fil "interventions de La Riposte, tendance du PCF"

Re: fil "interventions de La Riposte, tendance du PCF"

Message par Gayraud de Mazars » 06 Avr 2026, 12:58

Salut camarades,

Pas-de-Calais : le bassin minier vire au brun
Par David Noël, PCF Méricourt
Lundi 6 avril 2026
Article publié sur le site de La Riposte

https://www.lariposte.org/2026/04/pas-d ... e-au-brun/

Dans le département du Pas-de-Calais, la stratégie d’implantation du Rassemblement national a malheureusement porté ses fruits. Fort de dix députés sur douze, le RN ne détenait jusqu’alors que deux villes, Hénin-Beaumont, 25 688 habitants, conquise en 2014 par Steeve Briois et Bruay-la-Buissière, 21 424 habitants conquise en 2020 par Ludovic Pajot.

Tous deux ont été réélus sans coup férir dès le premier tour des élections municipales, à plus de 77 % pour Steeve Briois et à 81 % pour Ludovic Pajot malgré de multiples polémiques : expulsion d’associations culturelles, sanctions contre des syndicalistes, attaques contre la presse et procédures-bâillon visant des opposants.

Steeve Briois et Ludovic Pajot réussissent aussi à faire élire dès le premier tour plusieurs de leurs fidèles dans les villes du voisin minier du Pas-de-Calais : A Drocourt, petite ville de 3 000 habitants voisine d’Hénin-Beaumont, la chargée de communication de la ville d’Hénin-Beaumont, Séverine Bricourt, 26 ans, visage de la web-télé de la municipalité frontiste, « Hénin Actu » l’emporte face au communiste Bernard Czerwinski, maire depuis 1995 ; à Marles-les-Mines, le jeune Mason Moreau proche collaborateur de Ludovic Pajot bat la maire sortante Karine Deruelle qui avait succédé au socialiste Eric Edouard après son décès en 2023.
Conquise par les communistes en 1945, Marles-les-Mines avait été perdue en 2020 après le retrait de Marcel Coffre, élu depuis 1992 et qui ne se représentait pas.
Outre Drocourt et Marles-les-Mines, l’extrême droite parvient aussi à s’emparer de Harnes et de Houdain restées communistes respectivement jusqu’à en 2008 et en 2014 avant d’être prises par les socialistes.

Longtemps bastion communiste, Harnes était dirigée depuis 2008 par le socialiste Philippe Duquesnoy, qui ne se représentait pas. Socialistes et communistes avaient formé un ticket pour les élections départementales de 2021 et étaient parvenus à reconquérir le canton face au frontiste Anthony Garénaux, directeur de cabinet de Steeve Briois à Hénin-Beaumont. C’est Sébastien Lysik, un des adjoints de Philippe Duquesnoy qui portait la liste d’union de la gauche aux municipales face à Anthony Garénaux, mais la liste de gauche souffrait de la concurrence d’une autre liste, menée par Corinne Taté, ex-communiste et ex-insoumise à la tête d’une liste divers-gauche. La concurrence entre les deux listes de gauche aura profité au RN dont la première mesure a été d’enlever le drapeau européen et le drapeau ukrainien de la mairie de Harnes.
Le RN s’empare aussi du bastion socialiste de Loison-sous-Lens.

La professionnalisation du RN

Partout, le profil des candidats RN était identique : une majorité d’hommes, jeunes, collaborateurs de cabinet de Steeve Briois, de Ludovic Pajot ou chefs de service à Hénin-Beaumont ou Bruay-La Buissière, ou encore assistants parlementaires de députés RN ou du sénateur RN Christopher Szczurek.

La conquête d’Hénin-Beaumont en 2014 a fait tâche d’huile : elle a servi de vitrine au RN. Elle lui a permis de former et de professionnaliser des cadres et de les envoyer à la conquête des villes voisines. Les succès électoraux du RN dans le Pas-de-Calais aux législatives de 2022 et de 2024 lui ont fourni une armée d’assistants parlementaires jeunes, ambitieux, payés pour faire de la politique et dont le profil tranchait avec celui de maires sortants parfois fatigués.
Le discours du RN sur le changement a fait le reste…

Le prix des divisions

Au second tour, d’autres municipalités communistes ou socialistes sont tombées : à Billy-Montigny, 8 000 habitants, dirigée par le communiste Bruno Troni, qui avait succédé à son père Otello Troni en 1999, Yanis Gaudillat, un jeune assistant parlementaire RN de 21 ans l’emporte malgré le désistement de la liste de l’ex-adjoint socialiste Joël Rolland qui se présentait en alternative à Bruno Troni et avait concentré ses attaques contre le maire communiste. Scénario similaire à Oignies : la maire sortante socialiste, Fabienne Dupuis, est battue au second tour par François Vial, formé à Hénin-Beaumont, conseiller municipal RN de Oignies depuis 2014 et conseiller départemental RN depuis 2015 qui l’emporte malgré le retrait de la liste de Florian Grébeau.

A Grenay, bastion communiste, dirigé par Christelle Buissette, c’est la division des communistes qui offre la commune au RN sur un plateau. Professeure de SVT et adjointe à l’éducation, la communiste Christelle Buissette avait succédé en 2023 à Christian Champiré, un professeur d’histoire-géographie, ancien membre du secrétariat académique du SNES, et « stalinien » revendiqué, à la pointe du combat pour la libération de Georges-Ibrahim Abdallah. Déterminé à réussir sa succession, Christian Champiré expliquait à l’époque s’être toujours battu pour la retraite à 60 ans et mettre ses actes en accord avec ses principes en passant le relai à son adjointe pour la fin du mandat. Sauf qu’un an plus tard, l’ancien maire, l’ancien semblait regretter sa décision et se lançait dans une guérilla incessante contre la nouvelle maire.
Exclu de la section communiste de Grenay, l’ancien maire communiste a présenté une liste dissidente contre la liste communiste et s’est maintenu en triangulaire, offrant ainsi la ville à la frontiste Daisy Duveau… dont la première décision aura été de faire retirer la plaque rendant hommage à Georges-Ibrahim Abdallah au square de l’amitié.

Outre Billy-Montigny, Oignies et Grenay, le RN s’empare au second tour de Lillers, de Courcelles-lès-Lens et de Liévin. La victoire du frontiste Dany Paiva à Liévin est un coup de tonnerre, dans la cinquième ville du Pas-de-Calais, 30 000 habitants, bastion socialiste depuis 1945 qui comptait dans les années 1980 l’une des plus grosses sections socialistes de France.

Maire socialiste depuis 2013, Laurent Duporge avait annoncé en janvier, lors de sa cérémonie des vœux qu’il ne se représenterait pas pour des « raisons personnelles ». Les raisons personnelles ont été dévoilées dans La Voix du Nord : le maire socialiste venait d’être condamné à dix mois de prison avec sursis pour des envois réitérés de messages malveillants par conjoint à la suite d’une procédure de « plaider-coupable ». Sa démission surprise a obligé le sénateur Jérôme Darras, fils de l’ancien député-maire Henri Darras qui a régné sur la ville de 1952 à 1981, à lui succéder au pied levé.

Alors que Jérôme Darras était en tête à l’issue du premier tour, c’est finalement le candidat RN qui profite de la hausse de la participation et l’emporte au second tour.

Au total, le RN dirige désormais 14 villes dans le bassin minier du Pas-de-Calais.

Tous les candidats RN promettaient d’appliquer les recettes d’Hénin-Beaumont et de Bruay-la-Buissière : plus de police municipale, une police municipale armée, plus de caméras de vidéosurveillance, des impôts locaux en baisse, des rues plus propres, plus de places de parkings et des festivités populaires.

L’Arc-en-ciel de Liévin et l’Espace Ronny Coutteure de Grenay subiront probablement le même sort que l’Escapade d’Hénin-Beaumont, devenue «Théâtre municipal de l’Escapade». Dans une diatribe contre les milieux culturels du secteur, le sénateur RN Christopher Szczurek, président du groupe RN au conseil municipal d’Hénin-Beaumont a annoncé la couleur le 1er avril dernier, lors du conseil municipal consacré au rapport d’orientation budgétaire 2026 : exit les compagnies locales en résidence de création dans les lieux culturels et exit le travail de coproduction et de soutien à la création contemporaine. Le nouveau «Théâtre municipal de l’Escapade» doit faire le plein. Coproduire un spectacle original et soutenir des compagnies qui allaient au festival d’Avignon, c’est « rincer les copains » selon les mots du sénateur Szczurek qui était auparavant… adjoint à la culture.

Les maires RN sous surveillance

Sous le regard de Steeve Briois et du député de Liévin Bruno Bilde, véritables « patrons » du RN dans le bassin minier du Pas-de-Calais, les nouveaux maires RN ont tous promis la main sur le cœur qu’il n’y aurait pas de « chasse aux sorcières ». Les promesses n’engagent que ceux qui les croient…

Les nouvelles oppositions municipales savent qu’il sera difficile de déloger le RN. A Liévin où l’opposition a remporté neuf sièges sur trente-neuf, le sénateur Jérôme Darras a démissionné du conseil municipal, suivi par vingt-sept de ses colistiers. Le premier élu d’opposition à siéger au conseil municipal est le vingt-neuvième de liste. La totalité des anciens adjoints socialistes a préféré démissionner plutôt que de siéger dans l’opposition et de combattre le RN, au grand dam de la fédération socialiste départementale.

Dans d’autres villes, les opposants sont déterminés à se battre. Un peu partout, des pages facebook de « vigilance citoyenne » sont apparues, animées par les oppositions de gauche et imitant parfois le style des Chroniques de Bridgerton.
Si le RN n’est par parvenu à remporter de communauté d’agglomération et reste à l’écart de l’exécutif, il dispose désormais de groupes plus importants à la CALL (Communauté d’agglomération de Lens-Liévin) et à la CAHC (Communauté d’agglomération d’Hénin-Carvin). Les militants de gauche devront apprendre à travailler ensemble et se coordonner à l’échelle de tout le territoire s’ils veulent espérer reconquérir les villes prises par le RN en mars 2026 et empêcher de nouvelles villes de basculer à l’extrême droite dans six ans…


Fraternellement,
GdM
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Re: fil "interventions de La Riposte, tendance du PCF"

Message par com_71 » 06 Avr 2026, 14:08

La Riposte a écrit :...Le prix des divisions...
...Les militants de gauche devront apprendre à travailler ensemble et se coordonner à l’échelle de tout le territoire s’ils veulent espérer reconquérir les villes prises par le RN en mars 2026 et empêcher de nouvelles villes de basculer à l’extrême droite dans six ans…

La défense sans fard d'une politique "Union de la gauche".
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Re: fil "interventions de La Riposte, tendance du PCF"

Message par Gayraud de Mazars » 14 Avr 2026, 16:54

Salut camarades,

Pierre-Édouard Stérin et le projet Périclès : l’offensive des milliardaires contre la démocratie
Article publié sur le site de La Riposte
Par Élodie Bénard
Mardi 14 avril 2026

https://www.lariposte.org/2026/04/pierr ... emocratie/

Dans l’ombre du capitalisme français émerge désormais une nouvelle figure de l’offensive réactionnaire, celle du milliardaire engagé․ Alors que les services publics s’effondrent, que les salaires stagnent et que la précarité se propage toujours plus, certains milliardaires français font le choix d’investir leurs richesses dans la conquête idéologique et politique du pays․ Parmi eux se trouve Pierre-Édоuard Stérin, devenu milliardaire grâce aux bénéfices de son entreprise de coffrets cadeaux Smartbоx․ Ce dernier s’est fixé une mission précise : soutenir l’ascension des forces les plus conservatrices de la scène politique française․

Ses convictions idéologiques sont clairement assumées : ultralibéralisme économique, catholicisme traditionaliste et hostilité affirmée envers l’immigration, l’« assistanat » ou encore ce qu’il appelle le « wokisme ». Ce catholique fervent, opposant au droit à l’IVG, œuvre pour « la promotion du Christ » et déclare ne viser rien de moins que la béatification. Il affirme également qu’une de ses actions prioritaires en France est de soutenir la natalité de bébés « de souche européenne ». Stérin détient des parts dans de multiples sociétés françaises ou étrangères, comme Cités Immersives Holding qui gère la Cité Viking de Rouen, ou le Canon Français, qui organise de grands banquets traditionalistes prétendument apolitiques dans plusieurs villes de France. Il est également à la tête du Fonds du Bien Commun qui finance de très nombreuses associations, instituts et congrès, tout son système formant un réseau tentaculaire.

Exilé fiscalement en Belgique, Stérin consacre aujourd’hui une part significative de son immense fortune à ce qu’il appelle la « bataille culturelle ». Derrière cette expression se cache une stratégie politique assumée : déplacer progressivement et durablement le centre de gravité du débat public vers des positions nationalistes, ultralibérales et réactionnaires.

Son instrument principal porte un nom qui en dit long : Périclès. L’acronyme de ce projet est lui-même un programme : Patriotes, Enracinés, Résistants, Identitaires, Chrétiens, Libéraux, Européens, Souverainistes. Une synthèse idéologique où se mêlent nationalisme identitaire, catholicisme traditionaliste et défense acharnée du capital.

Le projet Périclès, lancé en 2023, prévoit environ 150 millions d’euros d’investissements sur dix ans pour soutenir des médias, des formations politiques, des structures de formation et des associations destinés à diffuser une vision conservatrice de la société.

La particularité de Périclès tient à sa méthode : plutôt qu’un parti, il s’agit d’un dispositif d’influence transversal. L’objectif n’est pas simplement de financer quelques initiatives médiatiques. Think tanks, écoles de formation politique, médias en ligne, influenceurs et associations locales sont soutenus pour former un véritable écosystème idéologique. L’ambition affichée est de constituer une « réserve d’hommes de pouvoir », c’est-à-dire une réserve de cadres et de responsables prêts à occuper des postes clés dans l’administration, les collectivités ou les institutions. Autrement dit : préparer la relève politique d’une droite radicalisée, capable de penser le monde du point de vue du capital, de diffuser sa vision réactionnaire comme une évidence naturelle et surtout de gouverner dès que les circonstances électorales le permettront. Cette élite n’est pas neutre, elle est conçue comme un instrument de stabilisation de l’ordre social. Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large de rapprochement entre certaines grandes fortunes et les forces de droite radicale. Des rencontres politiques et médiatiques ont ainsi été organisées pour promouvoir une « union des droites », rassemblant conservateurs et extrême droite autour d’un programme libéral et identitaire. Nous sommes ici face à une stratégie de classe parfaitement consciente d’elle-même.

Ce projet n’est pas un simple engagement personnel. Il ne doit pas être analysé comme une dérive individuelle ou une excentricité de milliardaire. Il illustre une tendance bien plus profonde : l’entrée massive de grandes fortunes dans la bataille politique. Après l’empire médiatique de Vincent Bolloré, qui a profondément transformé une partie du paysage audiovisuel français, le projet Périclès constitue une nouvelle étape de cette offensive et marque un tournant : celui d’un capitalisme politique qui ne délègue plus mais intervient directement dans la production du pouvoir. Il ne s’agit plus seulement d’influence mais de planification de la domination. L’objectif est clair : peser sur les idées, les médias et la formation des élites afin d’établir une hégémonie culturelle conservatrice, en menant l’assaut contre les droits sociaux, les minorités et toute perspective d’égalité réelle. Cette stratégie puise directement son inspiration dans certains modèles étrangers, notamment américains, où de puissantes fondations financées par des milliardaires façonnent depuis des décennies le paysage politique.

Le problème posé par ces initiatives dépasse largement la personne de Stérin. Il est révélateur d’un déséquilibre démocratique fondamental : quand une poignée de milliardaires peut mobiliser des centaines de millions d’euros pour influencer la vie politique, l’égalité citoyenne devient une fiction. Ce type de projet cible profondément les conquêtes sociales, les mouvements d’émancipation, les formes d’organisation des classes dominées. Il est l’expression d’une logique, celle d’un capitalisme en quête de stabilisation autoritaire.

Pendant que les organisations syndicales peinent à financer leurs activités et que les associations populaires font face à la baisse des subventions publiques et survivent grâce au bénévolat, certains acteurs disposent de ressources quasi illimitées pour diffuser leurs idées, former leurs cadres et préparer leurs victoires électorales. La bataille politique se joue alors de moins en moins sur le terrain du débat démocratique, et de plus en plus sur celui de la puissance financière.

Les promoteurs de Périclès parlent volontiers de « redressement civilisationnel », de « racines chrétiennes » ou de « défense de l’identité ». Mais derrière ces mots se cache aussi une réalité beaucoup plus prosaïque : la défense d’un ordre social profondément inégalitaire. En effet, les idées portées par ces réseaux s’accompagnent presque toujours d’un programme économique très clair : baisse des impôts pour les plus riches, dérégulation économique, remise en cause du système de protection sociale et affaiblissement des contre-pouvoirs syndicaux. Autrement dit, sous couvert de guerre culturelle, c’est une offensive politique du capital qui se prépare.

Face à cette stratégie de long terme, la gauche sociale et les mouvements populaires se retrouvent confrontés à un défi majeur. À l’heure où les inégalités explosent et où les services publics sont fragilisés, l’offensive de ces milliardaires militants pose une question démocratique majeure : jusqu’où la richesse privée peut-elle peser sur le destin politique d’un pays ? Car dans cette nouvelle guerre des idées, l’extrême droite ne se contente plus de vouloir conquérir les urnes : à l’aide de mécènes prêts à investir des centaines de millions, elle prépare patiemment et sournoisement son accession au pouvoir.


Fraternellement,
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Re: fil "interventions de La Riposte, tendance du PCF"

Message par com_71 » 14 Avr 2026, 18:54

La Riposte a écrit :Face à cette stratégie de long terme, la gauche sociale et les mouvements populaires...

Késaco ?
L’intérêt ne pense pas, il calcule. Les motifs sont ses chiffres. K. Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois » 1842.
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