Congrès du PCF 2026

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Congrès du PCF 2026

Message par Gayraud de Mazars » 06 Mai 2026, 10:49

Salut camarades,

40e Congrès du PCF : présidentielle 2027, priorités politiques, bilan de la direction… Que contiennent les 4 textes soumis aux militants
Article publié par le journal L'Humanité
Par Cyprien Caddeo, Gaël De Santis
Mercredi 5 mai 2026

https://www.humanite.fr/politique/40e-c ... -militants

Présidentielle, priorités politiques, socialisme, bilan de la direction sortante… La proposition de base commune de la direction communiste et trois textes alternatifs seront soumis au vote des militants les 6 et 7 juin, afin de préparer le 40e Congrès du parti, à Lille début juillet. Tour d’horizon.

- Proposition de base commune intitulée « Un communisme de conquêtes » adoptée par le Conseil National.

Trois textes alternatifs seront présents

- "Pour battre l'extrême droite et ouvrir l'espoir, communistes à l'offensive"
- "Stratégie communiste, la lutte des classes comme boussole, le socialisme comme programme"
- "Résister et construire, une nouvelle page du communisme"

Un congrès à la croisée des chemins. À l’heure où l’extrême droite tape aux portes du pouvoir, d’une prédation toujours plus violente du capital sur les hommes et l’environnement, les militants PCF sont invités à remettre le projet communiste sur l’établi. Avec, notamment, les prochaines échéances électorales – présidentielle et législatives – en tête.

Quatre textes seront présentés au vote militant, les 6 et 7 juin prochains, dans le cadre du 40e Congrès, qui se tiendra à Lille les 3, 4 et 5 juillet. La contribution arrivée première, quelle qu’elle soit, sera ensuite amendée. Le 29 mars, le conseil national (CN), le parlement du PCF, avait adopté son document, « Un communisme de conquêtes ».

Trois textes alternatifs à celui soutenu par la direction sortante de Fabien Roussel ont rempli les conditions nécessaires pour être transmis aux adhérents du PCF, c’est-à-dire recueillir 300 signatures d’au moins un quart des fédérations. Lors du dernier congrès, en 2023, un seul texte alternatif avait été soumis au vote. Cette fois, deux de ces propositions proviennent d’adhérents qui se reconnaissaient jusqu’alors dans la majorité issue des 38e et 39e Congrès.

« Communistes à l’offensive » est soutenu par 750 adhérents, dont les parlementaires Stéphane Peu, Elsa Faucillon, Soumya Bourouaha, Pascal Savoldelli, l’ancien secrétaire national Pierre Laurent, plusieurs maires, dont Vincent Bouget (Nîmes) ou Jean-Marc Coppola (Marseille 15e), et au moins 17 secrétaires départementaux.

Si une partie des signataires recouvre celle d’« Urgence de communisme », seul texte alternatif en 2023 (celui de Fabien Roussel l’avait alors largement emporté, avec 82 % des voix), leur base de soutiens s’élargit : on y trouve cette fois le secrétaire départemental du Finistère Ismaël Dupont, ou encore les conseillers du 20e arrondissement de Paris, Jacques Baudrier et Raphaëlle Primet.

En filigrane du texte, inspiré par les expériences du Front de gauche, de la Nupes et du NFP, réside un appel à « ne pas se résigner à la division » de la gauche, face à la menace d’extrême droite, et à ne pas y contribuer.

Un travail d’autocritique

« Stratégie communiste », initié par une partie des rédacteurs du blog « Communistes et matérialistes », affiche 450 soutiens. Parmi les signataires, Fanny Chartier, membre de la direction de la fédération de Paris, Kevin Guillas-Cavan, économiste, et quelques dirigeants départementaux qui, pour la plupart, avaient soutenu le texte majoritaire au 38e congrès – celui qui avait valu l’élection de Fabien Roussel en remplacement de Pierre Laurent – et au 39e congrès.

Leur contribution reconnaît que depuis 2018, il y a eu une « visibilité médiatique recentrée sur les enjeux du travail et de la production », « un renouvellement des cadres » et une « redynamisation » des secteurs de travail, mais estime que le « travail de réflexion politique du CN » demeure « insuffisant ». Enfin, le texte se plaint d’« une ligne et d’une stratégie politiques illisibles ».

Le texte « Résister et construire, une nouvelle page du communisme » est présenté par des membres du comité exécutif sortant, dont Frédéric Boccara, Sandra Blaise et Muriel Ternant, ainsi que des responsables de la commission économique (Denis Durand, Jean-Marc Durand), plusieurs dirigeants de commission du CN (santé, agriculture, etc.), ou des syndicalistes tels que Didier Le Reste ou Pascal Joly.

Ils critiquent un « décalage » entre les orientations adoptées et leur « traduction concrète ». « Le « sigle » PCF est sorti de l’effacement, mais nous demeurons fort peu visibles et lisibles en termes d’idées », écrivent-ils, critiquant l’absence de campagne sur la sécurité emploi formation, ou une ligne trop souverainiste lors des européennes 2024.

La stratégie électorale en débat

À un an de l’échéance présidentielle, la question de la stratégie du PCF en 2027 est aussi au cœur des débats du Congrès – même si le sujet ne devrait pas être définitivement tranché à Lille. Pour 2022, après deux présidentielles (2012 et 2017) où les communistes avaient choisi de soutenir Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel avait été désigné candidat et avait réuni 2,28 % des voix.

Le texte de la direction sortante assure que le PCF a « toute légitimité » pour présenter à nouveau un candidat « de rassemblement » l’an prochain, face à une possible candidature du PS renvoyée à sa « logique sociale-libérale » et celle de Jean-Luc Mélenchon, officialisée chez LFI, dont « les pratiques hypothèquent le rassemblement des majorités populaires au service de politiques progressistes ».

Concernant les législatives, il propose des discussions par circonscription, notamment dans celles où le risque de bascule RN est fort, afin de déterminer « les candidatures disposant de la meilleure implantation et de la meilleure représentativité pour l’emporter ».

L’option d’une candidature à la présidentielle est aussi retenue par le texte de Frédéric Boccara et Denis Durand, tout comme « Stratégie communiste ». La contribution des économistes précise toutefois que le PCF doit garder ouvertes « les discussions de travail avec tous (les) partenaires à gauche, voire avec le mouvement syndical qui a été partie prenante du NFP » et réclame une meilleure répartition des circonscriptions en cas d’accord législatif. Une conférence nationale est prévue, début 2027, pour évaluer la dynamique et les effets produits par la candidature à l’élection présidentielle.

« Stratégie communiste » prône une « candidature communiste issue du dialogue avec le mouvement social », assortie d’un « droit au désistement dans la dernière ligne droite pour permettre à un autre candidat de gauche d’accéder au second tour », face au risque de l’extrême droite.

Soulignant le même péril, les signataires de « Communistes à l’offensive » considèrent que « l’heure n’est pas à témoigner, mais à agir ». « La lutte contre l’alliance réalisée entre le RN et le grand patronat est au cœur de l’affrontement de classe. Rien ne doit nous en détourner », écrivent-ils.

Estimant que, dans ce contexte, la candidature à l’Élysée ne peut être « l’objectif suprême » d’un parti hostile au présidentialisme, ils proposent plutôt la nomination d’un « porte-parole communiste » pour 2027, dont la feuille de route serait unitaire : faire émerger un candidat de rassemblement et favoriser ensuite un accord d’union législatif. En cas d’échec de l’union, les auteurs du texte renvoient la question de la présidentielle à une conférence nationale, à l’automne.

Quelles luttes prioritaires ?

Candidat ou pas, le vote des textes a aussi vocation à fixer les priorités politiques du parti pour les prochaines années. Selon la direction sortante, « la conquête électorale de l’appareil d’État restera infructueuse sans penser la conquête du pouvoir sur la production et l’affranchissement de la société de l’emprise du capital ».

Ainsi, le Conseil national du parti veut faire de la « politisation de la lutte des classes » et de l’union des travailleurs contre l’extrême droite les objectifs premiers, afin d’étendre la démocratie au monde du travail et d’arracher de nouveaux droits pour les salariés.

« Un communisme de conquête » défend également le combat en faveur des services publics, et une souveraineté industrielle qui s’appuierait entre autres sur des nationalisations stratégiques. Il souhaite structurer deux batailles permanentes : l’une en faveur de l’emploi dans l’industrie et les nouveaux services publics, l’autre pour la paix et le codéveloppement.

Sur la question de classe, « Communistes à l’offensive » appelle à compléter cette conception en prenant en compte « la montée en puissance, notamment parmi les jeunes, des aspirations sous toutes leurs formes à la liberté, (…), à la sororité, à l’antiracisme, à la solidarité avec les peuples opprimés, au respect de la nature et de la biodiversité ». Pour eux, doivent se trouver au centre de la pratique communiste, l’extension de la Sécurité sociale et des services publics, la maîtrise sociale des productions et la planification écologique.

Les tenants de « Stratégie communiste » mettent aussi en garde sur la non-prise en compte des évolutions de la classe travailleuse : ils placent ainsi la « révolution féministe » dans les fronts que le PCF doit investir, rappelant que « l’oppression des femmes est indissociable des rapports de production capitalistes et de l’exploitation du travail ».

Le texte critique implicitement certaines prises de parole du secrétaire national, en rappelant par exemple que l’antiracisme doit être central dans le projet du PCF et qu’il « n’existe pas en France de racisme anti-Blancs » – contrairement à ce qu’avait affirmé en mars 2025 Fabien Roussel. « Notre discours doit être d’une grande clarté face aux offensives idéologiques de l’extrême droite », alertent-ils.

« Résister et construire » est profondément marqué par les travaux de la commission économique. Aussi, le texte invite, face à une suraccumulation du capital, à « donner la priorité au développement des capacités humaines qui font la richesse du pays ».

Parmi les objectifs de lutte : émanciper la société des marchés financiers, plus de protections sociales et écologiques (par la taxation, mais aussi par des fonds dédiés), la sécurité emploi formation, le développement d’une Europe sociale et écologique, l’expansion des services publics, et faire de la Sécurité sociale un des axes de développement.

Une réflexion sur le socialisme

Les militants du PCF sont aussi invités à penser à plus long terme : à quoi doit ressembler une transition révolutionnaire vers le communisme ? La notion de socialisme, comme étape entre la société capitaliste et communiste, avait été abandonnée dans les années 1990.

Le texte du conseil national remet au goût du jour un « socialisme aux couleurs de la France », afin d’« ouvrir avec le peuple une perspective révolutionnaire ». « Il s’agit d’une société de transition, marquée par la coexistence et la confrontation entre des logiques héritées du capitalisme et des formes nouvelles de production, de propriété et de pouvoir appelées à se développer. »

Dans la même veine, « Stratégie communiste » voit dans le socialisme une « phase transitoire » qui articule « réformes immédiates » et « visée » révolutionnaire, par un « transfert de propriété ».

S’il mentionne le « socialisme du XXIe siècle, autogestionnaire et de liberté » comme préparation au communisme, le texte proche des économistes du PCF, « Résister et construire », met au cœur de la stratégie l’appropriation sociale des moyens de production d’échange et de financement, qui concrétisent « dans de nouvelles institutions un pouvoir autogestionnaire des travailleurs dans l’entreprise, un pouvoir décentralisé des citoyens sur les entreprises » et une planification.

Seul le texte « Communistes à l’offensive » se refuse à employer le terme de « socialisme » et donne la priorité au communisme « ici et maintenant », que les rédacteurs décrivent comme « un mouvement de luttes permanentes, de combats ancrés dans le réel (…) pour des évolutions continues vers des logiques de dépassement des dominations capitalistes, pour des moments de bascule révolutionnaire ».

Particularité des congrès communistes, le texte qui réunira le plus de voix sera la copie de départ d’un immense travail d’amendements, auxquels contribueront tous les militants communistes, indépendamment de la contribution qu’ils ont soutenue au départ.

Les étapes jusqu’au congrès national

Les quatre projets de texte pour le 40e congrès du PCF vont être envoyés aux communistes qui débattront de leur contenu dans les sections. Les adhérents du PCF voteront, les 6 et 7 juin, pour que l’un d’entre eux devienne la base commune. Celle-ci sera alors amendée lors des congrès de section (13 et 14 juin) et départementaux (20 et 21 juin). Les délégués se réuniront ensuite pour le congrès national les 3, 4 et 5 juillet à Lille (Nord).


Fraternellement,
GdM
"Un seul véritable révolutionnaire dans une usine, une mine, un syndicat, un régiment, un bateau de guerre, vaut infiniment mieux que des centaines de petits-bourgeois pseudo-révolutionnaires cuisant dans leur propre jus."
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Re: Congrès du PCF 2026

Message par com_71 » 06 Mai 2026, 17:43

Et alors ?
L’intérêt ne pense pas, il calcule. Les motifs sont ses chiffres. K. Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois » 1842.
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com_71
 
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Re: Congrès du PCF 2026

Message par Gayraud de Mazars » 06 Mai 2026, 18:43

Salut camarade Com,

Le texte de base du Conseil National est insipide, mal écrit, redondant en 26 pages difficile à lire où aucun bilan de la Direction n'est fait et pour cause il est mauvais. Cette base commune s'il est adopté proposera une candidature communiste celle de Fabien Roussel bien sûr bien critiqué par ses buzz médiatiques comme dernièrement sur Tondelier et sa maternité. Ce type devrait avoir un commissaire politique à ses côtés en permanence pour voir se qu'il poste dans les réseaux sociaux ! les staliniens de Paris XV n'ont pu aller jusqu'au bout de leur démarche et soutiendront cette proposition de base commune intitulée « Un communisme de conquêtes » adoptée par le Conseil National et l'amenderont. Pour tout dire ce texte parle de Socialisme à la française, retour au national Thorésisme, un calvert !

Le texte alternatif "Pour battre l'extrême droite et ouvrir l'espoir, communistes à l'offensive" avec plus de 800 signataires c'est la droite du parti, des liquidateurs pas loin des ancien partisans à l'époque de Robert Hue et du congrès de Martigues, près à tout pour une alliance avec Mélenchon, beaucoup d'anciens dirigeants à la mode de Pierre Laurent y sont, des grands élus, pas une fois le mot socialisme n'est dans leur texte. Pendant des pages on nous parle de l'anti-fascisme sans rien comme perspective que de renoncer à une candidature communiste et dissoudre le Parti in fine dans un truc large à gauche... les pires opportunistes à la mode de Faucillon et Stéphane Peu et consorts l'ancienne équipe de Pierre Laurent...

Le Texte - "Résister et construire, une nouvelle page du communisme" c'est la version vue par les économistes du Parti, il se disent marxistes mais reste à mon goût des bien des keynésiens et malgré des appuis dans l'appareil où se trouvent d'anciens camarades de Fabien Roussel sur leur texte, ils ont eu du mal à trouver les 300 signataires.

- Le texte "Stratégie communiste, la lutte des classes comme boussole, le socialisme comme programme" 454 signataires c'est la gauche du Parti. Il tend à renforcer le PCF et renouer avec le marxisme, un peu campiste sur les relations internationales dommage à mon goût, il a le mérite de tisser sans compromis une critique de la Direction sortante de Fabien Roussel. Il a été écrit par des jeunes communistes, ne comporte que des militants du rang ou presque, pas d'élu(e)s, pas de membres du CN et un texte qui s'affirme comme communiste et révolutionnaire. Ce texte parle en retour aux sources de planification de l'économie, de la socialisation des moyens de productions et des grands leviers de l'économie, bref en finir avec le capitalisme... Pour le socialisme, dont il est longuement question dans le document et le communisme universe, demain. La plupart des militants de La Riposte on signé ce texte, et le défendront.

Voilà le vote des communistes, c'est les 6&7 juin 2026 dans les sections et cellules ! On a un mois pour faire campagne dans le Parti...

Fraternellement,
GdM
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