Class Struggle, 20 avril 2025 a écrit :Conférence Spark : Réponse à la discussion
La situation à laquelle est confrontée la classe ouvrière nécessite un parti, un parti ouvrier, un parti ouvrier communiste révolutionnaire.
Mais cela n'existe pas. Nous le savons, nous l'avons dit maintes et maintes fois. Et beaucoup d'autres, se disant communistes ou socialistes, le disent aussi. Mais la question est : que faire ?
Cette absence de parti a conduit certains militants à se faire passer pour le noyau de ce parti, proposant un programme pour aujourd'hui autour duquel ils espèrent que d'autres se rassembleront. D'autres ont cherché à obtenir un retour plus rapide de leur action dans des milieux autres que la classe ouvrière, espérant s'appuyer sur des mouvements qu'ils voient – ou s'attendent à voir – émerger parmi les étudiants, les femmes, les écologistes, et même aujourd'hui au sein d'un mouvement qu'ils espèrent voir se développer en opposition à Trump. D'autres encore ont orienté leur activité principale vers la création d'oppositions au sein des syndicats existants.
Nous ne prétendons pas que le problème est simple. Et nous ne prétendons pas offrir une solution valable pour tous, dans toutes les situations. Nous savons simplement quels choix nous avons faits et pourquoi.
En l'absence d'un parti politique révolutionnaire, d'un parti communiste, dans la classe ouvrière, nous nous sommes donné dès le début la tâche d'essayer d'établir des groupes révolutionnaires dans les lieux de travail, des groupes organisés autour d'une expression politique régulière, avec une sorte d'éditorial, visant à donner une réponse révolutionnaire aux problèmes politiques du jour, et en même temps permettre que les problèmes immédiats des travailleurs soient exprimés dans le bulletin.
Nous nous sommes également donné pour tâche, dès le début, de recruter des militants révolutionnaires et de les rallier au programme marxiste actuel, fondé sur les écrits de Marx, Engels, Lénine, Luxemburg et Trotsky, mais aussi sur l'histoire de l'activité ouvrière dans notre pays et à l'échelle internationale. Ces militants peuvent être ouvriers ou petits-bourgeois, mais, s'ils sont petits-bourgeois, ils doivent être prêts à rompre avec l'avenir que leur réserve leur classe. Ils mettront leurs capacités au service des luttes de la classe ouvrière, seule force sociale capable de libérer l'humanité de la barbarie à laquelle le capitalisme l'a condamnée.
Au cours de la dernière décennie, nous nous sommes également donné pour mission d'exprimer le programme révolutionnaire par le biais d'élections bourgeoises. Notre objectif était de diffuser les idées marxistes auprès de couches plus larges de la classe ouvrière et d'autres citoyens ordinaires, au-delà des seuls lieux de travail où nous cherchions à nous implanter et à développer notre action, et au-delà des syndicats où certains de nos militants étaient actifs.
Nous avons entendu les rapports organisationnels et financiers, qui ont tous deux donné, une fois de plus, une idée des très petits pas que nous avons faits dans tout ce travail.
Nous ne sommes pas nécessairement opposés à ce que font les autres. Et il est évident que nos militants participent aux syndicats où ils travaillent, y compris en dirigeant et en occupant des postes à responsabilité. Il est également évident que les militants d'une organisation révolutionnaire, même aussi petite et limitée que la nôtre, participeent à des manifestations, par exemple pour l'accès des femmes à l'avortement, ou contre la tentative de l'administration Trump d'expulser des immigrants, etc. Et nous avons fait tout cela. Il est également évident que notre journal soutient ces mouvements, tout en essayant de décrire la manière dont ces problèmes découlent de l'organisation de la société capitaliste, et non pas seulement des choix d'un homme politique ou d'un parti politique. Notre journal a également consacré du temps et de l'espace, par exemple, à afficher notre soutien au droit des Palestiniens à vivre librement, ce qui ne signifie pas que nous assimilons le Hamas au peuple palestinien.
Lorsque nous critiquons d'autres organisations qui s'investissent dans le mouvement des femmes, par exemple, ou dans les mouvements écologistes, ce n'est pas parce que ce travail ne serait pas important, voire utile. Nous disons même qu'un parti ouvrier révolutionnaire, s'il existait, devrait trouver le moyen d'intervenir dans certaines de ces luttes.
Mais c'est précisément là le problème. Ce parti n'existe pas. Et se concentrer sur ces autres luttes, sans tenir compte des capacités de la classe ouvrière, ne fait que nous maintenir dans le même cercle vicieux. Il ne suffit pas de proclamer haut et fort la capacité historique de la classe ouvrière, tout en s'empressant de participer à des luttes sociales non ouvrières. Il faut se concentrer sur l'ancrage de la tradition marxiste dans la classe ouvrière, et plus particulièrement parmi les ouvriers de l'industrie. Et c'est notre objectif depuis le début.
L'autre aspect essentiel de notre travail s'exprime dans les liens que nous avons tissés avec des organisations politiques d'autres pays, et plus particulièrement avec celles de l'Union communiste internationaliste (UCI), avec laquelle nous partageons une longue histoire. Sans ces liens, sans contact direct, sans possibilité de partager expériences et perspectives politiques, nous serions condamnés aux limites étroites d'une perspective façonnée uniquement par la réalité de la vie au sein de l'impérialisme dominant. C'est évidemment un travail qui demande du temps et de l'attention, des voyages et une attention particulière portée aux écrits d'autres courants de l'UCI. Il faut, pour les Américains, dont la plupart grandissent sans accès réel à d'autres langues, l'effort de se libérer des entraves que nous impose le fait de n'avoir qu'une seule langue. Mais c'est aussi une récompense, car cela nous relie, à travers l'histoire de ces organisations, à l'histoire du mouvement marxiste dans son ensemble. Et cela nous relie directement à l'expérience de groupes comme LO, CO, OTR, WF et d'autres.
Les lois réactionnaires de ce pays peuvent nous interdire de nous intégrer à une organisation internationale, mais elles ne peuvent pas nous empêcher de réaliser que nous faisons organiquement partie d’une tradition qui remonte à Marx.
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