Irak: la situation devient insurrectionnelle

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Message par ianovka » 08 Avr 2004, 14:35

a écrit :
L'Irak en plein chaos un an
après la chute de Bagdad


NOUVELOBS.COM | 08.04.04 | 14:58

Explosions à Bagdad en début d'après-midi. A Sadr City, la banlieue chiite de la capitale, des hélicoptères ont attaqué un quartier général des partisans du chef chiite radical Moqtada Sadr. Une marche sunnite rallie Bagdad à Falloujah. Le ministre irakien de l'Intérieur démissionne. Des soldats sud-coréens capturés par des insurgés. Trois Japonais auraient été pris en otages.

 
A la veille du premier anniversaire de la chute de Bagdad, la révolte sanglante des partisans du chef chiite radical Moqtada Sadr contre la coalition est encore montée d'un cran jeudi 8 avril avec l'attaque par les forces américaines d'un quartier général des résistants à Sadr City, banlieue pauvre de Bagdad à majorité chiite.
A la suite de cette attaque, les hommes de Moqtada Sadr ont affirmé qu'ils rompaient les négociations engagées et qu'ils reprennaient le combat contre la coalition.
"Nous avions donné des ordres pour calmer la situation car nous sommes un peuple pacifique et il y avait des négociations dans ce sens", a affirmé Amer al-Husseini, porte-parole du mouvement dans ce quartier chiite de près de deux millions de personnes.
"Mais après qu'ils eurent bombardé notre quartier général et notre salle de prières avec des hélicoptère Apache et des tanks, nous sommes prêts à reprendre les combats jusqu'à notre dernière goutte de sang", a-t-il aux journalistes, assis dans son bureau en partie détruit, avec des trous dans les murs. L'attaque s'est produite vers 4h locales (0h GMT). "
Jeudi matin, la milice chiite a affirmé détenir des otages espagnols et "peut être un Américain" qu'elle entend échanger contre l'un de ses chefs à Najaf (centre), Moustafa al-Yaacoubi, arrêté samedi à l'aube par la coalition. Mais un porte-parole militaire de la brigade espagnole Plus Ultra stationnée en Irak a démenti "catégoriquement" ces affirmations

280 Irakiens tués à Falloujah


Plus de 280 Irakiens ont été tués depuis le début de l'assaut des forces américaines sur Falloujah, principal foyer de l'insurrection du "triangle sunnite", tôt lundi, a déclaré le directeur de l'hôpital de la ville, jeudi.
Taher Al-Issaoui a expliqué à l'Associated Press que le bilan des morts allait probablement s'alourdir. «Nous savons également qu'il y a des morts et des blessés encore pris sous des décombres mais nous ne pouvons pas les atteindre» à cause des combats, a-t-il souligné.
L'assaut américain sur Falloujah a commencé tôt lundi quand les Marines ont encerclé la ville de 200.000 habitants. Depuis lors, les forces américaines sont engagées dans de violents combats de rue appuyées par des chars et des avions contre les insurgés sunnites retranchés dans des quartiers très peuplés.
Au moins trois Marines ont été tués depuis le début de cette opération d'envergure mais le commandement n'a encore donné aucun bilan officiel.
Jeudi, de violents affrontements étaient entendus dans plusieurs quartiers de Falloujah, ville contrôlée à 25% par les Marines. Ces derniers tiraient depuis des toits sur des hommes armés dans les rues.

Convoi humanitaire

Parallèlement, plusieurs milliers d'Irakiens ont entrepris de parcourir à pied les 60 kilomètres séparant Bagdad de Falloujah afin d'apporter vivres et fournitures médicales aux habitants soumis à un couvre-feu et encerclés par les forces américaines depuis lundi matin.
La marche était organisée par un groupe de religieux sunnites.
Les participants à la marche brandissaient des drapeaux colorés et des bandelores sur lesquelles on pouvait lire "Fils du grand Falloujah, nous sommes avec vous sur la route de la guerre sainte et de la victoire".
Ils se sont présentés à l'entrée ouest de la ville, où était posté un cordon des Marines. Après une fouille des véhicules, les Marines ont autorisé deux ambulances chargées de fournitures médicales, deux minicars transportant des légumes et d'autres vivres ainsi qu'une dizaine de véhicules avec des religieux et des responsables sunnites à entrer dans Falloujah.
Dans un communiqué, le Conseil intérimaire de gouvernement (CIG) irakien a condamné les violences et dénoncé l'attitude de Moqtada al-Sadr. "Si les forces de la coalition n'interviennent pas" pour y mettre un terme, "les forces populaires de l'Irak interviendront" pour arrêter ce "petit groupe", a souligné le CIG.

Démissions

Par ailleurs, le ministre irakien de l'Intérieur Nouri Badrane a annoncé jeudi sa démission, affirmant que l'administrateur américain en Irak Paul Bremer était mécontent de l'action de son département. "Je démissionne", a déclaré Nouri Badrane lors d'une conférence de presse.
"M. Bremer n'est pas satisfait de la performance du ministère", a-t-il dit.
Nouri Badrane, né en 1943, est un chiite qui a servi dans le gouvernement du régime déchu de Saddam Hussein comme ambassadeur en Russie, avant de fuir d'Irak lors de l'invasion du Koweit en 1990.
Il avait rejoint ensuite l'Entente nationale irakienne, mouvement de Iyad al-Allaoui.

Otages

Enfin, l'agence de presse Kyodo a confirmé que 3 Japonais ont été enlevés en Irak, citant un parlementaire de haut rang du Parti libéral démocrate au pouvoir dans l'archipel nippon. Ce parlementaire a dit avoir obtenu cette information du gouvernement japonais.
La chaîne de télévision Al-Jazira du Qatar a annoncé jeudi avoir reçu un enregistrement vidéo dans lequel un groupe irakien jusqu'ici inconnu, "les Brigades des Moujahidine", menace de tuer trois ressortissants japonais enlevés si Tokyo ne retire pas ses soldats d'Irak.
La chaîne satellitaire, qui a diffusé des images de personnes et documents d'identité japonais, a précisé que le groupe fixait aux autorités nippones un ultimatum de trois jours avant de mettre à exécution leur menace.
Huit Sud-Coréens ont également été capturés jeudi par des insurgés irakiens, qui en ont ensuite relâché un, a annoncé l'agence de presse sud-coréenne Yonhap, citant des sources au ministère des Affaires
Au total, 35 Américains et au moins 459 Irakiens sont morts dans les violences enregistrées cette semaine dans plusieurs villes irakiennes. Les forces américaines doivent désormais faire face à deux fronts d'insurrection, sunnite et chiite.



"Le capital est une force internationale. Il faut, pour la vaincre, l'union internationale, la fraternité internationale des ouvriers." Lénine
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Message par pelon » 08 Avr 2004, 16:03

Oui, il semblerait que l'Etat américain est de nouveau dans un bourbier. Ce ne sont plus les attentats du début de l'occupation qui n'étaient pas forcément significatifs.
Il s'agit maintenant d'un début de soulèvement qui touche la population chiite, hostile à S. Hussein. Tous les témoiganges font état d'un ressentiment largement ressenti dans la population, pas seulement des jeunes mais des femmes âgées par exemple qui ne cachent pas leur haine de l'armée américaine. Dans ces sonditions, Moqtada Sadr peut vite devenir une alternative pour la population face au CIG qui ne peut apparaître que comme un groupe de fantoches.
Je ne serais pas étonné que Bush passe la main à l'ONU ... et se retire plus ou moins rapidement.
pelon
 
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Message par Koceila » 08 Avr 2004, 17:46

a écrit :jeudi 8 avril 2004, 7h21 
Le monde arabe craint son pire cauchemar en Irak 
Par Samia Nakhoul

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DOUBAÏ (Reuters) - Les voisins arabes de l'Irak redoutent que le soulèvement chiite de ces derniers jours dans le sud du pays ne débouche sur leur pire cauchemar: une guerre civile qui déborderait des frontières irakiennes.


Dans les mois qui ont précédé l'intervention militaire américaine contre le régime de Saddam Hussein, en mars 2003, les dirigeants arabes avaient dit et répété que cette guerre risquait d'ouvrir la boîte de Pandore du radicalisme au Moyen-Orient.


Avec l'insurrection des miliciens de l'imam chiite Moktada Sadr dans plusieurs villes du Sud irakien, ils ont aujourd'hui le sentiment que leur prédiction est en train de se réaliser.


"C'est ce contre quoi nous avions mis en garde les Américains. Nous leur avions dit que Saddam Hussein ne représentait que 5% du problème. Les 95% restants sont demeurés invisibles à leurs yeux", déclare un diplomate arabe. "C'est une situation très dangereuse, c'est douloureux."


Le Qatar, allié solide des Etats-Unis, a dit craindre qu'une guerre civile n'éclate en Irak et que le pays devienne "un terreau fertile pour des terroristes".


"Les événements en Irak sont alarmants et nous avons peur d'être confrontés à une guerre civile comme en Afghanistan ou au Liban", souligne le ministre qatari des Affaires étrangères, le cheikh Hamad ben Jassim al-Sani.


"Nous ne pouvons pas laisser l'Irak dans cet état parce que le mal se propagera et je crois que la situation échappera à tout contrôle", ajoute-t-il.


Les chiites, qui représentent 60% de la population irakienne, considéraient les Etats-Unis comme un allié objectif dans le renversement de Saddam Hussein, qui les avait durement opprimés et écartés des structures du pouvoir.


Depuis la chute du régime de l'ancien président irakien, les Etats-Unis et les forces de la coalition étaient confrontés aux attaques d'insurgés sunnites, proches ou non des islamistes d'Al Qaïda, et des partisans de Saddam Hussein.


Le soulèvement des miliciens de Moktada Sadr, qui a débuté dimanche après l'arrestation d'un adjoint de l'imam chiite, fait craindre une tout autre tournure de la situation en Irak.


"Les Américains semblent s'enfoncer dans le bourbier irakien. Je n'ose pas imaginer les répercussions régionales d'une désintégration de l'Irak dans un chaos encore plus important", déclare sous le couvert de l'anonymat un responsable jordanien.


ARABES CONTRE KURDES, CHIITES CONTRE SUNNITES...


Spécialiste du dossier au Royal United Services Institute, à Londres, Moustafa Alani estime que "les graines de la guerre civile" sont présentes en Irak.


"Les ingrédients sont là - le détonateur et les explosifs - et cela nous rapproche d'une guerre civile à trois niveaux: Arabes contre Kurdes, chiites contre sunnites et tout le monde contre les Etats-Unis", explique-t-il.


"Dans le cas d'une guerre entre chiites et sunnites, d'autres pays, notamment l'Iran, décideront à un moment ou un autre de mettre leur poids dans la balance et cela incitera d'autres pays à les imiter, comment cela s'est passé au Liban", poursuit-il.


Ce scénario est également esquissé par Soli Ozel, chercheur au Royal Institute for Foreign Affairs, pour qui "le mauvais génie est sorti de la bouteille". "Si l'Irak se désagrège, d'autres Etats se mettront à soutenir leurs propres groupes et tout le monde sera aspiré", dit-il.


Selon des diplomates occidentaux, l'Arabie saoudite, qui fait figure de puissance régionale, s'inquiète elle de l'absence de toute courroie de transmission entre elle et l'Irak et redoute là encore les répercussions d'une crise chez son voisin du nord sur les milieux islamistes sunnites, dont les activistes vont et viennent déjà le long de la frontière irako-saoudienne.


La communauté chiite saoudienne pourrait elle aussi regarder avec attention le déroulement des événements en Irak.


L'an dernier, quelques semaines seulement après la chute de Saddam Hussein, un demi-millier de chiites saoudiens ont signé une pétition réclamant des droits accrus dans ce qui est considéré comme un premier signe de demandes de la minorité chiite à l'égard du pouvoir sunnite du royaume saoudien.


Et la liste n'est pas close: certains analystes évoquent Bahreïn, où les chiites majoritaires sont gouvernés par des sunnites, mais aussi la question kurde - un pouvoir accru pour les Kurdes d'Irak pourrait inspirer les Kurdes de Syrie et d'Iran, voire de Turquie.


Même l'arrestation de Moktada Sadr n'enrayerait pas une radicalisation des chiites irakiens, affirme le chercheur égyptien Mohamed al-Sayed, pour qui "La remarquable capacité de mobilisation de Sadr reflète l'étendue de la frustration face à la politique (américaine)".


Les dirigeants américains ont ouvert la boîte de pandore.... Mais ce sont les islamistes qui apparaissent comme les champions de la lutte anti-impérialiste et anti coloniale et non la classe ouvrière mondiale :halalala:
Koceila
 
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