Algérie, le "hirak" continue

Dans le monde...

Re: Algérie : la contestation s'amplifie

Message par Duffy » 15 Mai 2019, 14:32

Je suis retourné jeté un œil à la page facebook de "Voie ouvrière pour le socialisme". Elle est accessible sans avoir besoin de se connecter :
https://www.facebook.com/Ennahdj

Il y a deux nouveaux éditoriaux en ligne (ainsi qu'un tract qui appelait au 1er Mai).

L'un de ces "bulletins hebdomadaires" reproduits sur facebook est apparemment publié à la SNVI, et un autre à la SONATRO. Sur la SONATRO, cet article donne une idée de ce qui peut s'y passer (les salaires de misère et les contrats courts d'un côté, mais aussi l'attitude des patrons, la place des syndicats... et les réactions des travailleurs) :
https://www.huffpostmaghreb.com/entry/s ... 5e47de05bd

Je serais curieux de lire d'autres tracts similaires, s'ils existent, d'autres organisations. Sait-on si, dans le contexte actuel, le PST (par exemple, je cite le PST par ignorance du reste...) s'adresse directement politiquement aux travailleurs des entreprises où sont présents leurs militants ?

VOS, le 6 mai 2019, a écrit :
L’incarcération « des gros poissons » : Notre Hirak impose sa feuille de route, il est capable d’imposer le pouvoir du peuple !

Les manifestations populaires continuent de faire tomber les têtes et imposent l’emprisonnement du frère de l’ex président Said Bouteflika ainsi que l’ancien puissant chef du DRS Toufik et son successeur Bachir Tartag.

Qui l’aurait cru il y a quelques mois ! Voici ce dont sont capables les masses quand elles se mobilisent et luttent ! On ne peut que se réjouir de cette victoire rendue possible par la poursuite du Hirak et qui éguise l’appétit pour réclamer la tête d’autres figures liées au système et à la corruption. La population a aussi réussi merveilleusement à déjouer toutes les manœuvres du régime, des patrons et des médias des milliardaires visant à distiller le poison du racisme et du défaitisme.

Ainsi, le 1er Mai, la population de Djelfa avait fait barrage aux initiateurs d’une manifestation de soutien à Gaid Salah sur un fond raciste. Elle a dénoncé vigoureusement les initiateurs et chassé la militante raciste Naima Salhi , et a réitéré son appel à l’unité de la population dans sa diversité pour renforcer le Hirak et continuer la mobilisation. C’est ce sens élevé de maturité chez la population de Djelfa que des manifestants en Kabylie ont tenu à saluer, en brandissant des pancartes « Merci Djelfa », « Non au racisme, au régionalisme, nous sommes tous des algériens !». Elle les a incité à se démarquer des initiatives du comité de soutien au milliardaire incarcéré Issad Rebrab, elles aussi sur fond de régionalisme.

Pour défendre leurs intérêts, les patrons sont capables de s’appuyer sur toutes les idées et forces les plus réactionnaires quitte à jouer la carte de la partition et de la confrontation entre populations.

Par contre, les travailleurs et les pauvres ont plutôt intérêt à s’unir entre eux contre le régime et leurs patrons exploiteurs et non pas à se diviser sur des bases linguistiques pour se faire la guerre et mettre ainsi en péril le Hirak qui s’est construit dans la communion contre El Issaba. Quant à la question démocratique de Tamazight, transofrmée en fond de commerce par ces apprentis sorciers, il appartient aux démunis de la défendre comme ils ont réussi à faire cohabiter dans la rue le drapeau berbère et l’emblème national.

D’ailleurs les deux rassemblements des travailleurs pour célébrer le 1er mai ont rappelé la nécessité de l’unité de tous les travailleurs de toutes les régions du pays, pour chasser la bureaucratie syndicale incarnée par Sidi Said, tous les corrompus et faire valoir leurs droits.

Cette maturité a permis au hirak de s’inscrire dans la durée et de démasquer les manœuvres de Gaid Salah qui veut surfer sur la vague. La population n’est pas dupe, elle ne peut se contenter des arrestations des figures de la corruption et de l’arbitraire et l’emprisonnement de Toufik, Tartag et Said Bouteflika. Bien qu’elles nous réjouissent, cela ne satisfait pas nos aspirations à la liberté, à la justice sociale et à la dignité. C’est ce que nous rappelle la population de Tébessa qui a subi le diktat du patron de Youkous ou l’incident tragique de la Casbah ou la mobilisation des habitants des 1000 logements à Béjaia dénonçant les malversations de leurs élus locaux. Car si des changements sont annoncés, des corrompus arrêtés, on n’est pas encore parvenus à imposer le changement qui garantirait aux travailleurs et aux désœuvrés une vie meilleure.

Tant que notre mouvement dure, rebondis, les manœuvres de Gaid Salah et celles de prétendus représentants du hirak, défenseurs d’une transition démocratique dirigée par des « personnalités » seraient avortées. C’est pour cela que nous avons tout l’intérêt à nous mobiliser.

Le Hirak a jusqu’ici permis à la population mobilisée de conquérir le droit de manifester, de s’exprimer, de discuter dans la rue, dans les quartiers. Ces libertés démocratiques ne doivent pas être remises en cause. Alors se pose le problème de comment les inscrire et même les élargir dans la durée ? Comment assurer la liberté de parole, de critique non seulement dans la rue mais aussi dans les entreprises ? Peut-on compter pour cela sur les figures politiques qui pérorent sur la transition démocratique mais ne l’envisagent que d’en haut, loin de toute concertation avec la population, acceptant que l’armée accompagne le processus ? Peut-on se fier à ces élites et figures médiatiques qui réduisent la démocratie à des institutions parlementaires dans lesquelles ils se verraient bien siéger ?

Ces gens-là se moquent bien que la démocratie s’arrête à la porte des entreprises. Non, les libertés démocratiques et les droits politiques sont trop sérieux pour qu’on les laisse aux politiciens, à l’état major de l’armée, aux représentants du patronat. C’est à nous, ceux d’en bas, de nous en occuper. Nous pouvons, nous devons nous emparer de ces questions démocratiques et les prendre en charge. C’est la seule voie pour qu’émerge un régime vraiment démocratique pour toute la société.


VOS, le 13 mai 2019, a écrit :
Les travailleurs peuvent montrer la voie pour un changement au profit de la majorité du peuple

Après l’arrestation des trois gros poissons, Gaid Salah s’attaque à leurs soutiens. On parle de certains journalistes, d’ex militaires et d’hommes politiques qui seraient convoqués à la barre. Mais la seule qui est incarcérée, jusque-là, c’est Mme Louiza Hanoune, la secrétaire générale du parti des travailleurs.

Certes, cette dernière paie ses accointances avec le régime et ses fréquentations politiques. Mais la justice d’El Gaid ne doit pas nous duper pour autant. Personne ne l’ignore, Gaid Salah s’attaque uniquement à ses rivaux et tente de neutraliser ses concurrents, tandis qu’il garantit l’impunité à ses alliés qui ne sont pas moins décriés par les manifestants.

Les travailleurs peuvent se réjouir ou se montrer indifférents vis-à-vis de ces affaires. En revanche, ils ne doivent en aucun cas prêter du crédit à ces règlements de comptes qui ne sont utiles que dans la mesure où ils nous livrent des secrets de la classe dirigeante. Nous n’avons qu’à exiger des procès publics équitables car il est de notre droit de connaitre les tenants et aboutissants de toutes ces affaires.

Un costume de justicier pour un travail de pompier

Avec son costume de justicier qui fait semblant de satisfaire les revendications du peuple, El Gaid tente de renforcer la position de son groupe au niveau du régime et mène, par la même occasion, une opération de séduction pour s’offrir une base populaire dont le seul but est de sauver le régime et de briser notre mouvement.

A travers les dénonciations de larbins au service des puissances étrangères et les alertes sur les complots de leurs rivaux au sein du régime, qui par ailleurs, sont réels, les nouveaux tenants du pouvoir visent en réalité à surfer sur le sentiment patriotique des masses et à nous pousser à nous abriter sous le parapluie du sauveur de la nation. En jetant ainsi le discrédit sur ces notables promus par les médias, le régime espère délégitimer les revendications portées par le peuple afin d’imposer sa feuille de route impopulaire qui consiste à organiser une élection présidentielle sous l’égide du même régime.

En effet, les nouveaux tenants du pouvoir n’ont pas pour souci de satisfaire les revendications populaires. Sinon, comment expliquer l’impunité des barons comme Tliba qui, à l’instar d’autres privilégiés, est devenu millionnaire du jour au lendemain ? Comment expliquer la quiétude d’un Chakib Khalil, dont les missions gouvernementales, sous le règne de Bouteflika consistaient à servir les multinationales américaines et dont la gestion du secteur pétrolier était rythmée par de nombreux scandales ? D’autres exemples peuvent être cités, tellement ils sont nombreux, pour montrer l’inconséquence de cette justice à géométrie variable.

Nous pouvons imposer notre perspective

Le 12ème vendredi a été marqué par une grande mobilisation mais surtout par la détermination des manifestants. Malgré la chaleur et le jeûne, en dépit de la fermeture des routes, des millions d’Algériens sont sortis dans la rue pour réitérer leurs revendications et leur aspiration à un vrai changement. Dans de nombreuses entreprises à l’instar de GTP, Sonatro, Air Algérie, les entreprises de sous-traitance, SNVI Contantine, Danone…, des travailleurs se sont mis en grève pour défendre leurs droits. Tous ces indicateurs montrent que la mobilisation ne faiblit pas. Cependant, notre mouvement manque cruellement de perspectives.

Laisser notre mouvement entre les mains des tenants du régime ou le confier aux notables que veulent nous imposer les médias des milliardaires reviendrait à offrir le bâton à nos ennemis ou à nos faux alliés pour nous mater. Le personnel du régime et les politiciens de l’opposition qui se disputent le pouvoir ont tous le même projet. Celui de servir les intérêts des riches contre ceux des travailleurs et des couches populaires. Hormis ceux qui, comme Bouchachi, Tabou, Assoul ou encore Taleb EL Ibrahimi… refusent de se prononcer sur nos salaires et sur nos droits économiques et démocratiques, les autres comme Benbitour ne cachent pas leur plan de faire payer les travailleurs et d’imposer l’austérité.

C’est pour cela que les travailleurs n’ont pas à leur céder le terrain politique. Ils doivent discuter dans des assemblées et élire leurs délégués parmi leurs semblables pour imposer un changement au profit des travailleurs et des couches populaires.
Duffy
 
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Re: Algérie : la contestation s'amplifie

Message par com_71 » 17 Mai 2019, 10:07

Duffy a écrit :...ainsi qu'un tract qui appelait au 1er Mai


Texte de ce tract (c'est un bulletin SNVI, sous-titré "Du boulot y'en a pour tout le monde") :

1er mai : Face au camp d'el Issaba et de ses relais, construisons le camp des travailleurs et des exploités

Qui aurait prédit il y a deux mois que le hirak rassemblerait à travers toute l'Algérie des millions d'hommes et de femmes, des travailleurs et des chômeurs, des retraités, des étudiants, des petits fellahs et des petits patrons... Le régime veut jouer la montre et mise sur l'essoufflement de notre mouvement, mais nous sommes encore des millions à exprimer notre colère et notre envie d’un vrai changement en ce 10ème vendredi.
La démission de Bouteflika, le limogeage d'Ouyahia. les changements de ministre et de walis, les poursuites judiciaires et les arrestations de certains patrons et de responsables politiques n'ont pas permis au régime d’arrêter le mouvement.
L'arrestation de Haddad et l'incarcération de Rebrab et des frères Koninef ne doivent pas nous duper. Gaid Salah veut, à travers ces opérations de règlement de compte, se donner une légitimité et redorer son blason.
L'emprisonnement de Rebrab a été beaucoup commenté par les médias et cela plus que le drame de la Casbah : c'est dire le mépris qu'ils ont pour les pauvres. Les manœuvres des apprentis sorciers ayant tenté d'enrôler la Kabylie dans des manifestations de soutien à ce milliardaire au nom de son origine montre à quel point ils sont prêts à nous pousser dans des conflits régionalistes pour servir les intérêts de leurs patrons.
Bouchachi et bien d'autres politiciens s'en sont faits les défenseurs, en expliquant que le système c'était les politiciens et pas les patrons. En défendant l’idée que la justice ne doit pas agir sous l’actuel régime, ils préparent leurs plaidoiries pour innocenter ces grands patrons qui font partie du système et dont le peuple réclame le jugement « Klitou leblad ya Saraqine», «Tethasbou ga3» scandés lors de toutes les manifestations signifie le jugement de tous les voleurs sans exception, politiciens véreux et patrons mafieux.
Nous ne pouvons pas faire confiance à ces politiciens qui défendent les riches : nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes. Avant la prochaine marche du vendredi il y aura la journée du 1er mai. Voie ouvrière pour le socialisme sera présente dans le rassemblement des travailleurs et au niveau de la marche des fonctionnaires. Nous devons y être nombreux (euses) pour affirmer notre camp face à celui des patrons et de leurs serviteurs.
C’est la première fois depuis des dizaines d'années, que nous allons célébrer cette journée internationale dans la lutte. Cette année, notre voix de travailleurs algériens pourra se mêler, fièrement, à celle de millions de travailleurs à travers le monde.
Ça sera, surtout, l'occasion de montrer notre force et dire aux jeunes des quartiers populaires, de la Casbah, de la Kabylie, du Sud, de l’Ouest et de l'Est que l'argent que les patrons et l’État ont gagné sur notre dos doit servir à embaucher, à augmenter les salaires, à construire des logements décents, à financer la santé...
Mais pour être une force capable d’affronter les patrons et leurs serviteurs et montrer la voie aux couches populaires, il faudra être encore plus nombreux (euses) à discuter pour nous organiser démocratiquement. Nous devons nous donner des organisations dans les entreprises et élire nos représentants parmi nos semblables et pouvoir les contrôler. C’est comme ça que nous pourrions nous défendre et offrir une perspective au hirak pour imposer des politiques au service de la majorité de la population
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Re: Algérie : la contestation s'amplifie

Message par com_71 » 17 Mai 2019, 14:22

Aujourd'hui le pouvoir ne veut pas de grosse manifestation
https://fr.news.yahoo.com/alg%C3%A9rien ... 35189.html
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Re: Algérie : la contestation s'amplifie

Message par com_71 » 17 Mai 2019, 14:41

Communiqué de VOS sur l'arrestation de Louisa Hanoune. VOS demande un procès public.
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Re: Algérie : la contestation s'amplifie

Message par Patrocle » 18 Mai 2019, 11:10

Quel courage politique !
1/reprendre les arguments de Gaïd Sala sur la collusion en le frère de Boutef et Louisa Hanoune
2/ ne pas demander la libération immédiate de Louisa Hanoune pour préférer réclamer un "procès public" comme si la justice de l'état algérien pouvait garantir un procès juste.
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Re: Algérie : la contestation s'amplifie

Message par Plestin » 18 Mai 2019, 15:07

Voici la position de LO sur cette question :


Libération de Louisa Hanoune !

15 Mai 2019

Le 9 mai en Algérie Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs était à son tour arrêtée. Après avoir fait arrêter des grands patrons et des généraux, Gaïd Salah s’attaque ainsi à la responsable d’un parti se réclamant de la défense des travailleurs. Elle est accusée de « complot ayant pour but de porter atteinte à l’autorité du commandant d’une formation militaire » et pour « changer le régime ».

Louisa Hanoune, qui a été la première femme du monde arabe à se présenter à une élection présidentielle, y avait gagné une popularité parmi les travailleurs. Puis, au nom de la stabilité du pays et de la défense de la nation algérienne, son parti, le PT, a apporté pendant plus de vingt ans son soutien à Bouteflika. C’était malheureusement renoncer à proposer une politique indépendante à la classe ouvrière algérienne et abandonner l’internationalisme pour le nationalisme.

Mais si les travailleurs d’Algérie peuvent avoir bien des critiques à faire au PT et à Louisa Hanoune, ils ne peuvent que s’opposer à cette arrestation. Le chef de l’armée, qui prend la posture de sauveur du mouvement et de justicier, veut ainsi jouer à l’arbitre qui frappe aussi bien à sa gauche qu’à sa droite. Il crée un précédent qui vise à intimider tous les militants et derrière eux le monde du travail.

Ce n’est pas à Gaïd Salah, c’est aux travailleurs dans les entreprises, à la population dans les quartiers de discuter démocratiquement et de choisir parmi les différentes politiques qui leur sont proposées. Il faut exiger la libération immédiate de Louisa Hanoune !
L.W.

Plestin
 
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Re: Algérie : la contestation s'amplifie

Message par Patrocle » 18 Mai 2019, 17:09

Plestin a écrit :Voici la position de LO sur cette question :
Libération de Louisa Hanoune !
...
Ce n’est pas à Gaïd Salah, c’est aux travailleurs dans les entreprises, à la population dans les quartiers de discuter démocratiquement et de choisir parmi les différentes politiques qui leur sont proposées. Il faut exiger la libération immédiate de Louisa Hanoune !
L.W.


Merci Plestin.
Patrocle
 
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Re: Algérie : la contestation s'amplifie

Message par com_71 » 21 Mai 2019, 12:35

jeune afrique a écrit :Algérie : Ahmed Gaïd Salah réitère son appel à la tenue d’une élection présidentielle
20 mai 2019 à 18h02 | Par Arianna Poletti

Ahmed Gaïd Salah s’est à nouveau exprimé lors de sa visite à Ouargla, dans la quatrième région militaire. Le général a affirmé vouloir « accélérer la création d’une instance indépendante pour l’organisation des élections », tout en s'inquiétant de « la persistance de la crise ».

Le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP) Ahmed Gaïd Salah s’est à nouveau exprimé depuis Ouargla, dans l’est du pays, comme il l’avait fait le 26 mars dernier, lorsqu’il avait appelé à l’application de l’article 102 de la Constitution. Deux semaines après son dernier discours à Constantine, le général reprend sa tournée dans les régions militaires et réitère son appel à la tenue d’une élection présidentielle – pour l’instant prévue le 4 juillet.

« La tenue de l’élection fera taire tous ceux qui tentent de faire perdurer cette crise. L’étape principale serait d’accélérer la création et l’installation de l’instance indépendante pour la supervision des élections », a-t-il prononcé. Pendant que les critiques contre la tenue d’un scrutin considéré comme trop précipité se multiplient, aussi bien de la part des manifestants que parmi la classe politique, Ahmed Gaïd Salah ne semble pas vouloir renoncer au scrutin.
« Personne n’a le droit de se substituer à la justice »

Selon le chef d’état-major, les élections permettraient d’« éviter de tomber dans le piège du vide constitutionnel et tout ce qui s’en suivra comme dangers et dérapages aux conséquences désastreuses ».

Cette fois, Ahmed Gaïd Salah s’est adressé directement à la rue. « Il est préférable que les marches se caractérisent par un niveau raisonnable et suffisant d’organisation et d’encadrement, pour faire émerger des vrais représentants pour transmettre les revendications légitimes de ces marches, en leur évitant toute forme d’anarchie », a-t-il déclaré, pointant le risque, selon lui, de « tomber dans le piège de l’infiltration par des individus ayant des plans suspects ».

Ces « individus » pourraient utiliser les manifestations comme « une passerelle pour transmettre certaines revendications irrationnelles, telle que l’exigence du départ collectif de tous les cadres de l’État, sous prétexte qu’ils représentent les symboles du système », a-t-il lancé, jugeant cette revendication « dangereuse et malveillante ».
Déjà critiqué

Revenant sur la série de convocations devant les tribunaux militaires de personnalités proches ou réputées proches de l’ancien régime, Ahmed Gaïd Salah s’est félicité que « les têtes de la discorde » soient aujourd’hui en train de « subir la sanction juste et équitable qu’elles méritent ». « Ce sera également le sort de tous ceux qui sont impliqués dans le complot contre l’Armée nationale populaire et l’Algérie », a-t-il prévenu.

Pourtant, les slogans des manifestants continuent à ne pas épargner le chef d’état-major, une nouvelle fois critiqué lors de ce treizième vendredi de contestations et considéré comme partie intégrante du système.

Quelques heures après la tenue du discours, le député Mohcine Belabbas, du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), a également critiqué le discours de Gaïd Salah, en l’accusant de « tergiverser dans des postures qui ont déjà fait perdre à la nation beaucoup de temps. » Selon Belabbas, « personne n’entrave la solution constitutionnelle. Elle n’est tout simplement pas une solution, mais un problème. »


https://www.jeuneafrique.com/777580/pol ... 4-juillet/
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Re: Algérie : la contestation s'amplifie

Message par com_71 » 21 Mai 2019, 12:37

dz video a écrit :Adrar : manifestation nocturne contre le discours de Gaïd Salah

Publié le 21 mai 2019

Quelques heures seulement après le discours de Gaïd Salah qui réitère le maintien de l’élection présidentielle du 04 juillet, des milliers de manifestants sont sortis dans les rue de la ville d’Adrar, dans le sud algérien.

Décidément le vice-ministre de la Défense est en train de faire consensus contre sa personne.

Une marche spontanée qui a drainé des milliers de manifestants, juste après la rupture du jeûne a eu lieu dans la paisible ville d’Adrar. Les paisibles Adraris ont exigé le départ d’Ahmed Gaïd Salah et le retrait de l’armée de la scène politique.

Ces mots d’ordre signent la rupture entre le vice-ministre de la Défense et le peuple qu’il dit pourtant soutenir. Paradoxal !

Le discours tenu, lundi, par Gaïd Salah ne plaît pas du tout aux masses populaires qui commencent à l’exprimer un peu partout. Le chef d’état-major maintient son calendrier et refusé les revendication du peuple D’autres soulèvements sont attendus avant même la marche de vendredi prochain. (voir la vidéo)


https://www.dzvid.com/2019/05/21/adrar- ... aid-salah/
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Re: Algérie : la contestation s'amplifie

Message par com_71 » 18 Juin 2019, 21:30

Tous les chemins mènent à l'Assemblée Constituante ?
Sept partis de l’opposition ont signé ce mardi 18 juin un appel aux « forces de l’alternative démocratique » pour « un dialogue sérieux, responsable et inclusif ».

« L’heure aujourd’hui est à la concertation et au dialogue des forces progressistes afin de construire un pacte politique consensuel qui définira par la suite les contours du processus de transition démocratique dans notre pays. C’est dans cette optique qu’une première rencontre de concertation et de dialogue est décidée d’un commun accord pour le 26 juin 2019 », lit-on dans l’appel signé par le FFS, le RCD, le PT, le PST, le MDS, l’UCP (Union pour le changement et le progrès de Zoubida Assoul), le PLD (Parti pour la laïcité et la démocratie) et maître Noureddine Benissad au nom de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH).

Source : TSA Tout sur l'Algérie.
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