Sur les sites NPA

Tout ce qui touche de près ou de loin à l'actualité politique en France

Re: sur le site du NPA

Message par artza » 14 Oct 2014, 08:10

...et que Mediapart a diffusé après avoir contacté Poutou.

Dans quel but ? Et en quoi c'est intéressant ? Aux uns et aux autres de nous le dire.
Et puis quelle importance, entre nous?
artza
 
Message(s) : 1936
Inscription : 22 Sep 2003, 08:22

Re: sur le site du NPA

Message par Ian » 14 Oct 2014, 23:47

On se demande bien quel intérêt y trouve Mediapart effectivement.

Quant à l'histoire de "après avoir contacté Poutou", je ne sais pas ce que tu sous-entend mais c'est le b-a-ba d'un travail journalistique de faire ça. Résultat, il les a rembarré en refusant de répondre sur le fond et en expliquant que c'était interne. Fin de la discussion donc.
Ian
 
Message(s) : 290
Inscription : 22 Mars 2009, 13:58

Re: sur le site du NPA

Message par Ottokar » 15 Oct 2014, 06:10

dans quel but ? Ce n'est certainement pas pour faire du bien au NPA ou à Poutou !

Et en quoi ça nous intéresse ? d'abord "rien de ce qui est humain ne nous est étranger"... même quand ça se passe chez nos cousins et qu'on n'y peut rien. Mais surtout, ce n'est pas un signe de santé du NPA et cela rejaillit sur les autres, car dans l'esprit des gens, Besancenot s'est déjà retiré, maintenant Poutou se retire (les subtilités retrait du CE pas de la CPN ils ne les verront pas) donc l'extrême gauche se barre en sucette... même si ce n'est pas le cas de LO qui a présenté plus de listes aux dernières municipales, que le NPA n'est pas mon parti et que je n'y peux rien, encore une fois !
Ottokar
 
Message(s) : 394
Inscription : 16 Jan 2005, 10:03

Re: sur le site du NPA

Message par ulm » 27 Oct 2014, 04:51

Le NPA 31 salue l’héroïque résistance des YPG et YPJ de Kobanê. Il s’incline devant celles et ceux qui ont sacrifié leur vie pour faire de Kobanê le Stalingrad de Daesh, comme ils et elles l’ont promis dès le 15 août. Particulièrement Arin Mirkan, combattante des YPJ qui, le 5 octobre, encerclée par une vingtaine de fascistes de Daesh, s’est courageusement sacrifiée en percutant une roquette anti-char les entraînant dans la mort. Arin Mirkan ! Presente ! Nous te saluons, ainsi que toutes tes sœurs et tous tes frères de combat dans la tradition des révolutionnaires d’Espagne contre le franquisme. Arin Mirkan ! Presente ! Vous serez toujours présentes et présents à nos côtés.

Une fois n’est pas coutume, le NPA salue l'efficacité des frappes de l'US Air Force de ces quatre derniers jours. Ces tirs au but sur les positions de Daesh dans Kobanê et aux alentours viennent du fait que l'état-major états-unien a accepté la demande des YPG et YPJ d'intégrer l'un de leurs commandants dans le QG opérationnel qui fixe les cibles des pilotes. Cette efficacité des frappes a été confirmée par le commandant des YPG de Kobanê, Mahmut Berxwedan, qui a démenti, hier, les informations parues dans la presse turque selon lesquelles les frappes auraient atteint des combattants des YPG/YPJ et des civils.

Le NPA 31 dénonce la veulerie et l’hypocrisie du gouvernement Valls et de François Hollande et de l’Union européenne, qui regardent en spectateurs le combat héroïque de la population de Kobanê depuis deux mois. Toutefois, de l’autre côté du Rhin, venant après la déclaration de la chancelière Angela Merkel du 15 septembre, qui excluait toute fourniture d'armes au PYD et au PKK, la déclaration d’hier, 17 octobre, au Spiegel de Volker Kauder, chef de la fraction parlementaire de la CDU, selon laquelle le gouvernement allemand ne serait « plus très loin de la livraison d'armes au PKK », va enfin dans le bons sens. Il y dit : « Je sais que la Turquie a des problèmes avec le PKK, mais regarder depuis la frontière l'Etat islamique prendre des villes importantes, devenir de plus en plus menaçante pour la sécurité mondiale, ne peut pas être la solution. Je n'exclus pas le soutien des autres groupes kurdes [autres que les peshmergas du Kurdistan d’Irak que l’Allemagne fournit déjà en armements modernes]. […] Cela est également vrai pour le soutien du PKK. Bien sûr, toutes les livraisons d'armes sont associées à des risques. Il n'y a aucune certitude que les armes restent là où elles ont été fournies. Mais si l'Etat islamique n'est pas arrêté, le risque est beaucoup plus grand. »

Cette déclaration n'a rien d'anodine, venant après la décision de l'état-major US d'intégrer un commandant des YPG à son QG des frappes aériennes, elle annonce une remontée des bretelles de la Turquie à l'OTAN, dont Volker Kauder demande une réunion d'urgence, disant par ailleurs que les bombardements des positions du PKK par l'armée turque en Turquie « sont inacceptables ».

Le NPA 31 manifeste cet après-midi pour qu'enfin le gouvernement Valls et François Hollande répondent positivement à quatre demandes urgentes :

1. la fourniture d'armes adéquates aux YPG et YPJ, sous-équipés face aux tanks et artillerie modernes de Daesh ; l'arrêt immédiat des bombardements aériens « en tapis » de la Coalition sur les villes et territoires occupés par Daesh, qui ne font qu’enrager les fascistes de l’Etat islamique et précipiter les populations civiles arabes de confession sunnite dans leurs bras, mais leur poursuite « en frappe ciblée » sur les seules unités militaires de Daesh à la seule demande des combattants kurdes et démocrates syriens qui les affrontent sur le terrain,

2. l'exigence que la Turquie d'Erdogan cesse de réprimer les manifestants solidaires de Kobanê partout dans le pays, lève son dispositif militaire de blocus de la frontière turco-syrienne et y ouvre un corridor placé sous le contrôle des YPG et YPJ pour l'acheminement de vivres, de médicaments et d'armes nécessaires à la libération de Kobanê et la sécurisation du Rojava,

3. la reconnaissance du PYD comme parti représentatif de la population résistante de Kobanê et du Rojava, le retrait du PKK de la liste des organisations terroristes de l'Union européenne, la libération des prisonniers politiques kurdes en Turquie, dont le dirigeant du PKK, Abdullah Öcalan, en France et en Europe,

4. l'organisation d'une aide humanitaire aux réfugiés qui ont dû fuir Kobanê et tous les champs de bataille, de leur accueil digne partout où qu'ils se trouvent ou souhaitent se rendre, en Turquie, en Europe, comme en France.

Plus généralement le NPA 31 en appelle à la mobilisation de la population toulousaine pour que le gouvernement français et le président de la République, l’Union européenne et l'ONU reconnaissent le droit à l'autodétermination du peuple kurde sans ingérence des puissances internationales et régionales.


Il poursuivra ce combat politique aux côtés de la Maison Franco-Kurde Midi-Pyrénées, des syndicats, associations et partis démocratiques qui ont décidé, mardi 14 octobre, de se constituer en Collectif Urgence Solarité Kobanê – Soutien au Peuple Kurde.

Vive le Kurdistan libre, démocratique, féministe, socialiste et révolutionnaire.

Toulouse, le 18 octobre 2014


Plus généralement le NPA 31 en appelle à la mobilisation de la population toulousaine pour que le gouvernement français et le président de la République, l’Union européenne et l'ONU reconnaissent le droit à l'autodétermination du peuple kurde sans ingérence des puissances internationales et régionales.


Trouvé sur le site local NPA Toulouse. Alors d'un coté on demande à l’impérialisme d'intervenir et de l'autre on dit "sans ingerence". Voila ce qui s'appelle "tortiller du cul". Est ce une position nationale?
ulm
 
Message(s) : 122
Inscription : 08 Déc 2008, 16:12

Re: sur le site du NPA

Message par com_71 » 27 Oct 2014, 14:02

Non, ils ne tortillent pas du cul :
Une fois n’est pas coutume, le NPA salue l'efficacité des frappes de l'US Air Force de ces quatre derniers jours.


Non, ce n'est pas une position nationale :
NPA 31


Et c'est quoi, une position nationale du NPA ? Comme d'habitude, un fourre-tout où tout le monde doit pouvoir venir picorer ?
L’intérêt ne pense pas, il calcule. Les motifs sont ses chiffres. K. Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois » 1842.
Avatar de l’utilisateur
com_71
 
Message(s) : 4732
Inscription : 12 Oct 2002, 00:14

Re: sur le site du NPA

Message par ulm » 28 Oct 2014, 12:42

Une fois n’est pas coutume, le NPA salue l'efficacité des frappes de l'US Air Force de ces quatre derniers jours.


Effectivement cela a le merite d'etre clair. Sinon il semblerait que la position du NPA31 soit la position de Sabado.
ulm
 
Message(s) : 122
Inscription : 08 Déc 2008, 16:12

long et mauvais article de Marianne sur le NPA

Message par ulm » 17 Nov 2014, 07:56

Code : Tout sélectionner
Ils ne sont qu'une petite vingtaine de militants à être présents, le 9 octobre dernier, lors de la réunion de rentrée politique du comité de l’Essonne, mais leurs interrogations résument parfaitement la profonde crise idéologique et organisationnelle que traverse le Nouveau parti anticapitaliste : « Comment ne pas laisser le terrain libre à l’extrême droite ? », « Les manifs qui se multiplient, à quoi ça sert ? », « Le problème, ce ne serait pas la forme du parti ? », « Comment rendre crédible notre projet ? », « Comment rebondir sur les échecs passés ? »... Cinq ans à peine se sont écoulés depuis la création du NPA, soit autant d'années de crise économique mondiale. Et pourtant, le parti n'a étonnement pas su « capitaliser » sur la crise. A l'heure où ses membres défilent contre l'austérité au côté d'une multitude d'organisations politiques et syndicales, à quelques semaines aussi de son prochain congrès (qui doit avoir lieu début 2015), nous sommes allés à la rencontre de ses militants, de ses dirigeants et des anciens du NPA, pour leur poser toutes ces questions. Histoire de comprendre pourquoi la révolution NPA n'a pas eu lieu, comment ce vaisseau anticapitaliste lancée en 2009 a pris l'eau et frôle aujourd'hui le naufrage.

Le retour de la vieille LCR et de ses manières

Et le dernier à avoir sonné la charge, de manière inattendue, c’est Philippe Poutou. Le 8 octobre dernier, son mail de démission du comité exécutif (CE), envoyé à ses camarades de la direction, a fuité dans la presse. Exactement le genre de remue-ménage que le parti préfère gérer, discrètement, en interne. Depuis, un seul mot d’ordre à ce sujet : « Il n’y a pas de problème avec Poutou ». L’unique réaction officielle à ce sujet viendra d’Olivier Besancenot dans Le Figaro : « Que nos détracteurs comprennent bien une chose : dans les semaines qui viennent, il faudra compter avec Poutou, le NPA et tous ceux qui veulent changer ce monde avant qu'il nous écrase ! ». De son côté, l’ex-candidat à la présidentielle de 2012, que nous avons contacté, se désole que l’« "affaire" qui aurait dû rester privée, comme toute dispute de famille » ait fini par apparaître au grand jour.

On comprend que la chose soit mal vécue. L'image qu'il dresse du NPA, dans son courrier électronique, est catastrophique pour une telle organisation. Oublié, en effet, le bel esprit de camaraderie censé habiter l'extrême gauche : « opportunisme individuel », « incapacité collective à fonctionner démocratiquement », « manque de transparence », « impossible intégration », « Comité exécutif trop parisien »... Bref, au NPA, règne le chacun pour sa pomme et les Poutou sont pris pour des ploucs d'ouvriers de province ! Aujourd'hui, Philippe Poutou, qui ne veut pas s'exprimer plus longuement sur le sujet, essaie tout de même de tempérer son propos. Son but avec ce mail ? Il cherchait simplement, dit-il, à « reconstruire » ce parti. Avec ses camarades, il avait donc tout logiquement des « débats sur le comment-faire ».

On voit ça... L'ambiance, en tout cas, n’est pas sans rappeler de mauvais souvenirs à ceux qui ont quitté le navire LCR quand celui-ci avait été rebaptisé NPA (tous les marins savent d'ailleurs que cela porte malheur...). C’est le cas de Christian Picquet, ancien membre du bureau politique de la LCR et porte-parole de Gauche unitaire (une des trois entités, avec le PCF et le PG, à l'origine du Front de gauche). Il revoit là ce qu'il rejetait déjà à l'époque : cette politique « sectaire et diviseuse ». Pour lui, le témoignage de Poutou confirme la « grande supercherie » sur laquelle s’est fondé le NPA, à savoir un parti qui renoue avec ses « vieilles pratiques peu transparentes et démocratiques, autoritaires et opaques » qui ne font de lui qu’« un petit groupe d’extrême gauche ».

Les trotskistes, ces puristes

L'émergence du PG et de Jean-Luc Mélenchon, la création du Front de gauche, voilà des facteurs qui ont pesé dans le naufrage du NPA. Car Picquet n'est pas seul à avoir sauté par dessus bord. D’autres ont aussi quitté le navire pour s’aligner derrière Mélenchon. Comme Myriam Martin, qui était pressentie pour représenter le parti à la présidentielle de 2012, avant que Poutou ne soit sorti de nulle part. Aujourd'hui, elle est à la tête de Gauche anticapitaliste (parti membre d’Ensemble, lui-même membre du Front de gauche). Désormais, Martin explique avoir tourné la page et préfère tendre la main à ses anciens camarades, non sans critique : « Le problème avec le NPA, c’est son refus de voir les convergences avec d’autres courants de la gauche radicale ». Car elle l'assure, le NPA « aurait sa place dans un front plus large », s'il le désirait. Hélas, l’union de la gauche de la gauche débecte encore les plus puristes des trotskistes. Certains revendiquent toujours fièrement leur indépendance vis-à-vis du PS, du PC, mais aussi du Front de gauche. D'autres commencent à comprendre que cet isolement a signé l'hémorragie militante et s'est révélé suicidaire. Récemment dans le journal Sud Ouest, Poutou déclarait d'ailleurs qu’il fallait « recoller les morceaux du parti, mais aussi avec le Front de gauche, les syndicats, et pourquoi pas les écolos ». Bref, le NPA devrait la « jouer plus collectif ».

Cette union, la gauche radicale a peut-être failli y parvenir en avril 2014. En marge de la manifestation unitaire du 12 avril contre l’austérité, organisée via le Collectif 3A (pour l'« Alternative À l'Austérité »), le NPA proposait au PC, au PG, à LO et à Ensemble de constituer pour les élections européennes des « listes unitaires avec toutes les forces politiques qui entendent se situer en opposition au gouvernement, à la droite et à l’extrême droite ». La proposition était-elle sincère ? Quelques jours plus tard, LO refusera la proposition, Besancenot accusera Pierre Laurent et le PC de faire capoter l’alliance et le NPA, par la voix de Poutou, prendra sa posture de vilain petit canard de l’extrême gauche : « On sera marginalisé et on fera un petit score, mais on sera là ». Du côté de la Gauche anticapitaliste, Martin regrette encore cette attitude de « parti qui ne se sort pas du vase-clos, qui cherche la petite bête qui pourrait nous diviser. »

Si le parti anticapitaliste est isolé politiquement, Alain Krivine assure à Marianne être convaincu que sa « ligne sera payante à long terme ». Le Grand soir ne sera donc pas pour demain, mais tant pis puisqu'il adviendra, c'est sûr, après-demain ! L’ancien mentor de la LCR désigne deux tentations à éviter : l’opportunisme et le sectarisme. D’après lui, le NPA se situerait juste entre les deux : « Il doit être unitaire et garder sa radicalité. » C’est cette position qui, avec l’« échec du Front de gauche », permettrait au NPA de survivre. Selon Krivine, ils seraient beaucoup à admettre s’être trompés en rejoignant le Front de gauche, et certains commenceraient même à revenir. Sans doute que le Front de gauche n'est pas au mieux de sa forme — Mélenchon l'a d'ailleurs compris, le lancement du Mouvement pour la VIe République en atteste — mais tout de même Krivine pousse un peu : relativiser l'échec du NPA, en pointant celui beaucoup moins criant du Front de gauche, et espérer même en profiter, c'est un peu gonflé tout de même. C'est ne pas voir que le bateau prend l'eau, perd des militants et s'affaiblit dans les urnes chaque jour qui passe...

Create Infographics

Daniela Cobet et Guillaume Loïc, membres du Comité exécutif et représentants du Courant communiste révolutionnaire, la gauche du NPA (sic), partagent l’analyse de Krivine sur la posture radicale à conserver et affirment que l’union avec les autres forces de la gauche de la gauche, « ça n’est qu’une tentative électorale de survie, pas une solution pour la classe ouvrière ». Le CCR, c’est cette frange qui regrette la « perte idéologique du parti lorsqu’il s’est positionné en négatif, de "communiste révolutionnaire" à "anticapitaliste" ». Ce courant du NPA avance toujours avec cette question en tête : « Comment s’extraire de cette gauche institutionnelle pour un retour vers des idées révolutionnaires ? ». Alors plutôt que de se fondre dans le Front de gauche, ils envisagent de profiter de l’espace qui se creuserait à « leur droite », avec ce credo : « On frappe ensemble, mais on marche séparément ».

Martin déplore cette position d’auto-exclusion de certains de ses anciens camarades : « Un seul parti ne peut pas agir seul, il faut confronter les idées. Je veux que l’ensemble du NPA réfléchisse à son rôle dans la recomposition de la gauche radicale. » Martin, qui devrait être invitée au congrès du NPA, semble assez confiante quant à leurs futures retrouvailles : « Le Front de gauche doit s’ouvrir, et je suis sûre qu’on va bientôt se retrouver avec une alliance plus pérenne avec le NPA. Le processus va s’accélérer. »  Un brin d’optimisme qui n’est pas vraiment partagé par Christine Poupin, porte-parole du NPA et camarade de longue date de Martin. Elle ne voit pas de raison d’entrer au Front de gauche « au moment où il n’a plus de projet commun ». Les pourparlers, on le sent, vont être longs !

Besancenot trop et... pas assez présent !

À la ramasse dans les urnes et les caisses vides, le NPA n’a d’autre choix que de se concentrer sur les luttes sociales. Bien sûr, cela fait partie de son ADN idéologique. Mais c'est aussi un moyen pour le NPA, même s'il ne l'admettra jamais, de s'afficher médiatiquement au côté des « travailleurs en lutte ». Et pour cela, le parti anticapitaliste peut compter sur son « atout charme », celui qui avait réussi à attirer les projecteurs et les voix électorales : Olivier Besancenot. Exemple le 14 octobre dernier quand le postier se pointe au palace Royal Monceau, venu soutenir les femmes de chambre en grève. Celui qui détient le record de voix de la LCR à une élection présidentielle ne ressemble plus qu’à une sorte de mascotte avec laquelle on se fait prendre en photo. Pour beaucoup, le NPA, ce n'est plus que « le parti de Besancenot » alors même que Besancenot ne veut plus l'incarner.

Pour nos deux membres du CCR, c’est une évidence, le parti est « trop dépendant d’Olivier Besancenot ». Ils aimeraient bien « réussir à combler l’écart entre son influence et [leur] réelle influence ». Et cela s'est illustré jeudi dernier, lors du meeting parisien contre l'austérité et la guerre, avec en tête d'affiche le même Besancenot. Sans lui et sa facilité à produire à la chaîne, dans ses discours, des punchlines fracassantes, il faut bien le dire, ce rendez-vous n'aurait pas eu la même saveur. Au moins 300 personnes se sont rendues au gymnase Bidassoa. Beaucoup de jeunes sont présents, attirés pour certains par la présence du NPA dans les mobilisations pour Rémi Fraisse. Ça débat de la Syrie, de l'Irak, du FN, du PS, de l'austérité, de la violence policière, etc. La salle est enthousiaste, comme heureuse de se réunir enfin pour parler politique.

La tentation habituelle de la rue

Même genre de conversation dans un bar de l’avenue de Flandres où la section du XIXe arrondissement s'était réunie à la mi-octobre. Ils sont une quinzaine, militants et curieux à venir discuter autour d’un verre. Ils parleront longtemps de l’Irak, bien plus fascinés par la résistance kurde que préoccupés par la situation sociale et politique française. Yann, la quarantaine, pressent pourtant qu'en France « beaucoup de choses sont possibles du jour au lendemain, ça peut péter ! », mais il admet ne pas savoir si ça ira dans le sens du NPA, ou celui du FN. Pour ce samedi 15 novembre  et la manifestation unitaire du Collectif 3A, il espère y retrouver une « colère de gauche ».

Mais pour l'instant, le parti semble tiraillé sur la stratégie à adopter. Sur les mouvements de soutien à Rémi Fraisse par exemple, deux attitudes se sont opposées : certains voulant rejoindre la manifestation interdite place Stalingrad, la direction préférant le « sit-in pacifique » du Champs-de-Mars, sans qu'aucune des figures du parti ne tranche réellement. Confusion ou division interne ? Quoi qu'il en soit, c'est la visibilité et la présence du parti qui en pâtit, au profit des Verts, du Front de gauche et même des groupes d'anarchistes. Il faut dire aussi que le NPA a déjà donné en matière de manifestation interdite. On se souvient du rassemblement pro-palestinien de Barbès cet été. Un rassemblement qui révélait, une fois de plus, cette habitude fâcheuse de l'organisation d'extrême gauche : sa tendance à fricoter de très près avec des organisations communautaristes. Comme si les leçons de l'épisode désastreux, en interne et en externe, de la candidate voilée présentée par le NPA aux régionales de 2010, n'avaient jamais été tirées...

Ce n'est pas le NPA qui est paumé, mais la classe ouvrière !

Pour Krivine néanmoins, ce n'est pas tant le NPA qui traverse une crise que son électorat. Voilà qui est pratique ! La fameuse classe ouvrière, explique-t-il, est pourtant « plus forte qu’avant, même si elle ne s’en rend pas compte ». Il constate qu'elle oscille entre défiance et confusion idéologique. De plus, le capitalisme et sa société individualiste auraient formaté les gens, analyse-t-il, à se tourner vers des réponses simplistes, qui sont celles du FN. À cela, le NPA doit ajouter la perte de Daniel Bensaïd, en 2010. Il était le dernier grand intellectuel au parti, cité à plusieurs reprises lors du meeting parisien du 13 novembre, comme si sa pensée n'avait toujours pas trouvé de relais.

Désormais, pour Krivine, le NPA ne peut « rendre crédible [son] alternative au capitalisme [qu’]en faisant de la politique ». En effet, ce serait judicieux... Et ils essayent tant bien que mal. Lorsque Besancenot se retrouve face à ses « pires ennemis », PS, UMP et FN, sur le plateau de Mots Croisés, le 20 octobre, il fait de son mieux pour s’imposer comme l’autre alternative au bipartisme. Des points difficilement marqués et surtout rapidement perdus, lorsque Besancenot se transforme en intermittent du spectacle politique et gaspille le peu d'espace médiatique de son parti en comparant Jouyet à Nabilla, par exemple...

« Faire de la politique », c'est peut-être aussi regarder ses erreurs passées et tenter de construire un chemin pour le futur. Le prochain congrès le permettra-t-il ? Pas sûr. En attendant cette échéance, le parti semble donc faire le pari de la rue. Une nouvelle fois. Comme ce samedi 15 novembre et la mobilisation contre l'austérité. Et pourtant, le NPA ne peut se contenter de ça. Il faudra bien, à un moment donné, se demander pourquoi, ça ne prend pas. Olivier Besancenot a avancé une piste intéressante lors du meeting du 13 novembre dernier : « On a un terrible adversaire, nous-même » !
ulm
 
Message(s) : 122
Inscription : 08 Déc 2008, 16:12

yvan lemaitre et le congres de LO 2014

Message par ulm » 30 Déc 2014, 10:07

Lutte ouvrière a tenu son congrès annuel les 6 et 7 décembre dernier...

«Le bilan militant de l’année écoulée est positif, en particulier du fait de la participation de Lutte ouvrière aux élections municipales, présente avec 204 listes sous l’étiquette "Lutte ouvrière – Faire entendre le camp des travailleurs". C’est donc dans un plus grand nombre de villes que nous pouvons aujourd’hui développer notre activité » se félicite LO dans son hebdomadaire du 12 décembre.
« Il est nécessaire de reconstruire un parti ouvrier qui mette en avant les intérêts des travailleurs, des chômeurs, des retraités modestes » développent nos camarades. « Un parti qui combatte la politique anti­ouvrière du gouvernement […] un parti qui conteste l’ordre capitaliste […] une nécessité pour les travailleurs du monde entier » afin de « dénoncer la propagande et la domination bourgeoises [...] pour le pouvoir des travailleurs. » Nous souscrivons aux objectifs que se fixe LO : « L’existence d’un parti représentant les intérêts du monde ouvrier est indispensable. [...] Il faut que le monde ouvrier retrouve ses valeurs et ses raisons de combattre, qu’il retrouve la conscience de sa force et les perspectives qui sont fondamentalement les siennes : celles de prendre en main le pouvoir et la direction de la société. »
LO se vante que les différents textes de son congrès aient été « adoptés à l’unanimité, témoignant ainsi d’une cohésion politique dont nous nous félicitons »... Cependant bien des points mériteraient discussion, des points importants comme la situation internationale, les rapports entre la Russie et les puissances impérialistes. La Russie n’en est-elle pas une et, plus globalement, qu’est-ce que l’impérialisme aujourd’hui ?

Ne pas être des commentateurs...
Des discussions aussi sur la politique de LO en France. Nos camarades écrivent : « Contrairement à des organisations comme le PC, le Front de gauche ou, à une échelle plus modeste le NPA, nous ne plaçons aucun espoir dans ces tentatives de recomposition [à gauche NDLR] qui, malgré les phrases grandiloquentes, se déroulent devant le désintérêt, voire le dégoût croissant de la classe ouvrière. » Une étrange compréhension de notre politique, car nous n’attendons rien des dites recompositions.
« Nous pouvons bien sûr nous retrouver, ponctuellement ou sur tel ou tel événement particulier, aux côtés des uns ou des autres », nous aussi. « Nous ne pouvons et nous ne devons cependant pas négliger ces quelques milliers, voire ces dizaines de milliers de militants ouvriers politiques, directement issus du PC ou pas. [...] Il est possible de toucher certains d’entre eux avec les idées et les mots de lutte de classe et de les entraîner à nos côtés sur ce terrain. » Oui, bien sûr, mais cela veut dire avoir une politique vis-à-vis des partis du Front de gauche, tout en défendant clairement une politique anticapitaliste et révolutionnaire. De même au sein des syndicats, et de la CGT en particulier...
Et c’est là où les textes fort intéressants du congrès de LO (publiés dans la dernière livraison de Lutte de classe) nous laissent sur notre faim. La question essentielle reste sans réponse : quelle politique pour ne pas être des commentateurs de l’actualité mais des révolutionnaires intervenant dans la lutte de classe, cela quelle que soit l’importance du recul que nous connaissons ? Une discussion que nous souhaitons mener avec nos camarades de LO.

Yvan Lemaitre
ulm
 
Message(s) : 122
Inscription : 08 Déc 2008, 16:12

Re: sur le site du NPA

Message par artza » 28 Avr 2015, 08:21

artza
 
Message(s) : 1936
Inscription : 22 Sep 2003, 08:22

Re: sur le site du NPA

Message par pietro » 29 Avr 2015, 09:22

Ou suis-je, ou erre-je, dans quel état j'erre... Le NPA est vraiment à l'ouest et la plateforme p1 un galimatias insipide à la remorque du...PG..PCf. et d'un anticommunisme rampant. C'est triste mais malheureusement logique. Font ils référence encore au manifeste communiste ?
pietro
 
Message(s) : 15
Inscription : 23 Avr 2007, 12:09

PrécédentSuivant

Retour vers Politique française

Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 2 invité(s)