a écrit :PARIS (AFP)
26 Avril 2007 14h18
Bayrou reste sur le devant de la scène, débat télévisé samedi avec Royal
Bien qu'éliminé au premier tour de la présidentielle, François Bayrou est parvenu à se maintenir sur le devant de la scène en donnant son accord au débat "public" proposé par Ségolène Royal, et qui sera retransmis sur i-Télé, Canal+ et France Inter.
Le débat entre Ségolène Royal et François Bayrou aura lieu samedi à 11H00 et sera retransmis sur i-Télé, Canal+ et France Inter, a annoncé jeudi Jean-Louis Bianco, codirecteur de campagne de la candidate socialiste.
Un tel débat, en plus du face à face prévu le 2 mai entre la candidate PS et son rival UMP Nicolas Sarkozy, constitue une situation inédite entre les deux tours.
Normalement, le "débat contradictoire" de second tour a lieu entre les finalistes, a souligné mercredi soir M. Sarkozy, repoussant ainsi l'idée avancée par le président de l'UDF d'un tel débat entre les deux hommes.
Justifiant le refus de l'ex-ministre de l'Intérieur par la "fidélité aux institutions", son directeur de campagne Claude Guéant a estimé jeudi que M. Bayrou "cherche à occuper toute la place" dans le débat du second tour.
Ségolène Royal face à la presse le 25 aril 2007 à Paris
Les conditions d'organisation de ce débat étaient en discussions jeudi à la mi-journée. Mme Royal et M. Bayrou étaient d'abord tombés d'accord pour un débat vendredi matin devant la presse quotidienne régionale, retransmis à la télévision. Mais le Syndicat de la presse quotidienne régionale (SPQR), qui a organisé deux forums où sont invités successivement M. Sarkozy et Mme Royal, a refusé de transformer le deuxième en débat.
Le président de l'UDF et ses 6,8 millions d'électeurs au premier tour (18,57% des voix) restent en tout cas très courtisés par les deux candidats en lice pour l'Elysée. M. Guéant a confirmé jeudi que la proposition de dialogue avec M. Bayrou "demeure". "Nicolas Sarkozy lui propose une rencontre soit avec lui, soit avec les parlementaires UDF, soit avec le bureau de l'UDF", a-t-il précisé.
Julien Dray, porte-parole du PS, s'est de son côté félicité de voir "les choses bouger" depuis la "prise de risque" de Ségolène Royal, qui au lendemain du premier tour avait tendu la main à M. Bayrou. Les partisans de la candidate socialiste ne se sont pas privés de souligner que si M. Bayrou n'a pas donné de consigne de vote mercredi, il s'en est pris en termes très vifs à Nicolas Sarkozy, épargnant relativement Mme Royal.
Cependant, la perspective d'une alliance entre les socialistes et les centristes s'est évanouie, Mme Royal ayant écarté tout accord au sommet pour s'adresser simplement aux électeurs du candidat UDF. Il s'agira "d'éclairer les électeurs" et non "pas (de) convaincre François Bayrou", a affirmé Mme Royal. "Nous ne sommes pas en négociation" mais "dans la clarification", a renchéri le Premier secrétaire du PS, François Hollande.
M. Bayrou quant à lui a confirmé mercredi son intention de transformer l'UDF en "parti démocrate", qui présentera des candidats aux législatives dans toutes les circonscriptions. A dix jours du second tour, M. Sarkozy et Mme Royal devaient poursuivre leur duel à distance, par médias interposés, dans la soirée sur TF1 et France 2.
Les deux derniers sondages (Ipsos et BVA) donnent Nicolas Sarkozy gagnant le 6 mai par 53% contre 47% à Mme Royal. Les électeurs de M. Bayrou devraient se diviser en trois blocs. La plus grande partie (39% pour Ipsos, 40,6% pour BVA) se reporteraient sur Mme Royal, de 32% à 33,9% choisissant M. Sarkozy et le restant n'exprimant pas d'intentions de vote ou s'abstenant.