"Tribune des Travailleurs" - POID - etc.

Lettre aux partis d'origine ouvrière

Message par lyderic » 05 Jan 2018, 15:55

Sur mandat de la conférence du 2 décembre, le collectif national d’animation du Mouvement pour la rupture avec l’Union européenne et la Ve République a écrit aux « partis et organisations politiques qui ont pour origine le mouvement ouvrier et démocratique » (Ensemble !, LFI et les organisations membres de son espace politique, Génération.s, LO, NPA, PCF, POID, PS). La Tribune des travailleurs en publie la lettre.
Camarades,
Nous nous adressons à vous sur mandat des 400 délégués des comités qui se sont constitués autour de l’appel « Unité pour chasser le gouvernement Macron-Philippe » initié par le Mouvement pour la rupture avec l’Union européenne et la Ve République*. Ces délégués, venus de toute la France, se sont réunis en conférence nationale le samedi 2 décembre à Montreuil, mandatés par plus de 17 000 signa- taires de l’appel cité.
Tous les délégués, quel que soit leur engagement politique (PCF, LFI, POID, PS…) ou syndical, ont tous fait la même constatation : la politique du gouvernement est une politique destructrice de tous les acquis ouvriers (Code du travail, Sécurité sociale, assurance chômage, retraites par répartition, formation professionnelle, Éducation nationale, services publics…). Ils ont tous constaté que, quels que soient les programmes des différents partis se réclamant de la classe ouvrière, aucun d’entre eux ne s’appliquera tant que Macron restera au pouvoir.
Rien ne devrait alors s’opposer à l’unité. Ils ont en conséquence adopté un nouvel appel que vous trouverez en pièce jointe qui fait la proposition que soit organisée dans l’unité, en 2018, une manifestation nationale pour dire : « Dehors le gouvernement Macron-Philippe et sa politique ! »
Nous sommes intéressés à connaître votre position sur notre initiative.
Nous vous proposons de vous rencontrer à la date qui vous convient pour que nous puissions voir comment nous pourrions agir ensemble.
Recevez, camarades, nos meilleures salutations militantes,
Le collectif national d’animation,
Paris, le 18 décembre 2017
* Le Mouvement pour la rupture avec l’Union européenne et la Ve République a été constitué le 5 novembre 2016 par 500 délégués, de toutes tendances politiques et syndicales du mouvement ouvrier, réunis en conférence nationale. En septembre 2017, son collectif national d’animation a lancé l’appel « Unité pour chasser le gouvernement Macron-Philippe », qui a recueilli plus de 17 000 signatures.
Pour toute correspondance : Claude Charmont (ue.rupture@gmail.com)
lyderic
 

Re: "Tribune des Travailleurs" - POID

Message par artza » 16 Sep 2018, 19:25

D'accord je signe l'appel de Nantes! :lol:

Combien rigolent avec moi? ;)
artza
 
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Re: "Tribune des Travailleurs" - POID

Message par com_71 » 16 Sep 2018, 20:57

artza a écrit :D'accord je signe l'appel de Nantes! :lol:

Combien rigolent avec moi? ;)



Certainement pas les (22 ?) premiers signataires des ACN à Nantes ACN, (pas BN...) :D
L’intérêt ne pense pas, il calcule. Les motifs sont ses chiffres. K. Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois » 1842.
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Re: "Tribune des Travailleurs" - POID - etc.

Message par admin » 15 Juil 2019, 12:55

Comité d’organisation des socialistes internationalistes (COSI)

Lettre ouverte aux militants qui veulent rester fidèles à la classe ouvrière et à ses intérêts historiques

Cher(e)s camarades,

Pour la vingtième semaine consécutive, des millions et des millions d’anonymes ont à nouveau exprimé leurs aspirations profondes : « Système dégage ! Souveraineté populaire ! »

Ce mouvement du peuple tout entier pour la démocratie, la souveraineté nationale et la souveraineté populaire, met à l’ordre du jour la convocation immédiate de l’Assemblée constituante souveraine, qui actera le départ définitif du régime rejeté par les masses, et définira la forme et le contenu des institutions de cette Algérie nouvelle à laquelle des millions aspirent.

Armés de toute l’expérience d’un siècle, au moins, des combats de la classe ouvrière internationale et de son avant garde, et des peuples opprimés par l’impérialisme, nous savons que pour imposer cette assemblée constituante souveraine qui ouvrira la voie à une issue positive, la classe ouvrière algérienne devra prendre la direction des masses opprimées, ce qui pose tout le problème de son indépendance politique.

Mais voilà, comme vous le savez, le 26 juin, en scellant un « Pacte pour une véritable transition démocratique » avec d’autres partis – dont certains représentent une fraction de la bourgeoisie compradore subordonnée à l’impérialisme –les dirigeants du Parti des travailleurs (PT) d’une part, et du Parti socialiste des travailleurs (PST) de l’autre, deux partis qui se réclament de la révolution prolétarienne, ont franchi une ligne rouge.
Cette alliance n’est pas circonstancielle, sur un point particulier de la lutte tel que celle nécessaire contre la répression ou en défense des libertés démocratiques, ou les organisations et partis tout en agissant ensembles conserveraient leur indépendance, selon le vieux principe du mouvement ouvrier de « marcher séparément frapper ensemble », mais « un pacte » fondé sur la lutte commune pour le pouvoir entre des organisations et des partis politiques d’extraction historique, de programmes divergents, entre des organisations se réclamant des travailleurs et des avocats de la bourgeoisie et de son état.

En effet le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), et l’Union pour le Changement (UPC) sont parmi les signataires.

Le RCD qui a été représenté par trois ministres dans le premier gouvernement Bouteflika/Benflis lorsque celui-ci réprimait dans le sang le soulèvement de la jeunesse en Kabylie, n’a jamais caché, à travers son programme, son attachement « à une économie de marché sociale et étique », à une « privatisation accélérée des entreprises publiques », et son soutien aux mesures et recommandations du FMI et de la banque mondiale.
L’UPC, présidée par Zoubida Assoul, est une coquille vide. Ce parti et sa principale dirigeante ont soutenu, au début du mouvement populaire, la candidature, à l’élection présidentielle avortée, de Ghédiri, général major à la retraire, une’ candidature propulsée par une partie de la hiérarchie militaire. Avant ce haut fait d’arme Zoubida Assoul participait à « la Moutawana », aux côtés de Ahmed Benbitour, ex premier ministre, et de Bénaouari, ex ministre des finances et actuel PDG de plusieurs fonds financiers privés dont celui de la banque française la Société Générale.
Il y a également parmi les signataires deux résidus de la crise du Parti d’avant-garde socialiste (PAGS) , parti stalinien historique : le Mouvement Démocratique et Social (MDS) et le Parti pour la laïcité et la démocratie (PLD).

Le MDS s’est reconverti totalement à « l’économie de marché » et dans son tout récent conseil national s’est opposé à la revendication de l’assemblée constituante souveraine.

Le PLD, fait encore plus fort. Moulay Chentouf, son principal dirigeant, écrit dans un message, publié par El Watan le 21 mai et par le soir d’Algérie le 23 du même mois :

« L’ANP doit être la garante du caractère pacifique de la transition et de son issue démocratique. l’ANP est la force la plus avancée et la plus organisée de l’Etat et de la société. C’est pourquoi, le peuple compte sur son armée pour l’accompagner dans le processus révolutionnaire qu’il mène. L’ANP est priée instamment de s'inscrire pleinement dans le sens des revendications du peuple en traduisant concrètement et dans l’urgence son slogan majeur : « système dégage » par la dissolution de tous les partis politiques sans exception et de toutes les organisations syndicales. »
La qualité des signataires, et leur programme, permettent- de saisir pleinement le contenu du « pacte » signé.

Dans la déclaration du 30 juin du Comité d’Organisation des Socialistes Internationalistes (COSI) il était précisé : « .le pacte a été élaboré pour que chaque parti séparément et tous ensemble puissent s’y reconnaitre. Incontestablement la situation politique actuelle, la nature de la politique du régime et les aspirations du mouvement populaire sont parfaitement abordés par la déclaration. Des revendications radicales sont mêmes insérées dans ce « pacte politique ».

Mais cela n’est pas l’essentiel. Il est ailleurs.

En effet il est écrit « (que) « aucune négociation et aucune transition démocratique ne sont possibles (c’est nous qui soulignons) » puis suit une série de conditions adressées au régime.

En d’autres termes une négociation avec le régime pour s’entendre sur une période de transition est possible. Et dans ce cas il faudrait sans aucun doute aboutir « à un compromis » avec le système. Ce n’est ni plus ni moins que ce qu’a demandé le principal responsable du FFS. Il a dit dans son intervention « qu’il faudra bien aboutir à un compromis ». Ali Benflis qui parle pour la hiérarchie militaire ne dit pas autre chose dans son interview « impérieuse nécessité d’un grand compromis national» donnée au « Quotidien d’Oran » mardi 25 juin.

Des questions se posent et sont posées aux formations politiques qui se réclament du mouvement ouvrier.

En évoquant les conditions d’un possible dialogue avec le système « le pacte politique » ne tourne t il pas le dos au mouvement populaire qui depuis 19 semaines dit « système dégage », « la parole au peuple » ? « Le pacte politique » n’a-t-il pas saisi ainsi la main tendue de Gaid Salah a qui les millions de marcheurs chaque semaine cherchent à l’aider à quitter le pouvoir ? Et cette main tendue refusée jusque là, au point que l’élection présidentielle du 4 juillet a été annulée et que la nouvelle échéance électorale n’a toujours pas été annoncée, n’est-elle pas l’essentiel de la politique du système et là saisir ne constitue t-elle pas une bouée de sauvetage pour le régime ? »

Cher camarade

Vous avez sans aucun doute reconnu, comme nous, la nature de ce document, son objectif, et donc la nature de l’alliance conclue : une alliance contre-révolutionnaire sans rivage à droite. Une alliance de même nature surgit en certaines circonstances de la lutte de classes à l’échelle mondiale dont les leçons ont été généralisées dans le programme de transition de la IV internationale :
« Les fronts populaires d’une part, le fascisme de l’autre, sont les dernières ressources politiques de la bourgeoisie dans la lutte contre la révolution prolétarienne », qui ajoute les organisations révolutionnaires ne peuvent avoir de place dans aucun des fronts populaires, car ceux-ci s’oppose irrémédiablement à tous les groupements politiques liés à la bourgeoisie. . Parlant des « pays coloniaux et semi-coloniaux, non seulement en Chine et en Inde, mais en Amérique latine », le Manifeste d’alarme de la IV° Internationale (1940) dénonçait « la fraude du front populaire » visant à « paralyser la classe ouvrière » au compte de l’impérialisme ».

C’est de cela qu’il s’agit avec ce « Pacte » du 26 juin.

A la volonté mille fois exprimée par des millions d’Algériennes et d’Algériens de « système, dégage ! » et « souveraineté populaire ! », le « Pacte » oppose la perspective « d’instaurer un processus constituant souverain qui prend en compte les aspirations démocratiques et sociales de l’immense majorité du peuple », et se prononce pour « l’organisation d’une période de transition qui réunit les moyens politiques pour l’expression d’une véritable souveraineté du peuple et l’édification d’un Etat de droit démocratique ».

La déclaration du « Pacte » du 1er juillet franchit un pas de plus en déclarant : « Les forces politiques de l’alternative démocratique réaffirment plus que jamais leur volonté d’agir en concert avec toutes les forces vives de la nation, pour la satisfaction des aspirations légitimes du peuple algérien afin de consacrer sa souveraineté par la mise en place d’un processus constituant souverain. »

Coalition avec des partis bourgeois subordonnés à l’impérialisme, revendication d’une « période de transition », d’une « action de concert avec les forces vives de la nation » dont nous savons tous, selon le langage courant en vogue dans notre pays, qu’elles incluent notamment la hiérarchie militaire, et aussi les partis corrompus, hier liés au régime, qui se prétendent aujourd’hui les « forces du changement » (comme en témoigne la présence physique de Abdelaziz Rahabi, ex-ministre et coordinateur des « forces du changement » à la réunion du 26 juin.

Tout cela, ce n’est pas seulement tourner le dos aux aspirations des masses. C’est renoncer, et prétendre interdire à ce que s’impose la seule issue démocratique : l’Assemblée constituante souveraine qui prendra tous les pouvoirs entre ses mains pour mettre en œuvre la souveraineté populaire.

C’est, de la part de dirigeants de partis, le PT et le PST, qui se réclament du socialisme l’abandon manifeste des principes les plus élémentaires du programme. C’est le basculement dans le Front populaire, politique qui a toujours préparé les plus grandes défaites du prolétariat, de l’écrasement de la révolution chinoise en 1927 à celui de la révolution espagnole en 1936-1939, ou encore de la tragédie du Chili en 1973.

En s’engageant dans le « Pacte », ces dirigeants ont renoncé au programme. S’ils refusaient de rompre le « Pacte », et qu’ils s’obstinaient dans cette voie, ils se feraient demain les instruments contre le processus révolutionnaire surgi le 22 février dernier.

Cette politique désastreuse des dirigeants du PT et du PST, nous le savons, a fait surgir en réaction contre elle nombre de prises de positions et de regroupements de militants.

Le COSI porte à votre connaissance, en tant que matériel de discussion sur les problèmes fondamentaux d’orientations. sa déclaration du 30 juin intitulée : « Aucun pacte avec le régime ! Aucun pacte pour négocier une pseudo "transition démocratique" avec le régime ! Plus que jamais, convocation de l'assemblée constituante souveraine maintenant ! Et pour cela, tout de suite, constituons les comités populaires et comités de citoyens pour l'Assemblée constituante souveraine ! »

D’autres initiatives qui, à l’encontre du « Pacte » front-populiste conduisant à la défaite, affirment la nécessité des comités populaires pour la convocation immédiate de l’Assemblée constituante souveraine qui prendra tous les pouvoirs entre ses mains. D’autres militants, notamment des militants actuels et anciens du PT (et sur un autre plan, des militants du PST) ont également, individuellement ou collectivement exprimé leur désaccord avec le « Pacte ».

Le COSI s’adresse à tous ces camarades, qui veulent rester fidèles à la classe ouvrière et à ses intérêts historiques.

Aujourd’hui, la révolution frappe à la porte. La nécessité de la construction d’une avant-garde pour aider la classe ouvrière algérienne à prendre la direction des masses opprimées, généraliser la constitution des comités populaires, aider au mouvement de réappropriation des organisations syndicales, et opposer à tout « dialogue » avec le régime et à la prétendue « transition démocratique », la convocation immédiate de l’Assemblée constituante souveraine, se fait sentir chaque jour un peu plus.

Dans ces conditions, l’urgence est que nous tous militants qui refusant de sombrer dans le « Pacte » de front populaire, se rencontrent et débattent sans aucun préalable.

Pour ce qui le concerne, le Comité d’Organisation des Socialistes Internationalistes nous sommes disponibles pour ouvrir sans tarder cette discussion sans autre condition, afin d’aider à regrouper les forces de l’avant-garde ouvrière indispensable pour aider les masses à imposer leur volonté : « régime, dégage ! », «souveraineté populaire !».

Alger, 9 juillet 2019


https://www.dzvid.com/2019/07/15/lettre ... storiques/
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Re: "Tribune des Travailleurs" - POID - etc.

Message par Gayraud de Mazars » 02 Août 2019, 10:50

Salut camarades,

Une fois n'est pas coutume voici de la Tribune des travailleurs du POID, l'éditorial du n° 200...

Avec ce numéro 200, La Tribune des travailleurs entre dans sa cinquième année.

Il y a quatre ans, quelques centaines de militants étaient expulsés du jour au lendemain du journal, des locaux, du parti et de l’Internationale à la construction desquels certains consacraient leur vie militante depuis des décennies. Opposés à la dérive d’une organisation qui renonçait à son indépendance politique, nous avions voulu engager une discussion démocratique pour en redresser le cours. Ce «crime» nous valut de nous retrouver à la rue, privés de tout... sauf de la conviction que la lutte des classes est une réalité et que les travailleurs ont besoin d’organisations à eux.

De cette conviction est né « un journal d’informations qui, comme son titre l’indique, ne "prétend pas à la neutralité", un journal qui se range « du côté des travailleurs des villes et des campagnes » qui veulent « comprendre la situation pour pouvoir agir », un journal qui est à la fois « une tribune libre de la lutte des classes, ouverte à tous les militants engagés dans le combat ouvrier » et un outil de construction du parti ouvrier et de l’Internationale ouvrière*.

Quatre ans ont passé. Partie de zéro, notre Tribune compte aujourd’hui plus de 6 500 abonnés, un nombre en constante augmentation. Chaque semaine, des milliers de travailleurs, de militants et de jeunes la lisent, y adressent leurs articles et contribuent à sa diffusion.

Positifs, ces chiffres ne résument pas à eux seuls le bilan. Encore faut-il que ce journal accomplisse son mandat, qu’il soit utile à la cause de l’émancipation ouvrière.

Traitant de la contre-réforme des retraites, le dernier numéro visait à dissiper le brouillard des mensonges du gouvernement. Cette semaine, nous poursuivons avec le témoignage de travailleurs qui comparent les conditions de leur départ à la retraite avec ce qu’elles seraient si la contre-réforme passait. Ces articles vous aident-ils, lecteurs, à mieux comprendre les mécanismes de ce plan pervers qui veut faire travailler plus longtemps pour gagner moins en prétendant le contraire ?

Permettre de comprendre, comprendre pour agir : le retrait de la contre-réforme et le maintien des régimes existants passent par la réalisation de l’unité des travailleurs et des organisations sur cet objectif clair. Chaque semaine, notre journal fait état des positions syndicales et des débats qu’elles suscitent. Ainsi, ce numéro publie des extraits du compterendu établi par la direction de la CGT de sa rencontre avec les représentants du haut-commissaire et du gouvernement et la réaction du militant qui nous le communique.

Utile aux intérêts ouvriers, conforme au mandat de départ, la publication de ces analyses, articles, points de vue ? Qu’il s’agisse des retraites ou des autres articles et rubriques du journal, nous vous invitons, lecteurs, à nous donner votre point de vue sur La Tribune des travailleurs. Nous rendrons compte de vos réponses.

* « Un nouveau journal ? Pourquoi ? Pour qui ? Avec qui ? », article de Gérard Schivardi, Jean Markun et Daniel Gluckstein, La Tribune des travailleurs, n° 1, juillet 2015.


Fraternellement,
GdM
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Re: "Tribune des Travailleurs" - POID - etc.

Message par admin » 10 Oct 2019, 13:30

Une date
Par Daniel Gluckstein —

Une date circule – celle du 5 décembre – qui suscite un écho grandissant dans les réunions syndicales et les assemblées générales de salariés. Lancée par les syndicats de la RATP pour engager leur « mouvement illimité » pour la défense de leur régime de retraite, elle est saisie aujourd’hui plus largement comme une réponse possible à l’exigence d’unité.

Sans l’action unie, les travailleurs le savent d’expérience, il est difficile à la lutte de classe d’arracher des résultats.

Face à la contre-réforme des retraites qui attaque la classe ouvrière dans sa totalité (et même au-delà), l’action unie, c’est celle qui permettra aux travailleurs de toutes les corporations et de tous les secteurs d’agir ensemble, à la même date, avec leurs syndicats, sur la revendication commune : défense des régimes existants et retrait du projet Macron-Delevoye (à quoi se relient les revendications particulières de chaque profession).

L’action unie, c’est aussi l’action efficace qui ne se disperse pas dans une suite disloquée de journées d’action saute-mouton mais s’inscrit au contraire dans la marche à la grève générale.

Car c’est bien de la grève générale qu’il s’agit.

Rappelons que le plan Macron-Delevoye, dicté par les capitalistes, les banquiers et l’Union européenne, se résume à un seul principe : l’enveloppe globale des retraites ne doit pas dépasser 14 % du produit intérieur brut (PIB). Or, tous les jours, la presse fait état d’un « ralentissement économique » prélude à une prochaine récession.

Autrement dit : si la réforme passe, un nombre de retraités en constante augmentation (c’est la tendance démographique) devra se partager 14 % d’un PIB en constante diminution. En un mot : le plan Macron-Delevoye, c’est l’appauvrissement continu des futurs retraités… pour mieux préserver les profits capitalistes !

Certes, d’une « affaire » à l’autre, le régime de la Ve République se décompose et suscite un rejet et un dégoût croissants.

Mais aussi longtemps qu’il tient, il frappe : c’est sa fonction. Pourtant, tous les travailleurs savent qu’une grève générale bloquant l’économie du pays contraindra le pouvoir à reculer. L’enjeu, c’est le retrait du plan Macron-Delevoye sur les retraites, mais aussi le retrait de toutes les contre-réformes anti-ouvrières et antidémocratiques qui frappent la classe ouvrière, la jeunesse et la démocratie.
Si le 5 décembre fournit un moyen de soulever la chappe de plomb de la division et de la dispersion ; si les assemblées générales de travailleurs s’en saisissent pour décréter et organiser elles-mêmes, dans l’unité avec les syndicats, l’état de préparation à la grève ; alors la puissance exprimée ces dernières semaines dans les grèves et mobilisations à la RATP et à EDF, dans les hôpitaux, dans l’Éducation nationale, aux Finances publiques et dans bien d’autres secteurs, pourra se rassembler en un flot uni qui emportera sur son passage la politique de misère et de réaction du gouvernement Macron.

Alors, tout deviendra possible.
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Re: "Tribune des Travailleurs" - POID - etc.

Message par Gayraud de Mazars » 10 Oct 2019, 13:44

Salut camarades,

Etant abonné de longue date à la Tribune des Travailleurs, je retrouve ici la verve du camarade Gluckstein ! Alors préparons la grève générale et que le 5 décembre 2019 soit un grand rendez-vous de la lutte des classes en France... En souvenir du 5 décembre 1995, début de combats sévères et victorieux !

La Tribune des travailleurs a écrit :
Mais aussi longtemps qu’il tient, il frappe : c’est sa fonction.


Et oui l'Etat bourgeois ne sait que donner des coups aux travailleurs !

Fraternellement,
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Re: "Tribune des Travailleurs" - POID - etc.

Message par Gayraud de Mazars » 17 Oct 2019, 17:03

Salut camarades,

Voici l'Editorial percutant de la Tribune des Travailleurs journal du POID et de la TCI, du mercredi 16 octobre 2019...

Editorial de la Tribune des Travailleurs n°210
Par où ne passe pas le chemin de la paix
Par Daniel Gluckstein

https://latribunedestravailleurs.fr/201 ... e-la-paix/

À nouveau, le peuple kurde est frappé dans sa chair. À nouveau, le voilà contraint à prendre la route de l’exil, soumis aux bombardements, massacres et exécutions sommaires de civils ordonnés par Erdogan.

Dans le monde entier, en particulier en France, des travailleurs et des jeunes manifestent pour le retrait immédiat des troupes turques de Syrie et l’arrêt des bombardements.

À quoi nous ajouterons, pour notre part, deux exigences : la reconnaissance du droit du peuple kurde, dans les différents pays où il est dispersé, à décider de son avenir ; et le retrait de toutes les troupes étrangères d’intervention, à commencer par les troupes françaises.

Il y a, sur ce sujet, des points de vue différents.

Dans L’Humanité(14 octobre), sous le titre « Aux armes ! », Jean-Luc Mélenchon écrit : « La Turquie a frappé une présence française en Syrie sur laquelle les Turcs n’ont pourtant aucun droit de regard. Dans de tels cas, notre devoir est de riposter. »

Non, Mélenchon, la « présence française en Syrie » n’est pas plus légitime que la présence des troupes américaines… ou turques ! Appeler Macron à « riposter » les armes à la main, c’est proposer de s’enfoncer encore un peu plus dans la mécanique des occupations et des interventions impérialistes qui, depuis près de dix ans, crucifient les populations en Syrie après avoir disloqué l’Irak et ravagé l’Afghanistan.

Aujourd’hui, Macron et Merkel condamnent l’intervention turque que Trump a encouragée. Mais Macron comme Trump n’ont en vue que les intérêts des capitalistes de leur pays respectif. Ni l’un ni l’autre ne se soucie du sort des Kurdes. L’impérialisme américain a, des années durant, tiré profit de l’accord passé avec les dirigeants du peuple kurde en Syrie pour s’en servir comme chair à canon dans « sa » guerre. Puis, quand il n’en a plus eu l’usage, il l’a cyniquement livré aux massacres d’Erdogan. Macron fera de même demain, si les intérêts bien compris du capital financier français et la stabilité de ses institutions l’exigent.

Non, le chemin de la paix, pas plus que le chemin du droit du peuple kurde à décider de son avenir, ne passent par une quelconque alliance avec Macron.

Passeraient-ils davantage, ces chemins, par l’ONU ? C’est la position défendue, dans le même numéro de L’Humanité, par Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français, pour qui « l’ONU doit placer le Rojava* sous protection internationale (…) et garantir son autonomie démocratique ».

Pourtant, n’est-ce pas l’ONU qui, dans les jours précédant l’intervention turque, a exclu la représentation kurde de la commission chargée de préfigurer l’avenir de la région ? N’est-ce pas l’ONU qui, d’Haïti au Congo en passant par la Somalie, la Bosnie, le Mali, le Liberia et tant d’autres pays, décide les interventions militaires qui projettent les peuples dans la ruine et la désolation ?

L’émancipation des peuples opprimés – comme celle des travailleurs – sera l’œuvre des peuples opprimés eux-mêmes.

* Nom donné aux territoires du nord-est de la Syrie sous contrôle des milices kurdes syriennes YPG.


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