Ford Blanquefort et Poutou

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Re: Ford Blanquefort et Poutou

Message par Gayraud de Mazars » 18 Mars 2019, 08:32

Salut camarades,

Bel article dans Libération sur Philippe Poutou et la lutte des ouvriers de Ford Blanquefort...

Philippe Poutou, sous le capot
Par Hervé Le Corre, «Libération» — 13 mars 2019

https://www.liberation.fr/france/2019/0 ... _NEzz3ydk4

Malgré les échecs et les résignations, l’ouvrier et leader d’extrême gauche continue de se battre contre la fermeture de son usine Ford.

«On n’est pas fatigués», entend-on souvent chanter dans les manifs sur l’air de lampions parfois vacillants. Pour bien faire comprendre à ceux d’en face qu’on ne lâchera pas l’affaire. «On lâche rien, on lâche rien», affirme-t-on aussi. Philippe Poutou est l’incarnation de ces slogans qui ne sont pas que les imprécations d’une pensée magique destinée à entretenir le moral des troupes. Ils témoignent chez lui d’une vraie force, d’un courage profond, d’une conviction viscérale, d’une éthique.

Ford Blanquefort.

Après trois ans d’intérim, il est embauché le 1er octobre 1999. «Au rythme où ça va, je risque d’être licencié le 1er octobre 2019.» Il adhère aussitôt à la CGT, premier syndicat de l’usine. L’usine. Douze ans de lutte. Douze ans de vie. Philippe Poutou utilise constamment un «nous» qui dit assez bien sa conviction : le collectif, «l’équipe syndicale», est bien plus que l’addition d’individus déterminés. C’est une force démultipliée qui agit. Tout juste concède-t-il que son exposition médiatique lors des deux campagnes présidentielles du NPA a aidé à rendre plus visible la lutte des Ford quand de nombreuses boîtes se battent dans l’indifférence générale des médias.

Action.

«En 2007, on a lancé la mobilisation, massive, dès la première alerte. On a anticipé sur leurs intentions, et ça les a impressionnés. Ils ont décidé de réinvestir sur le site. Et nous, on a gagné en crédibilité auprès des élus, de l’Etat : on savait de quoi on parlait. Cette usine était viable. Ford n’a pas respecté l’accord de 2013 [maintien des emplois, ndlr] avec les pouvoirs publics : la justice l’a condamné pour ça.» En 2018, le couperet tombe. L’usine sera fermée. «Ministres et élus locaux ont crié à la trahison, feignant la surprise. De fait, on n’a cessé, durant toutes ces années, d’alerter sur les intentions réelles de Ford. Tout le monde savait que le site était en sursis. Quand les uns ou les autres prétendent obliger Ford à payer, ça relève de la naïveté ou de l’aveuglement. Tout a été prévu, provisionné par la compagnie, depuis des années.»

Après un début de mobilisation important, la fièvre retombe. «Les collègues sont plutôt spectateurs de ce qui leur arrive. Résultat d’années de tension et d’usure.» L’équipe militante, alors, se met à douter : le moral en prend un coup. Philippe Poutou et ses copains se remettent en cause : incertaine, leur détermination vacille parfois. Mais l’envie un matin de tout laisser tomber est vite dissipée par une discussion avec quelques collègues. Il faut avoir la force alors de ne pas céder au découragement, de maintenir la cohésion du groupe malgré les engueulades, «les copains qui craquent, qui claquent la porte, puis reviennent». La camaraderie, l’amitié font le reste.

Fraternité de la lutte.

Cette passivité des salariés, cette résignation se rencontrent partout. Poutou avoue qu’il a du mal à les comprendre : «Alors que toutes les conditions seraient réunies pour que ça pète, il y a peu de riposte. On a connu tant de défaites, de déceptions… L’absence d’horizon politique pèse lourd, bien sûr. Se battre, ici, pour nos emplois, et après on fait quoi pour changer les choses ?» Dans ce contexte, qu’est-ce qui fait tenir le militant ? «La colère. L’indignation et la révolte face au cynisme de Ford. C’est comme ça que, dans l’équipe, on s’est tenu chaud.» Il évoque, l’air heureux, la solidarité qui entoure ce combat. Le soutien d’artistes, d’intellectuels. Les concerts (Bernard Lavilliers, puis Cali) pleins à craquer. Un livre : Ford Blanquefort, même pas mort ! (éd. Libertalia). Se battre pour sa dignité. C’est ce qui permet de tenir debout et d’éviter l’effondrement personnel et collectif. Les travailleurs de l’usine Ford ont peut-être baissé les bras mais ne courbent pas l’échine.

Le militant politique, porte-parole du NPA, a du mal à situer son action dans cette situation. Sa position l’aide à élargir le champ de la réflexion. Mais les défaites sociales et politiques s’accumulent, et il devient difficile d’ouvrir des perspectives. D’où un certain désarroi qu’il n’est pas le seul à éprouver, combattu par un volontarisme de l’action «Il faut y aller quand même. Ne pas se taire. Porter le plus fort possible cette parole, même fragile. J’ai le sentiment de planter un drapeau dans un champ de ruines, persuadé qu’un jour d’autres le reprendront. C’est pour demain qu’on lutte.»

Bien sûr, il y a les gilets jaunes. Ils remettent un peu de mouvement, d’agitation. Malgré leur méfiance, voire leur opposition au mouvement ouvrier traditionnel, ils portent une colère largement ressentie par la majorité des citoyens. Mais quelles perspectives ? Interrogations, sentiment d’être politiquement décalé, malgré le bon accueil qu’il a reçu dans les cortèges bordelais. Identifié comme un des leurs, de leur côté. Mais après ? Le doute, le questionnement sont aussi des vertus révolutionnaires. Ce qui aide à tenir, aussi, c’est la vie.

S’ouvrir, fuir, de temps en temps, vers des ailleurs. Voyager en famille, avec Béa et les enfants. Des week-ends de parenthèses. Se laisser aller, marcher dans des villes étrangères, s’émerveiller. Il cite Bruges, Amsterdam. L’Italie. Large sourire. «En Italie, tout est beau. Tout est bon. La bouffe…» Récemment, Naples. Le sublime désordre de cette ville. La vie débordante de ses quartiers populaires. Echappées belles. Et puis les livres. «Je ne lis pratiquement pas, ou plus, de textes politiques. Mais des romans, ça oui ! Qui sont souvent capables de dire plus que bien des essais ou des études sociologiques.» Il cite Retour à Reims, de Didier Eribon. Edouard Louis. Sorj Chalandon, auteurs dont la lecture l’a impressionné et nourri. Il attrape un livre de Roberto Saviano, Piranhas : «C’est puissant. On comprend tout de ce qui se joue dans certains coins d’Italie.» Poutou dit sa passion pour Erich Maria Remarque, dont il a lu tout ce qui a été traduit, depuis A l’ouest rien de nouveau jusqu’à ses derniers livres, taraudés par l’idée de la mort. Le cinéma ? Evidemment ! «On va à l’Utopia et on découvre des univers inconnus.» Des films japonais, Une affaire de famille de Hirozaku Kore-eda, ou chinois, A Touch of Sin de Jia Zhangke, l’ont marqué. Ou bien mexicains, comme le Violon de Francisco Vargas, ou américains, comme Nebraska (Alexander Payne).

Et soudain, il parle de Charlie Chaplin, dont il connaît aussi bien les grands films que les courts. L’homme s’illumine. Il mime la scène du vol des saucisses dans Une vie de chien. Et il revoit la scène des Temps modernes où Chaplin, ayant ramassé par hasard un drapeau rouge, se retrouve à la tête d’une manifestation ouvrière. «Aujourd’hui, quand tu brandis un drapeau rouge, il n’y a personne derrière toi !» Il rit, un peu triste, peut-être. Qui peut affirmer que l’avenir est écrit et que les temps ne deviendront pas «modernes», pour de bon ?
"Un seul véritable révolutionnaire dans une usine, une mine, un syndicat, un régiment, un bateau de guerre, vaut infiniment mieux que des centaines de petits-bourgeois pseudo-révolutionnaires cuisant dans leur propre jus."
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Re: Ford Blanquefort et Poutou

Message par Sinoue » 19 Mars 2019, 13:51

J'aime bien ce qu'il dit
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Re: Ford Blanquefort et Poutou

Message par com_71 » 31 Mars 2019, 00:32

Ford Blanquefort : une guerre de perdue, reste encore des batailles à mener (déclaration de P. Poutou du 28/3/2019)

https://npa2009.org/actualite/entrepris ... lles-mener

conclusion de P. Poutou a écrit :Il y a du chemin à parcourir car lors des premières réunions du groupe de travail pour la réindustrialisation de l’usine, les collectivités territoriales comme le ministère restent encore bien timorés face à Ford qui décide encore de tout.

Mais c’est pas fini.
L’intérêt ne pense pas, il calcule. Les motifs sont ses chiffres. K. Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois » 1842.
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Re: Ford Blanquefort et Poutou

Message par artza » 31 Mars 2019, 06:41

Encore une conséquence imprévue du réchauffement climatique?

Décidément plus j'y pense plus je me dis que c'est une bonne chose qu'il n'y ait pas de liste commune LO-NPA pour les européennes.
Que chacun dise ce qu'il a à dire de son côté comme il l'entend.
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Re: Ford Blanquefort et Poutou

Message par Duffy » 03 Juin 2019, 11:01

Dans le dernier anticapitaliste :

FORD BLANQUEFORT
Justice et lutte de classe

Notre résistance s’avérera peut-être n’être au final que de l’acharnement thérapeutique. On verra bien. En attendant, nous sommes un certain nombre à croire qu’il reste possible de sauver cette usine, les quelques centaines d’emplois directs et derrière quelques centaines d’autres induits. Et notre dernière cartouche est – semble-t-il – la justice.

Ce n’est pas le terrain habituel de la lutte des classes, mais quand même un moyen de défendre nos intérêts de travailleurs, notre droit à l’emploi. En tout cas, sur le papier, nous avons des raisons de croire que nous pouvons perturber le scénario établi, à savoir empêcher la fermeture de l’usine et les licenciements.

Des précédents

Car pour licencier économique-ment, il faut une cause économique. Et sans cause économique, il n’est pas possible théorique-ment, légalement, de licencier. C’est écrit dans le droit social en France. C’est d’ailleurs à ce titre que de nombreux syndicats ont pu gagner en justice ces dernières années : les Conti, les Moulinex... Les décisions des tribunaux avaient déclaré les licenciements sans cause réelle et sérieuse, donc abusifs.
Mais les lois sont décidément mal faites, car même quand un patron perd, il n’est pas obligé de réintégrer. La réparation reste donc très limitée, d’autant plus maintenant avec le plafonnement des indemnités prudhomales. La réintégration n’est pas prévue dans le droit français. Ce qui limite la portée d’une victoire même si elle permet d’augmenter sensiblement les indemnités de départ. Cela ne console pas de la perte d’un emploi mais soulage un peu quand même.
Notre bataille nous ayant au moins donné des délais importants, nous avons le temps de saisir la justice avant la fermeture de l’usine et la notification des licenciements. Les juges ayant accepté la procédure de juge-ment en urgence (assignation à la minute) l’audience aura lieu le 4 juin et normalement une décision devrait être rendue un mois plus tard, début juillet.

Continuer à se faire exploiter ?

Cela signifie que si les juges nous donnent raison, s’ils constatent l’absence de cause économique, alors ils invalident la fermeture et les licenciements. Et Ford n’a plus le droit de nous licencier. Cela ne résout certes pas tout mais dans notre situation, c’est déjà quelque chose : au minimum, cela repousse le licenciement et cela permet de relancer les dis-cussions d’une reprise éventuelle de l’usine et de l’activité, donc offre la possibilité de préserver des centaines d’emplois.
Ce n’est pas vraiment une perspective révolutionnaire. Comme le diraient les camarades de Lutte ouvrière, est-ce bien raisonnable de se battre ainsi pour garder son emploi ? Pourquoi continuer à se faire exploiter et en plus sans savoir à quelle sauce on se fera encore exploiter par un repreneur forcément capitaliste et rapace ? Mais le problème est que, pour vivre dignement, nous n’avons pas encore inventé mieux qu’un salaire. Si nous pouvions garder notre salaire sans l’emploi, on serait pour. Mais ce n’est pas vraiment possible.
Alors pour l’équipe syndicale que nous sommes, pour des collègues, même peu nombreux, la bataille pour la défense des emplois est primordiale. Et puis, ne pensons pas qu’à nous, car c’est aussi primordial pour touTEs les salariéEs dont l’emploi dépend de l’activité de cette usine, ce que l’on appelle les emplois induits dans la région. Donc ça compte pour plein de gens, même des gens qui n’en ont pas forcément conscience aujourd’hui.

Une usine qui ferme, c’est une catastrophe pour une région

Le problème surtout chez nous, dans nos têtes, dans celles des collègues et des autres salariéEs, c’est le niveau de résignation, c’est de penser qu’on ne peut rien faire d’autre que revendiquer des primes les plus fortes possible, ce que certains appellent «faire cracher» les patrons. C’est la seule perspective qui nous apparaîtrait réaliste. Et comme le travail est si pénible, si dégradé, si destructeur, si aliénant... le réflexe c’est de vouloir partir vite quand on est virés. C’est légitime, mais pour faire quoi après ? Chercher et parfois trouver un autre boulot mais souvent plus précaire, plus mal payé et où nous sommes encore plus mal considérés ?
Il n’y a sûrement pas de solution parfaite. Mais la bataille pour sauver une usine, le plus d’emplois possible, n’en est pas une si mauvaise que ça. Car une usine qui ferme c’est une catastrophe pour une région, c’est toute une population qui finit par le payer. C’est pour cela que nous essayons de bousculer des pouvoirs publics complètement passifs, incapables d’agir, d’être utiles, de se confronter à Ford. Il en va ainsi de l’État, du gouvernement, qui avaient pourtant fait des déclarations tonitruantes contre Ford, sa « trahison », ses licenciements boursiers. Mais aujourd’hui que font-ils tous ? Nous les avons sollicités pour appuyer notre action au TGI et, à ce jour, aucune réponse, ni oui ni non, le silence absolu. Ils auraient pourtant là une occasion de sortir de leur « impuissance » et d’être efficaces enfin.
Parce que certaines lois existent (encore), la justice, pourtant « de classe », peut rendre une décision qui va ponctuellement dans le sens des intérêts de notre classe, celle des travailleurEs. Cela s’est déjà vu. Une décision qui dirait que ça vaut le coup de ne pas baisser les bras et qu’une multi-nationale ne peut pas faire absolument tout ce qu’elle veut, qu’il n’y a pas d’impunité éternelle, qu’il est possible de s’en prendre au pouvoir patronal, que nous pouvons à un moment donné faire interdire des licenciements. Cela existe dans le droit : alors on fait.

Philippe Poutou


Avec une allusion à un article de l'avant-dernière LDC :
https://mensuel.lutte-ouvriere.org//201 ... 19077.html
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Re: Ford Blanquefort et Poutou

Message par artza » 04 Juin 2019, 05:14

Poutou n'est pas un communiste.
Il n'est pas marxiste.
Il n'est pas révolutionnaire.

Suffit de lire ses petites phrases marquées au coin du bon sens (bourgeois).

"Le salaire on a rien trouvé de mieux" (sic) " pour vivre dignement" (Pelloutier au secours!).

Et celle là "on (qui?) a gagné en crédibilité auprès des élus et de l'état" rien que ça!

Et puis des exemples inexacts pour pas dire mensongers.

"Continental a été condamné..." mais Clairoix est bel et bien fermée.

N'oublions pas quelques vantardises "bousculer les pouvoirs publics" (qui? où? quand?).

Des pouvoirs publics "passifs". Si seulement c'était vrai.

Poutou invoque "la passivité" des travailleurs. Sans doute, mais des décennies de syndicalisme à cette sauce y est un peu pour quelque chose.
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Re: Ford Blanquefort et Poutou

Message par Patrocle » 04 Juin 2019, 18:17

Pfffff Des sectaires pourraient faire les mêmes compilations de déclarations de militants de LO dans le cadre de leurs activités syndicales... (oui les militants syndicaux avec les travailleurs et leurs organisation se battent pour l'emploi, les salaires, contre les discriminations....etc. etc. etc)
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Re: Ford Blanquefort et Poutou

Message par com_71 » 05 Juin 2019, 09:31

20 minutes avec afp a écrit :Gironde: Devant la justice civile, la CGT tente un coup de poker contre Ford

La CGT veut faire reconnaître devant le tribunal que la fermeture du site girondin n’est pas motivée par des impératifs économiques

La CGT de l’usine Ford de Blanquefort veut faire reconnaître devant le tribunal que la fermeture du site girondin n’est pas motivée par des impératifs économiques.
C’est une bataille politique indique le leader du mouvement Philippe Poutou pour s’opposer à une fermeture jugée indue.
Le délibéré du tribunal sera rendu le 2 juillet.


Les ouvriers de l’usine Ford de Blanquefort en Gironde veulent tout tenter pour sauver leurs emplois. Ce mardi, la CGT du site a demandé à la justice de reconnaître que la fermeture du site n’était pas motivée par des impératifs économiques, l’avocate du constructeur automobile demandant au tribunal de se déclarer incompétent.

Cette usine implantée près de Bordeaux depuis 1972 fait l’objet d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) touchant 872 salariés qui a été validé par l’administration après le refus par Ford de l’offre du seul repreneur en lice, Punch Powerglide.

Une « bataille politique »

Mais avec cette assignation en justice devant une chambre civile du TGI de Bordeaux, le syndicat majoritaire de l’usine entendait mener « une bataille politique », a dit à l’issue de l’audience le représentant CGT Philippe Poutou, ancien candidat à la présidentielle.

« On voulait attaquer sur le fond politique de l’affaire : Est-ce qu’une entreprise comme Ford peut fermer une usine comme ça, avec les profits qu’ils font et l’argent public qu’ils ont, indûment à notre avis, reçu ? Notre démarche apparaît décalée, et ça fait presque rire Ford qu’on leur dise devant le juge qu’ils n’ont pas le droit de fermer leur usine. Mais on aimerait que la justice décide à l’inverse du contexte actuel de fermeture d’usines, de perte d’emplois partout, qu’elle stoppe cette machine infernale… »

Les collectivités soutiennent la CGT

« On espère que les juges auront ce culot et ce courage », veut-il croire, alors que l’ensemble des élus locaux, toutes étiquettes confondues, ont signé une lettre de soutien à l’action de la CGT.

A l’audience, l’avocat de la CGT Philippe Brun a notamment argué qu’il n’y avait pas de motif économique au licenciement car il ne s’agissait pas d’une cessation d’activité mais d’un « processus de délocalisation (de la production de boîtes de vitesse) vers les Etats-Unis d’Amérique ».

Le syndicat demande aussi au tribunal de constater que le refus par Ford de l’offre de Punch est abusif et d’ordonner que la société strasbourgeoise soit reconnue comme repreneur. Cette demande a toutefois été battue en brèche à l’audience par l’avocat de Punch, Jean-Fabrice Brun, venu répéter que son client n’était plus « en capacité de reprendre l’usine », « à son grand regret ».

Rejetant en bloc les « contre-vérités » et la « théorie fumeuse », selon elle, de l’inexistence du motif économique formulée par son contradicteur, l’avocate de Ford, Dominique Mendy, a demandé au tribunal de se déclarer incompétent, au profit de la justice administrative. Une voie de recours que la CGT n’avait sciemment pas explorée.

La CGT a plusieurs fois demandé à l’Etat d’être présent à l’audience pour soutenir son action en justice mais, selon le syndicat, l’administration a décliné car « une telle intervention mettrait en péril l’accord négocié avec Ford pour apporter 15 millions d’euros supplémentaires pour la réindustrialisation du site ».

Le jugement a été mis en délibéré au 2 juillet.
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Re: Ford Blanquefort et Poutou

Message par com_71 » 05 Juin 2019, 09:43

Patrocle a écrit :les militants syndicaux avec les travailleurs et leurs organisations se battent pour l'emploi, les salaires, contre les discriminations... etc. )


Certes, et les révolutionnaires dans les syndicats considèrent ceux-ci comme une "école de la lutte de classe" (dixit Marx je crois).

"Le salaire on a rien trouvé de mieux" "pour vivre dignement"


On peut se rappeler que jusqu'en 1973, le syndicat réformiste CGT faisait figurer dans ses statuts "l'abolition du salariat et du patronat".

Et que la grève, qui comprend le risque de se priver de salaire, représente aussi une certaine dignité... ;)
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Re: Ford Blanquefort et Poutou

Message par pouchtaxi » 05 Juin 2019, 16:00

com_71 a écrit :
Certes, et les révolutionnaires dans les syndicats considèrent ceux-ci comme une "école de la lutte de classe" (dixit Marx je crois).



Et même "l'école du communisme" : Lénine " La maladie infantile...." chapitre 6.

Cela étant, les révolutionnaires n'ont pas intérêt à être des enfants trop sages dans cette "'école".

Je renvoie au paragraphe complet du texte de Lénine d'où j'ai extrait l'expression "école du communisme".
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