fil "interventions de La Riposte, tendance du PCF"

Re: fil "interventions de La Riposte, tendance du PCF"

Message par Gayraud de Mazars » 27 Jan 2026, 08:00

Salut camarades,

Des hommages à Paul Boccara et à Hélène Legotien-Rytmann au sommaire du n°424 de La Pensée
Article publié sur le site de La Riposte
Par David Noël
Lundi 26 janvier 2026

https://www.lariposte.org/2026/01/des-h ... la-pensee/

Le numéro 424 de La Pensée, la revue trimestrielle éditée par la Fondation Gabriel Péri, vient de paraître avec au sommaire deux importants dossiers thématiques.

Intitulé « Autour de Paul Boccara », le premier dossier de ce numéro se penche sur la portée de l’œuvre de l’économiste marxiste Paul Boccara (1932-2017). Agrégé d’histoire, docteur en économie, chargé de recherche au CNRS puis maître de conférences à l’Université d’Amiens, Paul Boccara a été l’un des plus éminents économistes du Parti communiste : membre du comité central du PCF et de sa section économique, rédacteur en chef de la revue Économie & Politique éditée par le PCF, il élabore la théorie dite du « capitalisme monopoliste d’État ».

Appliquée en France de manière privilégiée dans l’analyse du gaullisme, elle conduit le PCF à organiser, en mai 1966, à Choisy-le-Roi, une conférence internationale sur le capitalisme monopoliste d’État, puis à publier un peu plus tard, en 1971, aux Éditions sociales, les deux gros volumes du Capitalisme monopoliste d’État. Traité marxiste d’économie politique, qui connaîtront immédiatement un grand retentissement international.

L’économiste Catherine Mills revient dans un article sur la portée de l’œuvre économique et anthroponomique – c’est-à-dire la régénération des êtres humains en société, au-delà de la « re-production » économique – de Boccara, qui s’appuie sur une lecture fine et novatrice du Capital de Marx dans sa totalité, comme le montre Claude Gindin, pour mieux en dégager toute l’actualité ; la sociologue Yvette Lucas, directrice de recherche honoraire au CNRS montre ainsi comment Boccara, par analogie avec la révolution industrielle, énonce au début des années 1980 le concept de révolution informationnelle : le moment où les ordinateurs peuvent prendre en charge des opérations du cerveau, donc informationnelles, cependant que l’information demeure la spécificité commune à tous les êtres humains.

Nasser Mansouri-Guilani, docteur en économie et président de l’association des amis de Paul Boccara montre dans son article sur les services publics et la révolution informationnelle que les services publics jouent un rôle formidable pour réduire les inégalités et renforcer le potentiel productif et que la révolution informationnelle exige le développement du non-marchand pour sortir de la crise de civilisation. L’économiste Denis Durand, co-directeur d’Économie & Politique s’intéresse de son côté au concept de sécurité d’emploi et de formation (SEF) forgé par Paul Boccara pour répondre à la crise du marché du travail capitaliste. La sécurité d’emploi et de formation reste aujourd’hui au cœur du programme économique du Parti communiste.

Le second dossier de ce numéro 424 de La Pensée s’intéresse à « l’affaire Hélène Legotien-Rytmann ».

« D’Hélène Legotien, que sait-on aujourd’hui ? » s’interrogeait Francis Dupuis-Déri dans son ouvrage Althusser assassin. La banalité du mâle, paru à l’automne 2023 : « Presque rien, sinon qu’elle a été assassinée par son illustre conjoint. C’est elle, finalement, qui est morte deux fois, et son assassin est responsable de ses deux morts. Il a provoqué la première de ses propres mains, la seconde en occupant tout l’espace public pour parler de lui, en feignant de parler de sa mort à elle ».

Pour lui rendre hommage, La Pensée a rouvert le dossier de la tentative de réintégration d’Hélène Rytmann, dite Hélène Legotien (son pseudonyme de résistante), au PCF en 1950 et a cherché à comprendre pourquoi la commission centre de contrôle politique (CCCP) du PCF, qui l’a auditionnée et a aussi épluché rapports et témoignages à son sujet, dont celui d’Althusser, rejette finalement la réintégration de l’ancienne résistante au Parti communiste.
Le dossier du refus de réintégration d’Hélène Legotien-Rytmann au PCF en 1950-1952 est présenté par l’historien Guillaume Roubaud-Quashie et Lucie Rondeau du Noyer, agrégée d’histoire et ancienne élève de l’ENS. Les documents d’archives publiés par La Pensée – l’autobiographie d’Hélène Legotien-Rytmann, une lettre de soutien de Louis Althusser et la réponse négative de la commission centrale de contrôle politique du PCF – sont commentés et annotés par Pierre Millet, Attaché temporaire d’enseignement et de recherche à l’Université de Lille.

Malgré la disparition de certaines pièces des archives, l’étude de ces documents et leur mise en contexte permet de comprendre pourquoi la CCCP a refusé la demande de réintégration d’Hélène Legotien-Rytmann. Comme le note Guillaume Roubaud-Quashie, « La période 1950-1953 constitue le cœur de glace de la guerre froide. C’est le temps d’un anticommunisme d’État de tout premier ordre, de l’engagement atlantiste et des guerres coloniales. Du côté communiste, l’heure est à la fermeté obsidionale et à l’ouvriérisme (avec son volet d’anti-intellectualisme), sur fond de procès politiques en Europe centrale. »

Exclue du PCF en 1944, Hélène Legotien-Rytmann affirme tout ignorer d’une prétendue exclusion qui aurait eu lieu en 1938. Elle revendique sa fidélité au communisme durant toute la période de l’occupation, qu’elle passe en zone Sud où elle rencontre plusieurs fois Louis Aragon et Elsa Triolet avant de rompre avec eux. Engagée dans la résistance lyonnaise, proche des milieux étudiants de l’ENS – elle convainc même plusieurs jeunes normaliens de rejoindre le PCF – Hélène Legotien est accusée de manière contradictoire d’avoir pris part à l’épuration sauvage à Lyon et d’avoir protégé d’anciens collaborateurs, mais en filigrane, on lui reproche surtout son travail comme dactylo à l’Organisation européenne de coopération économique (OECE), c’est-à-dire une structure directement née du plan Marshall, son amitié avec une femme considérée comme une espionne au service du pouvoir britannique ou encore sa proximité avec Albert Camus, qui lui avait proposé de rejoindre la rédaction du journal Combat.

Hélène Legotien-Rytmann a refusé la proposition de Camus, mais aux yeux des membres de la CCCP, elle n’en reste pas moins suspecte, ce qui justifie le refus de la réintégrer au Parti communiste.

Après ce refus de la réintégrer au PCF, Hélène Legotien-Rytmann poursuivra une brillante carrière de sociologue, sous la direction d’Alain Touraine puis de Pierre Naville, avant d’être assassinée par Louis Althusser, qu’elle voulait quitter, le 16 novembre 1980, dans leur logement de fonction à l’ENS.

En plus de ces deux importants dossiers, La Pensée traite du programme de l’agrégation de Sciences économiques et sociales avec un mini dossier de trois articles, l’un de Bruno Karsenti sur Auguste Comte, un autre de Lucie Fabry sur la réception de Gaston Bachelard dans La Pensée, de Georges Politzer à Lucien Sève avant de se conclure avec un article de Delphine Pouchain sur l’éthique et l’économie dans l’anthropocène.

La Pensée est disponible sur la plate-forme Cairn. On peut commander le nouveau numéro ou s’abonner à la revue sur le site de la Fondation Gabriel Péri à l’adresse https://gabrielperi.fr/librairie/revues/la-pensee/n424/.


Fraternellement,
GdM
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Message par com_71 » 27 Jan 2026, 10:07

Enfin bref, c'est La Pensée stalinienne...
L’intérêt ne pense pas, il calcule. Les motifs sont ses chiffres. K. Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois » 1842.
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Message par Zorglub » 27 Jan 2026, 20:31

Dès lors « pensée » est peut-être un peu surfait.
...commission centre de contrôle politique (CCCP) du PCF,

Et pourquoi pas rejoindre l'Union Rouennaise des Scientifiques Sportifs ?
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Message par Gayraud de Mazars » 17 Fév 2026, 11:14

Salut camarades,

Notre camarade Greg Oxley dans le cadre des mardis de l'éducation populaire fera une conférence, à Morlaix, ce mardi 17 février 2026, sur le thème Autoritarisme et Nationalisme.

Greg Oxley à Morlaix.jpg
La Riposte et le PCF à Morlaix
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Fraternellement,
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Message par Gayraud de Mazars » 17 Fév 2026, 12:58

Salut camarades,

Autoritarisme, corruption, persécutions. Où va l’Amérique ?
Article publié sur le site de La Riposte
Mardi 17 février 2026
Par Greg Oxley

https://www.lariposte.org/2026/02/autor ... lamerique/

Les États-Unis d’aujourd’hui sont un pays dirigé par un pouvoir exécutif autoritaire, brutal et ouvertement raciste, impliqué dans la corruption à grande échelle. Il se sert de son pouvoir pour réduire le niveau de vie et les droits démocratiques du peuple, et pour augmenter le plus possible les profits des capitalistes multimilliardaires, tout en accumulant d’immenses richesses personnelles pour les membres du gouvernement et leurs proches au passage.

En effet, la corruption s’est infiltrée à tous les niveaux de l’administration. Jamais dans l’histoire des États-Unis la corruption n’a été aussi répandue. Le pouvoir politique est devenu un outil pour conclure des affaires, subvertir les institutions, enrichir les complices et faire taire des opposants. Les modifications dans la loi depuis une dizaine d’années ont considérablement restreint la définition légale de la corruption, légalisant de nombreuses formes d’affairisme précédemment interdites, ce qui signifie qu’il n’y a guère besoin de les cacher, désormais. Le système pay to play [pour jouer, il faut payer] est en train d’être normalisé et mis en œuvre en plein jour. Grâce à des participations dans des entreprises privées, l’administration Trump a modifié la relation entre le gouvernement, les grandes entreprises et les « marchés ». Alors que tous les gouvernements capitalistes, républicains ou démocrates, ont toujours cherché à défendre et à étendre le pouvoir de la classe dirigeante, cette administration va bien plus loin et de la manière la plus flagrante, pour accroître la richesse et le pouvoir de la famille Trump. [...]

[la suite de l'article sur le site internet de La Riposte]


Fraternellement,
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Re: fil "interventions de La Riposte, tendance du PCF"

Message par Gayraud de Mazars » 03 Mars 2026, 12:06

Salut camarades,

USA et Israël contre l’Iran. Pourquoi cette guerre ?
par Greg Oxley
Mardi 3 mars 2026
Article publié sur le site de La Riposte

https://www.lariposte.org/2026/03/usa-e ... te-guerre/

Les États-Unis et Israël sont entrés en guerre contre l’Iran, qui a répondu en tirant des missiles sur Israël et les bases américaines dans la région. Le premier jour de cette agression dévastatrice, le « Guide suprême » iranien, Ali Khamenei, ainsi que des dizaines de figures clés de la direction militaire et politique iranienne ont été tués.

Nous devons clarifier notre position dès le départ. Alors que nous n’apportons aucun soutien au régime théocratique des mollahs de Téhéran – un gouvernement qui a récemment assassiné des milliers d’Iraniens ayant osé protester contre leurs conditions de vie – nous sommes totalement opposés à la guerre menée par Israël et les États-Unis contre l’Iran. C’est aux travailleurs et à la jeunesse iraniens de décider quand, où et sous quelles conditions renverser ce régime exécrable.

La « décapitation » de l’État iranien diminuera davantage les capacités militaires d’un régime déjà en position de faiblesse avant le début de la guerre, en partie à cause de la guerre de 12 jours de juin dernier. La puissance de feu iranienne, de toute façon, ne peut sérieusement résister à la force combinée des États-Unis et d’Israël.

L’administration Trump espère que l’assaut sera si dévastateur qu’il ne faudra que quelques jours pour atteindre ses objectifs, bien qu’Israël veuille s’assurer que les capacités militaires iraniennes soient complètement neutralisées, ce qui prendrait plus de temps.

Mais quels sont exactement les objectifs de guerre des États-Unis et d’Israël ? Quelles sont les raisons de cette guerre ? Les médias mondiaux ont largement évoqué l’absence d’objectifs clairement définis de la part de l’administration Trump et sur les prétextes déployés pour justifier la guerre. Par exemple, Trump a constamment soulevé la nécessité d’un « accord » concernant l’industrie nucléaire iranienne et le risque que l’Iran développe des armes nucléaires. La Maison-Blanche répète aujourd’hui le même mantra sur les « armes de destruction massive » qui a été faussement utilisé pour justifier l’invasion de l’Irak en 2003.

Pourtant, depuis des décennies, et jusqu’à la semaine dernière, le régime iranien affirme qu’il n’a aucun intérêt à développer des armes nucléaires, contrairement à Israël. Il est vrai, cependant, que le gouvernement iranien n’a pas hésité à utiliser la possibilité d’une capacité nucléaire comme un levier dans les négociations pour lever les sanctions économiques imposées par les puissances occidentales.

Il y a dix ans, en 2016, des négociations avaient conduit à un accord appelé Plan d’action global conjoint (PAGC), impliquant toutes les grandes puissances mondiales, telles que les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Russie, la Chine et l’Allemagne. Cet accord a été adopté à l’unanimité par le Conseil de sécurité de l’ONU. Il stipulait que l’Agence atomique internationale devait surveiller toutes les activités liées au programme nucléaire iranien, avec l’accord et la coopération de Téhéran, afin de s’assurer que rien ne permettait à l’Iran de se doter d’armes nucléaires. Plusieurs installations nucléaires clés ont été transformées à des fins civiles, telles que la recherche médicale. En échange, un calendrier a été fixé pour lever l’embargo de l’ONU sur les armes et autres matériaux.

Les gouvernements israélien et saoudien n’appréciaient pas cet accord, car il tendait à stabiliser l’Iran en tant que grande puissance régionale, l’intégrant ainsi au « concert des nations ». C’est en réponse à l’insistance israélienne et saoudite que Trump a déchiré l’accord en 2018, le remplaçant par une série de sanctions économiques strictes connues sous le nom de « campagne de pression maximale », sanctions que Trump a rendues encore plus draconiennes après son retour au pouvoir en 2025.

Il est clair que la question centrale de ce conflit n’est pas un accord sur l’industrie nucléaire iranienne. Un accord existait déjà, et c’est Trump, sur demande d’Israël, qui l’a jeté à la poubelle.

Après les frappes aériennes contre les installations iraniennes en juin dernier, Trump a affirmé que « des dégâts monumentaux ont été causés à tous les sites nucléaires en Iran, comme le montrent les images satellites. L’anéantissement [obliteration en anglais] est le terme exact ! ». On nous demande donc maintenant de croire que ces installations nucléaires « anéanties » représentent un danger imminent au point de justifier cette guerre ?

Un autre prétexte est que Trump s’inquiète pour le sort du « brave peuple » d’Iran. Cela vient de la même administration qui a armé et financé le génocide terrifiant à Gaza, tuant plus de 73 000 personnes, dont au moins 20 000 enfants, et en laissant les survivants mourir à petit feu de famine et misère. Peut-on vraiment croire que Trump et Netanyahu se soucient du peuple iranien ?

Pour cerner les véritables motifs de cette attaque, il faut regarder au-delà du brouillard de prétextes officiels et mensonges, car il existe bel et bien des motivations concrètes. L’idée exprimée par de nombreux médias, selon laquelle Trump et son administration ne sont pas clairs sur les raisons d’avoir lancé une guerre contre l’Iran, ne peut être prise au sérieux.

Il est vrai que Trump s’exprime sur ce sujet, comme sur tous les autres, de manière confuse, ignorante et contradictoire. Mais cela ne signifie pas qu’il n’y a aucune raison d’être à cette guerre du point de vue des intérêts israéliens et américains. Au milieu de toutes ses déclarations incongrues, Trump a néanmoins dévoilé les objectifs réels de cette guerre.

Le but principal des États-Unis et d’Israël est de désarticuler et de paralyser l’État iranien, afin de renforcer l’hégémonie régionale d’Israël. L’attaque contre l’Iran et la destruction de sa capacité militaire visent à modifier le rapport de forces dans la région au profit d’Israël et aussi de l’Arabie saoudite et des États du Golfe, qui sont alliés aux États-Unis et abritent à ce titre des bases militaires américaines. Israël veut, et les États-Unis l’acceptent, qu’il n’y ait aucune menace possible à sa domination régionale, et aucun pouvoir capable de faire obstacle à son projet territorial de « Grand Israël ».

Malgré quelques tensions sur des questions secondaires, les gouvernements américains, démocrates comme républicains, ont constamment soutenu l’impérialisme israélien. Certains commentateurs opposés à Trump ont même affirmé que le lobby israélien « possède » Trump, et ils n’ont pas complètement tort.

L’argent israélien alimente la machine de lobbying politique la plus efficace au monde, achetant de nombreux politiciens, ainsi que des chefs d’État. Mais la raison principale pour laquelle les grandes puissances occidentales soutiennent la domination israélienne au Moyen-Orient est qu’elle sert de garant puissant pour les intérêts militaires, stratégiques et économiques de l’impérialisme américain et européen. De plus, c’est un obstacle important au mouvement ouvrier et aux éventuels mouvements révolutionnaires à travers le monde arabe. Aux États-Unis, cela ne changera pas, même si les démocrates remportent les prochaines élections présidentielles.

Si l’Iran a été attaqué aujourd’hui, ce n’est pas à cause de sa force, ni de la menace qu’il pourrait représenter pour Israël et les intérêts occidentaux, mais précisément parce qu’il est actuellement affaibli, militairement et économiquement. Avec les coups portés à son économie par les sanctions, la campagne dévastatrice de bombardements de juin dernier et l’émergence d’une opposition interne massive de la part des travailleurs et des étudiants, la position du régime est plus précaire que jamais. Ses forces auxiliaires comme le Hezbollah au Liban et les Houthis au Yémen sont en état de délabrement, et son allié à Gaza, le Hamas, est détruit.

Trump a indiqué que cette guerre vise à provoquer un changement de régime en Iran. Il semble que cela ait déjà été atteint dans une certaine mesure, puisque Ali Khamenei a été éliminé. Mais il est aussi vrai que les États-Unis ne peuvent pas installer de régime à leurs ordres sans mettre des troupes sur le terrain et sans une guerre de conquête longue, meurtrière et coûteuse.

Aussi dévastateurs soient-ils, les chasseurs-bombardiers américains et israéliens ne peuvent pas installer un régime fantoche. L’objectif américain n’est pas tant de supprimer le régime en Iran, mais de soumettre le régime existant, comme cela a été fait pour l’Égypte, la Jordanie et la Syrie.

Quand Trump appelle les Gardiens de la révolution islamique à se rendre et à « déposer les armes », ce n’était qu’une parole vide, car à qui sont-ils censés se rendre ? Il n’y a aucune force terrestre en face. De même, l’appel de Trump au peuple iranien pour « prendre le contrôle du gouvernement », comme il le dit, « quand nous aurons fini », est un coup de relations publiques, pour faire pression sur le régime, en vue de l’après la guerre.

Probablement la meilleure option que Washington puisse espérer est que le régime actuel survive, sous une forme post-Khamenei, et devienne davantage disposé à se soumettre aux exigences de l’impérialisme américain. Ce serait similaire à ce qui s’est passé au Venezuela, bien que dans ce cas les services de renseignement américains aient été aidés par des figures clés du régime vénézuélien, dont Delcy Rodriguez, en amont de l’intervention. Et comme pour le Venezuela, les réserves pétrolières iraniennes, parmi les plus grandes au monde, constituent un facteur important dans l’équation.

Ali Khamenei est mort, mais pour l’instant, le régime iranien est toujours intact, avec d’autres figures de l’équipe dirigeante. Toutes sortes de revirements de situation sont possibles, y compris celui d’un soulèvement populaire. C’est la dernière chose que Trump et Netanyahu veulent voir. Si jamais le chaos actuel menait à une insurrection révolutionnaire, les États-Unis et Israël feraient tout pour l’étouffer et, si nécessaire, l’écraser.

Trump et le Pentagone parient que cette guerre sera rapidement résolue en leur faveur, mais elle pourrait durer des semaines ou des mois. Les guerres et leurs conséquences sont notoirement imprévisibles. Trump et Israël veulent soumettre l’Iran. Ils veulent un régime intimidé et docile à Téhéran. Ils pourraient y parvenir. Mais pas forcément. La campagne de bombardements actuelle ne suffira pas nécessairement à produire des résultats tangibles. Et dans ce cas, que faire ? Encore des attaques ? Une guerre plus longue ?
Si les États du Golfe continuent d’être ciblés par l’Iran, même de façon épisodique, ou si l’Iran sombre dans le chaos interne, comme ce fut le cas pour la Libye, l’Irak et la Syrie, il faudra plus de ressources et une implication plus large des États-Unis pour tenter de maîtriser la situation. Cela entraînerait de très graves complications pour Trump aux États-Unis. C’est particulièrement vrai s’il y a un nombre significatif de pertes américaines.

N’oublions pas que le programme sur lequel Trump a été élu promettait la fin des aventures militaires à l’étranger, et que les sondages montrent que le peuple américain – y compris les électeurs républicains – n’a aucun appétit pour s’impliquer dans de nouveaux conflits au Moyen-Orient ou ailleurs. Beaucoup d’Américains sont enclins à voir cette guerre comme un moyen de faire oublier d’autres problèmes, comme la baisse du niveau de vie et les dossiers Epstein.

Des millions d’Américains sont plongés dans des difficultés matérielles sous l’impact des guerres tarifaires de Trump, des pertes d’emplois et des attaques contre l’assurance santé, sans parler de la terrible campagne raciste des voyous de l’ICE.

Cette guerre est une nouvelle preuve que le monde est entré dans une période de grande instabilité sociale, économique, diplomatique et militaire croissante, dans laquelle des prédateurs impérialistes rivaux cherchent à refaçonner les frontières et les sphères d’influence à leur avantage, semant au passage la souffrance et la mort à grande échelle.
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Message par Gayraud de Mazars » 07 Mars 2026, 20:30

Salut camarades,

Le 8 mars depuis très longtemps, plus d'un siècle, reste la journée internationale de lutte des femmes, pour l'égalité, qui trouve ces racines dans le mouvement ouvrier socialiste d'avant 1914, mais tel le 1er mai cette journée elle le 8 mars, n'est pas chômé et reste une journée de lutte partout !

L’émancipation des femmes, en finir avec le capitalisme !
Article publié sur le site de La Riposte
Le samedi 7 mars 2026

https://www.lariposte.org/2026/03/leman ... pitalisme/

Selon l’ONU Femme, « au rythme actuel, il faudra près de 300 ans pour atteindre l’égalité de genre. Les actions entreprises aujourd’hui sont encore insuffisantes face à l’urgence, l’ampleur et la gravité de la situation ». Dans les pays occidentaux, malgré les droits conquis grâce aux mobilisations au cours du 20ème siècle, on observe avec la montée du nationalisme et de ses mouvances connexes (masculinisme…), une remise en cause voire un recul des droits des femmes dans les pays où ces idées réactionnaires arrivent au pouvoir, dans un contexte de régression sociale et d’exploitation du ressentiment des populations qui l’accompagne.

Nous revendiquons :

- L’égalité salariale entre les hommes et les femmes

- L’égalité des droits entre les hommes et les femmes

- Le renforcement de tous les services publics

- L’allongement de la durée du congé maternité et paternité

- Une vraie rémunération du congé parental

- Une meilleure intégration et prise en charge des enfants dans la société

- Un soutien accentué auprès des familles monoparentales

- Une véritable reconnaissance du statut d’aidant familial

- Un véritable plan de prévention et de lutte contre les violences

Ces revendications immédiates s’inscrivent dans le cadre plus global d’un programme pour un changement de société plus juste, équitable et durable.

La racine de toutes les formes d’oppression consiste en la division de la société en classes. Il ne s’agit pas selon nous d’un phénomène biologique mais avant tout social.

Tant que la société de classe, aujourd’hui la société capitaliste, inégalitaire par nature, perdurera, les conditions sociales permettant l’établissement de rapports véritablement humains entre l’homme et la femme, dans leur façon de penser et d’agir, ne pourront pleinement se développer.

La société capitaliste prospère notamment sur le travail social invisible, force est de le constater encore majoritairement réalisé aujourd’hui par les femmes (soutien aux proches durant les âges les plus vulnérables de la vie, travail domestique…). Malgré les avancées et droits conquis, c’est toujours la double peine, celle de la cumulation du travail salarié et domestique pour les femmes. Par ailleurs, elles font partie en majorité de la couche la plus précarisée des salariés. Elles occupent les fonctions les moins qualifiées, représentent la grande majorité des familles monoparentales et des salariés à temps partiel. Plus les inégalités entre les hommes et les femmes persistent, plus la plus-value est importante pour les propriétaires fortunés des grandes entreprises. Le système capitaliste, violent dans son fonctionnement, fait perdurer la violence au sein de la société et notamment envers les femmes.

Afin de maintenir et conquérir de nouveaux droits pour les femmes, il est impératif de mener une lutte active contre toutes les formes d’oppression et d’exploitation et de favoriser le rassemblement de toutes les couches opprimées de la société, en levant les barrières liées au sexe, à la nationalité, à la langue et à la religion.

Une authentique émancipation de la femme n’est possible que si la classe du salariat, celle de ceux qui n’ont d’autre choix que de vendre leurs aptitudes et compétences pour vivre, dans son ensemble est émancipée.

Seul un changement social profond avec l’avènement d’une nouvelle société basée sur des principes de solidarité, de coopération, d’égalité de droits, d’adaptation aux changements climatiques et de préservation de la santé des écosystèmes et des êtres vivants le permettra !


Fraternellement,
GdM
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Message par Gayraud de Mazars » 21 Mars 2026, 17:53

Salut camarades,

Chalon-sur-Saône : l’arrêté municipal islamophobe du maire ne sera pas suspendu
Par David Noël, PCF Méricourt
Vendredi 20 mars 2026
Article publié sur le site de La Riposte

https://www.lariposte.org/2026/03/chalo ... -suspendu/

Gilles Platret, le maire (ex-LR) de Chalon-sur-Saône, réélu au premier tour avec 61 % des voix, a remporté ce mercredi 18 mars une première manche devant le Tribunal administratif de Dijon, saisi en référé, qui n’a pas suspendu son arrêté municipal interdisant les signes religieux ostensibles pour les élus du conseil municipal.

Deux conseillers municipaux insoumis, Damien Saley et Sabrina Sari, chalonnaise de confession musulmane, s’estimant visés par cet arrêté du maire avaient déposé un référé-liberté. De fait, l’arrêté discriminatoire du maire empêchera Sabrina Sari de se rendre au conseil municipal avec son foulard.

Habitué des arrêtés municipaux polémiques visant les musulmans et les musulmanes, un temps tenté de rejoindre Reconquête, Gilles Platret avait par le passé pris des arrêtés pour interdire les menus sans porc dans les cantines scolaires de Chalon-sur-Saône et pour interdire le drapeau palestinien sur tout le territoire de sa commune.

Ces deux arrêtés municipaux aussi fantaisistes qu’illégaux avaient été annulés par la justice administrative et il en sera bien évidemment de même pour l’arrêté interdisant le port de signes religieux aux conseillers municipaux.

Défendus par Marion Ogier, avocate et membre du Bureau national de la LDH. Damien Saley et Sabrina Sari ne sont pas parvenus à convaincre le juge des référés du Tribunal de Dijon.

En matière de contentieux administratif, devant le juge des référés, un référé-liberté doit démontrer l’existence d’une atteinte grave et incontestable à une liberté fondamentale (en l’espèce la liberté de conscience) qui nécessite de suspendre immédiatement la décision attaquée avant tout jugement sur le fond du dossier.

Le recours en excès de pouvoir qui sera jugé sur le fond ne sera pas examiné avant au minimum dix à douze mois, du fait du délai dont disposent chacune des parties pour répondre aux mémoires adverses et en raison du temps nécessaire au rapporteur du Tribunal administratif pour rendre ses conclusions.

Une décision aux motivations contestables

En matière de droit administratif, le juge des référés est le juge de l’urgence et de l’évidence ; il ne juge pas sur le fond.

« La liberté de conscience d’un membre élu d’un Conseil municipal doit être conciliée avec le principe de laïcité qu’il est tenu de respecter », écrit le tribunal dans les motivations de son jugement. L’interdiction de signes religieux ostensibles en conseil municipal ne porte pas « une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de conscience », ajoute le juge des référés.

Les motivations de la décision du juge des référés apparaissent fort contestables. Jusqu’à présent, la jurisprudence a toujours été constante : l’obligation de neutralité introduite par la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Églises et de l’État ne concerne que les fonctionnaires et agents publics dans l’exercice de leurs fonctions et pas les élus issus du suffrage universel qui par définition représentent une sensibilité, un parti ou une idéologie. Imposer aux élus une neutralité religieuse ou politique totale reviendrait à nier la nature même du débat démocratique.

Le Conseil d’État a ainsi précisé que « la circonstance qu’un candidat à une élection affiche son appartenance à une religion est sans incidence sur la liberté de choix des électeurs » et qu’« aucune norme constitutionnelle, et notamment pas le principe de laïcité, n’impose que soient exclues du droit de se porter candidates à des élections des personnes qui entendraient, à l’occasion de cette candidature, faire état de leurs convictions religieuses » (CE, 23 décembre 2010, n° 337899).

En outre, la chambre criminelle de la Cour de cassation a considéré que le maire qui prive de parole un conseiller municipal, au motif qu’il porte un signe religieux, se rend coupable de discrimination dès lors qu’il n’est pas établi que le seul port d’un signe d’appartenance religieuse soit constitutif de troubles à l’ordre public et qu’aucune disposition législative ne permet au maire dans le cadre des séances du conseil municipal d’interdire aux élus de manifester publiquement leur appartenance religieuse (Cass. crim. 1er septembre 2010, n° 10-80.584).

C’est si vrai que des religieux élus à l’Assemblée nationale comme le chanoine Kir ou l’abbé Pierre ont pu siéger en soutane comme plusieurs centaines d’autres religieux élus depuis les débuts de la IIIe République.

Le maire de Chalon-sur-Saône a pu néanmoins s’appuyer sur la nouvelle charte de l’élu local qui figure désormais au Code général des collectivités territoriales et son article L1111-13 du 24 décembre 2025 qui stipule que « Dans l’exercice de son mandat, l’élu local s’engage à respecter les principes de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité ainsi que les lois et les symboles de la République ».

Il reviendra au Tribunal administratif de Dijon, à la lumière de la loi et de la jurisprudence de rendre sa décision sur le fond, mais rien ne permet d’affirmer que la nouvelle charte de l’élu local proscrirait le port de signes religieux. Laïcité n’est pas synonyme de neutralité et la loi du 9 décembre 1905 est d’abord une loi de liberté qui garantit la liberté de conscience et la liberté de culte.

Seuls les maires et adjoints au maire ayant reçu une délégation, dans le cadre de leurs fonctions d’officier d’état-civil par exemple, peuvent être assimilés à des agents publics et tenus à un strict devoir de neutralité comparable à celui des fonctionnaires. Ce n’est pas le cas des conseillers municipaux d’opposition, qui, par définition, n’ont ni délégation, ni indemnités et ne sont pas assimilés à des agents publics.

L’extension sans fin de l’obligation de neutralité à tout un ensemble de personnes (spectateurs dans les travées de l’Assemblée nationale, parents d’élèves accompagnant une sortie scolaire, sportifs, agents de la RATP, puéricultrices ou conseillers municipaux) relève d’une offensive réactionnaire et xénophobe visant à invisibiliser les musulmans dans la société française.

Aucun militant de gauche ne devrait cautionner de telles campagnes islamophobes. Il est urgent de rappeler que la laïcité est d’abord un principe de liberté, n’en déplaise au maire de Chalon-sur-Saône.


Fraternellement,
GdM
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Re: fil "interventions de La Riposte, tendance du PCF"

Message par Gayraud de Mazars » 31 Mars 2026, 15:00

Salut camarades,

La Palestine face à une crise humanitaire et politique persistante
Article publié sur le site de La Riposte
Par Eric Jouen
mardi 31 mars 2026

https://www.lariposte.org/2026/03/la-pa ... rsistante/

En mars 2026, la situation en Palestine, en particulier dans la bande de Gaza, reste extrêmement fragile malgré un cessez-le-feu instauré en octobre 2025. Les tensions militaires, la crise humanitaire et les bouleversements géopolitiques dans la région continuent d’aggraver les conditions de vie déjà désastreuses de la population palestinienne.

Une crise humanitaire toujours critique à Gaza

La bande de Gaza traverse une crise humanitaire majeure. Selon l’Organisation mondiale de la santé, les stocks médicaux sont « critiquement bas », avec des pénuries d’équipements essentiels comme les médicaments, les aiguilles ou les produits chirurgicaux. De nombreux hôpitaux ont été détruits, certains ont fermé et ceux qui restent ouverts fonctionnent dans des conditions extrêmement difficiles.

L’aide humanitaire reste insuffisante : environ 200 camions d’aide entrent chaque jour dans Gaza, alors que les agences internationales estiment qu’au moins 600 camions quotidiens seraient nécessaires pour répondre aux besoins de la population.
Par ailleurs, le passage de Rafah vers l’Égypte, essentiel pour l’évacuation médicale des Palestiniens gravement malades ou blessés, demeure fermé. Environ 18 000 personnes nécessitant des soins urgents attendent toujours une évacuation.

Des violences qui se poursuivent malgré le cessez-le-feu

Malgré l’accord de cessez-le-feu d’octobre 2025, les violences n’ont pas cessé. Des frappes israéliennes et des bombardements ont encore causé plusieurs centaines de morts à Gaza, notamment dans des zones où vivent des familles déplacées.
Au total, la guerre déclenchée après l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 aurait causé plus de 72 000 morts côté palestinien selon les autorités de Gaza, et on peut supposer que le nombre total est bien supérieur.

Une reconstruction interrompue par les tensions régionales

La fragile reconstruction de Gaza a été interrompue par l’escalade régionale liée à la guerre déclenchée par Israël et les États-Unis contre l’Iran. Les nouvelles tensions ont entraîné la fermeture temporaire de plusieurs points de passage et la suspension de certaines opérations humanitaires.
Cette situation ralentit fortement les projets de reconstruction et accentue les pénuries de nourriture et de carburant dans le territoire, déjà largement détruit par deux années de conflit.

La situation en Cisjordanie

La situation reste également tendue en Cisjordanie occupée. Selon les Nations unies, plus de 1 500 Palestiniens y ont été déplacés depuis le début de l’année 2026, souvent à cause des multiples violences de colons ou des restrictions d’accès imposées par l’armée israélienne. Le nombre de victimes s’élève à plusieurs centaines de Palestiniens, dont de très nombreux enfants.

Des mobilisations internationales autour de Gaza

Dans plusieurs pays, des militants continuent d’organiser des initiatives pour envoyer de l’aide humanitaire vers Gaza, notamment un nouveau projet de flottille internationale. Des manifestations en soutien à la Palestine ont lieu dans de nombreux pays à travers le monde. Toutefois, ces initiatives font parfois face à des obstacles politiques et judiciaires.

La situation en Palestine ne peut pas être comprise uniquement comme un conflit religieux ou ethnique. Elle s’inscrit dans un contexte plus large de domination politique, économique et impérialiste. La question palestinienne reflète les rapports de force entre puissances internationales, les intérêts stratégiques au Moyen-Orient et le contrôle des ressources et des territoires.

Le conflit illustre la manière dont les États et les systèmes économiques peuvent maintenir des structures d’inégalité et de domination. La souffrance des populations civiles, qu’elles soient palestiniennes, ou dans une moindre mesure israéliennes, est la conséquence d’un système politique et économique global qui privilégie les intérêts géopolitiques, militaires et financiers au détriment des besoins des peuples.

Dans cette perspective, une solution durable ne pourra pas se limiter à des accords militaires ou diplomatiques temporaires, ou même à la création d’un État palestinien. Elle impliquera une transformation profonde des structures politiques, économiques et sociales qui alimentent les rapports de domination dans la région, ainsi qu’une solidarité internationale entre les peuples et les classes populaires au-delà des frontières nationales.


Fraternellement,
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Re: fil "interventions de La Riposte, tendance du PCF"

Message par Gayraud de Mazars » 01 Avr 2026, 10:24

Salut camarades,

La guerre américano-israélienne contre l’Iran. De « guerre de choix » à « guerre de nécessité ».
Par Greg Oxley
Mercredi 1 avril 2026
Article publié sur le site de La Riposte

https://www.lariposte.org/2026/04/la-gu ... necessite/

La guerre, par sa nature même, est chaotique et imprévisible. Dans la guerre américano-israélienne contre l’Iran, chaque jour qui passe apporte une nouvelle complication. Et les divagations erratiques et souvent absurdes de Donald Trump n’arrangent rien. Néanmoins, nous devons essayer de voir au-delà des déclamations des protagonistes et tenter de comprendre ce qui se passe.

Les États-Unis et Israël se sont préparés à faire la guerre contre l’Iran depuis des décennies. Et pourtant, lorsqu’ils ont finalement décidé de la lancer, ils ont sous-estimé leur ennemi. Selon pratiquement tous les historiens et spécialistes de la guerre, c’est l’une des erreurs les plus coûteuses et les plus dangereuses qui puissent être commises. Jusqu’à présent, après un mois de guerre, il est clair qu’elle ne s’est pas déroulée comme Trump et son administration l’avaient prévue.

Militairement, le régime iranien s’est avéré incapable de rivaliser avec la puissance destructrice des États-Unis et d’Israël. Il ne s’attendait pas non plus à autre chose. Personne ne peut nier que les capacités militaires iraniennes ont été sérieusement dégradées. Trump se vante des nombreuses bases militaires, navires et avions détruits par des frappes aériennes américaines et israéliennes. Et pourtant, l’Iran dispose encore de moyens de résistance importants.

La justification et les objectifs de cette guerre ont changé plusieurs fois. Au départ, il a été affirmé que l’objectif était de détruire le dispositif nucléaire de l’Iran. Ensuite, il s’agissait d’effectuer un « changement de régime » au moyen de bombardements intensifs qui « ouvriraient la porte » à un renversement du gouvernement. Par la suite, Trump a changé de position, affirmant que le « changement » en question avait été réalisé par le massacre de quelques dizaines de ses dirigeants. Dans les faits, ces dirigeants ont été aussitôt remplacés par d’autres et le régime est toujours en place. Depuis le 7 mars, Trump a affirmé à plusieurs reprises que la guerre est déjà terminée, que l’Amérique était victorieuse. Et pourtant, des missiles iraniens continuent d’être tirés sur Israël et d’autres cibles dans les États du Golfe. Plus important encore, la menace d’attaques iraniennes a effectivement fermé le golfe Persique et le détroit d’Ormuz. Le détroit d’Ormuz est une des routes commerciales les plus importantes de la planète, pour le pétrole, le gaz liquéfié, l’hélium, les engrais et bien d’autres produits d’une importance cruciale.

La marine iranienne est massivement affaiblie, mais l’Iran n’a pas besoin de sa marine pour fermer le détroit. La simple menace des drones, des mines et des hors-bord porteurs de missiles suffit à cela. La maîtrise du détroit pourrait bien s’avérer être une arme plus puissante et dangereuse que tout ce que les agresseurs américano-israéliens ont pu infliger à l’Iran. Cela a radicalement modifié les enjeux impliqués dans la guerre. De nombreux commentateurs se sont demandé pourquoi les plans de guerre américains n’ont pas pris en compte ce facteur stratégique vital. Après tout, le détroit a été un élément majeur dans les précédents conflits au Moyen-Orient, comme la « guerre des pétroliers » qui faisait partie de la guerre entre l’Iran et l’Irak dans les années 1980. Trump nous a fourni une « explication » de cette carence. Reconnaissant qu’on lui eût parlé de la possibilité d’une fermeture du détroit d’Ormuz, il s’est cru permis d’ignorer cet avertissement, car il s’attendait à ce que le régime s’effondre rapidement.

Il semble que Trump ait imaginé que l’attaque contre l’Iran ne serait pas beaucoup plus difficile que l’opération contre le Venezuela, où Delsey Rodriguez, impliquée dans les préparatifs de l’invasion et de l’enlèvement de Maduro, a essentiellement pris la place de ce dernier et mène une purge des forces armées et des autorités vénézuéliennes pour faciliter le pillage des ressources du pays par les grandes entreprises américaines. Cette victoire facile a dû lui monter à la tête, et personne parmi les sycophantes obséquieux qui l’entourent n’était enclin à lui dire le contraire. D’où sa demande de reddition immédiate et inconditionnelle du régime iranien, sans laquelle, a-t-il dit, il ne pourrait être question d’un « deal », pour reprendre la terminologie de Trump.

Mais le conflit a pris un autre chemin. C’est que le régime iranien s’attendait à cette guerre. Pendant des décennies, depuis le début du régime actuel, toute la « philosophie » du militarisme iranien a reposé sur l’inévitabilité d’une guerre avec Israël et les États-Unis. Leur appareil militaire et leurs priorités stratégiques sont structurés pour résister à cette éventualité. L’Iran est une puissance régionale. Son appareil d’État repose sur un ensemble d’institutions politiques et militaires robustes. Le Corps des Gardiens de la révolution islamique, en parallèle avec une armée régulière massive, organise des centaines de milliers de militaires pour protéger le régime contre les menaces internes et externes. Ils ont assuré cette mission maintes fois et sans pitié pendant près de 50 ans. L’État iranien n’est pas un « one-man show » susceptible de s’effondrer à la suite d’une « décapitation » par une puissance étrangère. Cette réalité et la fermeture subséquente du détroit placent désormais les États-Unis dans une position extrêmement dangereuse.

La situation actuelle peut se résumer de la manière suivante : le point central de la guerre a changé. Aujourd’hui, l’enjeu stratégique fondamental, dominant, du point de vue du commandement américain est la nécessité impérative de rouvrir le détroit d’Ormuz. Cela signifie que, alors que de nombreux commentateurs ont qualifié la guerre de « guerre de choix », c’est-à-dire qu’il existait d’autres options, qui ont été rejetées, elle est devenue désormais une guerre de nécessité. L’idée que Trump puisse simplement déclarer la victoire et quitter le conflit – ce qui aurait pu être possible dans les premiers jours du conflit – n’est plus valable. L’option « TACO » (Trump always chickens out/Trump se dégonfle toujours) peut s’appliquer à des choses comme les tarifs que le président peut activer ou désactiver à volonté, mais n’est pas valable en cas de guerre. Le détroit d’Ormuz doit absolument être rouvert, et c’est l’Iran, pas les États-Unis, qui en a le contrôle. Trump ne peut plus arrêter la guerre dès lors qu’il « ressent dans ses os » que le temps est venu, comme il le prétendait. Tant que le problème du détroit n’est pas résolu, la guerre ne peut pas s’arrêter.

Puisque le régime iranien ne s’est pas effondré et que même les membres les plus obtus du cabinet Trump doivent se rendre compte qu’il est peu probable qu’il le fasse dans un avenir proche, la question de comment rouvrir le détroit se pose. Cela ne peut pas être réalisé par des opérations aériennes. Et cela ne peut pas non plus être réalisé par la marine américaine, avec ou sans le soutien d’autres pays. Faire passer d’énormes pétroliers encombrants et de basse vitesse, chargés de matériaux hautement explosifs, sous escorte et constamment menacés d’attaque, n’est pas une option viable. Les exportateurs, les assureurs et les équipages ne vont pas s’y risquer. Et si jamais ils tentent le coup, il suffirait qu’un ou deux pétroliers soient touchés pour qu’ils se ravisent. Tant que les Iraniens contrôleront les détroits, ils ont une chance de gagner la guerre, ou du moins de priver les États-Unis et Israël de prétendre plausiblement qu’ils sont victorieux. Trump semble chercher une voie de sortie, désormais, tout en prétendant que l’Iran est « à genoux ». Mais la vantardise et l’arrogance ont leurs limites. Le problème ici est concret et ne laisse pas de marge à l’interprétation. Soit le détroit d’Ormuz est ouvert, soit il est fermé.

Au fond, pour les envahisseurs, gagner ce qui est devenu une « guerre de nécessité » se résume désormais à deux options. La première est qu’au lieu d’exiger une reddition inconditionnelle, des négociations commencent avec le régime iranien actuel pour lever le blocage du détroit. Selon Trump, de telles discussions sont déjà en cours avec des « personnes sérieuses et importantes » non identifiées, bien que la véracité et le sens de cette affirmation soient discutables. En tout cas, l’Iran ne peut accepter les exigences draconiennes de Trump sans s’infliger un désastre social, économique et militaire, laissant le pays sans défense face à de nouvelles attaques d’Israël ou des États-Unis. D’un autre côté, un accord qui ne se satisfait pas de ces exigences ressemblerait beaucoup à une défaite pour l’administration Trump.

La deuxième option et la seule qui apporterait ne serait-ce que la possibilité d’ouvrir le détroit d’Ormuz par la force, est celle d’un déploiement terrestre massif – probablement de quarante ou cinquante mille soldats, dont la tâche serait d’occuper non seulement la côte iranienne autour d’Ormuz, mais aussi des 500 miles de côte du golfe Persique. Il ne serait pas facile d’occuper cette zone, qui compte près de 2 millions d’habitants et encore moins facile de la défendre. Aussi invraisemblable ou « folle » que cette option puisse paraître, c’est une possibilité qu’on ne peut plus totalement écarter. Trump dispose déjà d’environ 50 000 soldats stationnés dans la région, qui sont actuellement rejoints par 2 500 marines et des navires de guerre supplémentaires. Il exige également une rallonge budgétaire de 200 milliards de dollars, une somme qui équivaut au coût annuel de la guerre d’Irak (2003-2011). Cela ne peut pas être purement décoratif. C’est pour offrir des options dans une guerre hors de contrôle. L’expérience des guerres précédentes dans la région montre qu’elles tendent vers une « logique d’escalade » qui dépasse largement les intentions initiales des belligérants. Il est clair qu’un déploiement massif de troupes sur le sol iranien ne serait pas seulement une escalade de la guerre, mais une transformation qualitative de la nature du conflit. Ce serait une guerre terrestre d’attrition et de longue durée. Cela signifierait probablement des milliers de pertes des deux côtés.

L’administration américaine se trouve devant un dilemme terrible. Napoléon Bonaparte disait : « en politique comme à la guerre, il y a des situations où tout ce que l’on fait est une erreur ». Nous devons être très prudents quant à toute prédiction sur la façon dont la guerre actuelle se déroulera, mais il semble que les États-Unis se retrouvent actuellement dans une telle situation, malgré le fait qu’ils disposent de l’appareil militaire le plus puissant et le plus efficace de l’histoire mondiale.

Cette guerre fait rage dans le contexte d’une dégradation des conditions économiques et sociales aux États-Unis. La plupart des travailleurs américains peinent à gérer la flambée des coûts de la santé, de la garde d’enfants, des loyers, de l’éducation et de l’essence. En dehors des partisans maniaques de la tendance MAGA (Make America great again), la guerre était dès le départ très impopulaire en Amérique. Les sondages d’opinion indiquent une baisse considérable du soutien à Trump et au Parti Républicain. Si des troupes américaines sont déployées sur le sol iranien, l’opposition à la guerre augmentera davantage.

La réduction des objectifs de guerre, le recul sur les menaces et les ultimatums, ainsi que la levée des sanctions sur le pétrole russe et iranien sont autant des signes que l’administration ne sait pas trop quoi faire pour freiner la hausse du prix du pétrole. Si la guerre s’éternise, le « front intérieur » deviendra le talon d’Achille d’une administration qui, derrière l’assurance et l’arrogance affichées, est de plus en plus inquiète.

Les pressions sociales et économiques internes risquent également d’alimenter ce que les soldats américains appellent « mission creep » – une perte de confiance dans leur mission. Pourquoi risquons-nous de mourir ? Comment la mort et la destruction infligées aux Iraniens aident-elles l’Amérique ? Comment en sommes-nous arrivés à une situation où le principal enjeu du conflit est devenu l’ouverture du détroit d’Ormuz, qui n’aurait pas été fermé si Trump n’avait pas déclenché la guerre ! Trump affirme que l’Amérique a déjà gagné et veut pourtant plus de troupes et d’argent. Il dit ne pas vouloir de cessez-le-feu, mais ne veut pas non plus de changement de régime. Les soldats américains sont connus pour la qualité de leur formation et leur courage au combat. Mais ils ont besoin de croire en la cause pour laquelle ils se battent.

La pression monte de toutes parts alors que l’administration Trump tente de trouver une solution à un problème qu’elle a elle-même créé. La guerre a déjà entraîné des conséquences majeures dans le domaine des relations internationales. Après avoir réprimandé et insulté les alliés de l’OTAN, imposé des tarifs énormes à pratiquement tous ses partenaires commerciaux et même menacé d’envahir et d’annexer le territoire danois du Groenland, Trump a désormais désespérément besoin de leur aide, bien qu’il le nie parfois pour sauver la face. Si aucune des grandes puissances n’est prête à s’engager dans une implication significative, ce n’est pas seulement à cause du comportement insultant, erratique et traître de la présidence américaine. C’est surtout parce qu’ils comprennent que cette guerre ne finira pas bien pour l’économie et la stabilité mondiales. D’un point de vue militaire, des pays comme la Corée du Sud et le Japon ne peuvent pas consacrer des ressources à un conflit sans fin au Moyen-Orient sans détourner l’attention des défis stratégiques plus immédiats et plus proches de chez eux.

Cette guerre n’a jamais vraiment été liée à une menace nucléaire iranienne. Son objectif était d’opérer un changement décisif dans l’équilibre des pouvoirs au Moyen-Orient, en faveur d’Israël et des États du Golfe alignés sur les intérêts de l’impérialisme américain. Israël veut être entouré d’entités étatiques disloquées, désarmées et vulnérables, réduites à des proies faciles. La corruption est un facteur dans la guerre. La vie politique américaine – du côté républicain comme démocrate – regorge d’argent provenant d’Israël et des États du Golfe. Mais surtout, c’est que cette guerre et que l’agenda du « Grand Israël » s’alignent avec les intérêts stratégiques économiques et militaires de l’impérialisme américain. Elle pourrait bien se retourner contre les États-Unis. Jusqu’à présent, les principaux bénéficiaires de la guerre, en matière de positionnement stratégique, sont la Chine et la Russie. Que le conflit se termine bientôt ou que cela dure encore longtemps – et ce dernier scénario nous semble être le plus probable – les répercussions sur l’économie mondiale auront un impact négatif sur le niveau de vie et augmenteront les tensions internationales ainsi que la menace de nouvelles guerres à l’avenir.

La rivalité impérialiste déchaîne une violence terrible pour redessiner les frontières et les sphères d’influence au nom du profit et des ressources. C’est une menace pour l’ensemble de l’humanité, pour la civilisation mondiale. Les enfants innocents brûlés par les bombardements américains et israéliens, les destructions et les souffrances indicibles infligées aux peuples du Moyen-Orient font partie du prix que l’humanité doit payer pour la cupidité insatiable des classes dirigeantes.


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