porter une candidature révolutionnaire qui dialoguerait avec les milieux les plus exploités et opprimés de notre classe, en exprimant une convergence entre les idées marxistes et une nouvelle génération d’ouvriers combatifs. Elle cherche à se débarrasser de nombre de militants ouvriers ayant mené des luttes déterminées, parfois exemplaires, de camarades issus des quartiers populaires et de l’immigration qui avaient rejoint le NPA, malgré ses défauts, afin de lutter pour un changement révolutionnaire de la société.

On se trouverait ainsi dans une situation totalement inédite : une organisation d’extrême-gauche, composée majoritairement d’enseignants et de cadres de la fonction publique, dont les effectifs diminuent un peu plus à chaque congrès ou conférence, déciderait d’exclure de ses rangs des centaines de militants ouvriers et jeunes. Parmi eux Adrien Cornet, animateur de la grève de la raffinerie de Grandpuits, Gaëtan Gracia, à l’origine de la coordination d’entreprises de l’industrie aéronautique dans la région de Toulouse au début de la pandémie, Christian Porta, syndicaliste dans l’agro-alimentaire et figure Gilet jaune en Moselle, Rozenn, jeune travailleuse précaire en lutte contre la direction de Chronodrive, qui l’a licenciée après qu’elle avait dénoncé le harcèlement sexuel au sein de l’entreprise, et de très nombreux militants signataires de cette contribution publiée précédemment sur RP.

Quel sens politique à tout cela ?

On peut craindre qu’une organisation cherchant à se séparer à tout prix de ce type de militants se prépare à autre chose qu’essayer d’intervenir le plus efficacement possible dans les processus de lutte des prochaines années ; et que sa préoccupation soit plutôt de trouver des raccourcis, comme celui empruntés par les amis de l’ancienne majorité du NPA dans l’Etat espagnol, qui ont accepté de dissoudre leur organisation (Izquierda Anticapitalista) dans Podemos, ce qui les a amené à cautionner la politique de plus en plus institutionnelle de Pablo Iglesias, avant sa débâcle dans un gouvernement commun avec le PS, puis une chute vertigineuse qui a débouché sur son retrait de la politique.

Le nouveau régime « centraliste-bureaucratique », sans droits réels de tendance et de fraction, qu’essaie d’imposer l’ancienne majorité du NPA et vers lequel l’exclusion du CCR constitue un premier pas, est un moyen d’avancer dans ce sens [1].

Malheureusement des courants de la gauche du NPA, tout en critiquant l’orientation mise en œuvre lors de ces régionales, restent sur une utopique défense du statu quo du NPA actuel, en finissant par s’adapter dans les faits à la politique de l’ancienne majorité. Alors que le projet du NPA a clairement échoué, que l’organisation et sa direction ont montré leur faible utilité du point de vue de la lutte de classe, et qu’est en œuvre un processus de liquidation de cet outil très imparfait dans un projet encore plus flou et ouvert sur la gauche institutionnelle, ces camarades choisissent de renvoyer dos à dos la pré-candidature d’Anasse et la politique menée dans les régionales par l’ex-majorité. Ils proposent une candidature consensuelle, qui pourrait même être issue de l’ancienne majorité, à condition qu’ils disposent de quelques porte-parole de campagne. Un tel positionnement est d’autant plus problématique que les tendances de gauche sont numériquement majoritaires et pourraient imposer un candidat de rupture avec l’orientation actuelle et la direction qui en est porteuse.

[1]Izquierda Anticapitalista avait d’ailleurs, elle aussi, exclu son aile gauche au moment de son entrée dans Podemos.


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Re: Sur les sites NPA

Message par com_71 » 27 Mai 2021, 12:00

NPA, la perspective d'une division se précise [sur le site de "Révolution Permanente"] :
https://www.revolutionpermanente.fr/NPA ... opposition
L’intérêt ne pense pas, il calcule. Les motifs sont ses chiffres. K. Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois » 1842.
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Re: Sur les sites NPA

Message par pouchtaxi » 27 Mai 2021, 13:04

Le CCR affirme dans le texte mis en ligne par GdM :

« …..toucher largement les milieux ouvriers et populaires….. »



Cette citation est un lien dans le texte d’origine qui renvoie à une autre page du site de Révolution Permanente comptabilisant un nombre de connexions à leur site.

Inutile de commenter le caractère problématique d’une telle évaluation. Le CCR fait de la politique sur le mode des "influenceurs" du net !

Comment qualifie-t-on une telle distorsion entre ce qu’on est et ce qu’on prétend être ?
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Re: Sur les sites NPA

Message par Duffy » 27 Mai 2021, 15:55

En parlant du CCR, leur maison d'édition réédite le Programme de transition, accompagné de textes apparemment "inédits en français" :
https://editionscommunardes.fr/produit/ ... evolution/
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